Gustave Caillebotte Nu au divan 1882.

« Le Nu au Divan » de Gustave Caillebotte -1882 -

 
 
 
 
 
 
Il existe à la Martinique un volcan actif qui se nomme la Montagne Pelée.
On l’appelle aussi le Mont Pelé. Son nom sonne de façon désagréable à mon oreille, non tant à cause de ses éruptions parfois catastrophiques que parce qu’il me rappelle, à chaque fois que je l’entends, combien le sexe épilé à donf (la chatte rasée, quoi, le Mont de Vénus à oualpé…) est l’un des signes distinctifs de la soumise, parfois imposé et le plus souvent désiré dans le monde BDSM.
 
N’ayant jamais ôté un seul poil du mien, je me souviens de ces profils de femmes sur le premier tchat BDSM où je mis mes pieds virtuels jadis, et qui mentionnaient tous cette épilation.
Comme c’était dans la section nommée alors « Body Motif » et qu’elle n’était pas obligatoire, je zappais.
Et si quelque curieux m’avait posé la question directement, j’aurais éludé.
N’en ayant en tout et pour tout bibliquement connu qu’un de là-bas, lorsque les choses se firent plus sérieuses et qu’il s’agit de nous « rencontrer », je le Lui dis franchement.
Six ans ont passé et je peux bien le raconter maintenant -Il ne m’en voudra pas-, cela ne fit pas vraiment plaisir à M., Il tenta de me persuader, comme une évidence d’abord, puis plus fermement.
Ce fut notre première prise de bec et nous faillîmes bien en rester là.  
Si, si, je vous jure que c’est vrai !
Chacun de son côté, figé dans un courroux extrême, Lui gardant son rasoir et moi, ma précieuse fourrure...
Je vous rassure: ça s'est vite arrangé.
 
C’est étrange combien ces deux points de vue peuvent s’affronter.
Le sexe glabre apparaît à certains comme une marque de féminité absolue.
Pour moi, c’est la toison qui remplit cet effet.
Mon sexe en toute vérité.
Elle dérange? Tant pis!
Me la taillerait-on que je me sentirais un Samson dépossédé de sa chevelure, moi qui parfume mes friselis d’en bas comme s’ils étaient les portes sacrées du sanctuaire dont Eros m’a pourvue…
Mon sourire vertical sans son rideau de velours, ce serait pour moi comme une bouche édentée.
Payer ma soumission à ce prix de dégoût de moi m'est définitivement impossible.
Tu parles d'un érotisme !
C'est que, dans la géographie, il y a aussi le Mont-Chauve et que, décidément, ces lieux de panoramas ne sont pas pour moi...
 
Etant peu exhibitionniste, je n’en montre rien ici, bien sûr…
Et comme nous touchons quasiment à la fin de ces notes estivales qui étaient les petits cailloux de mon chemin de traverse d’août, agréablement paresseux, d’une revue à une autre, d’une information à la successive, je ne voudrais pas ne pas attirer votre attention sur le Beaux Arts Magazine de ce mois-ci (déjà le numéro 290 de l’un des plus intéressants titres de presse qui soit) avec son dossier de 60 pages consacré aux « Grands scandales de l’art ».
 
A l’heure où Berlusconi fait voiler le sein d’un tableau (« La Vérité » justement, une reproduction de Tiepolo) qu’il avait pourtant sélectionné lui-même pour trôner dans la salle de presse de la Présidence du Conseil à son retour au pouvoir, faisant ainsi pire que le Concile de Trente qui en 1564, choisit de faire « habiller » les sexes nus (masculins ou féminins), jugés obscènes, du « Jugement Dernier » de Michel-Ange à la Chapelle Sixtine, « Beaux Arts » nous révèle l’étrange aventure arrivée au Musée de Minneapolis en 1968 lorsque ses spécialistes passèrent aux rayons X leur dernière acquisition « Le nu au divan » de Gustave Caillebotte, une œuvre de 1882, et qu’ils s’aperçurent que la toison pubienne de la jeune femme, jugée trop foisonnante et donc choquante, avait été ramenée à des proportions acceptables par un pinceau autre que celui de Caillebotte…
Il fallut le restaurer pour lui rendre sa…vérité !
 
Voilà. Vous n’avez pas besoin de ma photo.
Ma « vérité » à moi, elle est exactement comme celle-là, et ce n’est pas demain, foi de soumise, qu’elle se mettra à mentir !