AURORAWEBLOG BDSM Allégorie "Andromède enchaînée", un tableau de Tamara de Lempicka 1929.

Tableau « Andromède » de Tamara de Lempicka.

 
 
 
On ne voit que ce que l’on veut bien voir.
 
Le tableau ci-dessus, une huile sur toile de Tamara de Lempicka datant de 1929, dont la rumeur dit que Madonna est aujourd’hui l’heureuse propriétaire se nomme « Andromède » et fait référence à la mythologie (Persée, Andromède etc.).
Il est évident que pour moi sa modernité m’en donne une vision BDSM.
Avec sa bouche rouge, ses courbes opulentes et lascives, ce regard langoureux éperdu de plaisir à porter ses chaînes, de quoi d'autre pourrait-il donc s'agir que d'une allégorie?
Selon les endroits où on la trouve, elle revêt d’ailleurs le nom de « L’esclave ».
 
Je ne dois pas être si allumée que ça puisqu’un ami virtuel italien rencontré sur un forum a entièrement illustré son site perso BDSM de toutes les « Andromède » peintes depuis le classicisme (Titien, Rubens) jusqu’à celle de Valloton et, bien sûr, celle-ci.
Croyez-moi, elles sont nombreuses.
A me faire « tilter » vraiment (« kiffer », dirait Préado), il n’y a que la belle de Lempicka.
 
Il y a des années et des années qu’elle est sur un mur chez moi.
A l’époque, le discounter « Maxilivres » existait encore et vendait pour quelques francs des pochettes avec dix grandes reproductions d’un peintre célèbre.
J’ai donc cette image sous les yeux depuis des lustres. En dessous, elle porte le titre que lui avait donné la collection : « Andromède enchaînée ».
Me croirez-vous si je vous dis que c’est seulement cette après-midi que je m’en suis aperçue ?
 
J’ai toujours lu -de bonne foi- « Andromède enchantée » pensant que c’était la volonté de Tamara de Lempicka et je trouvais ce nom magnifique, traduisant tout à fait l’esprit du tableau, une sorte de paix intérieure, de volupté physique.
Un sommet d’érotisme.
Un enchantement, oui.
L’ « Andromède enchantée », c’était exactement mon ressenti d’alors.
Et mes yeux n’en étaient jamais rassasiés.
 
Certains penseront que mes yeux auraient bien besoin d’être revus par un ophtalmo, je n’en doute pas, mais je proteste car j’avais une vue d’aigle aux temps où je l’ai accrochée au-dessus de mon bureau.
 
Il a fallu que je passe des heures aujourd’hui à scanner, trafiquer la couverture du « Télérama » de cette semaine (un magnifique portrait de Picasso photographié par Arnold Newman) pour m’en faire un sous-verre et que je grimpe sur une chaise afin de le placer pour que je me retrouve nez à nez avec l’ « enchaînement » qui me tenait lieu d’ « enchantement » depuis si longtemps.
 
Et bien …C’est la première fois que le fait de devoir reconnaître une erreur de lecture m’aura autant déçue !