Les Français et la sexualité en 2008, le retour du sentiment, dessin de Gros pour Marianne numéro 590, 9 août 2008.

Dessin © Gros pour « Marianne », numéro 590, 9 août 2008.

 
 
 
L’hebdo « Marianne » numéro 590 de ce samedi matin consacre un long dossier à la sexualité des Français,
« C’est nouveau, ça vient de sortir : les rétrosexuels…
Malgré le bourrage de crâne libertaro-libertin imposé par les médias, le sentimental éclipse le libidinal. Tel est le constat que les chercheurs de l’INSERM et de l’INED font de la sexualité des Français ».
 
Il n’y est pas question de BDSM.
Mais ce qui y est dit peut concerner cette sexualité-là aussi.
Ainsi dans l’interview du psychiatre Serge Tisseron « Internet, le grand malentendu », cette question au sujet des « chats » et sa réponse :
 
Marianne : « Mais convenez que tout le monde ne va pas sur ces sites pour jouer ou pour trouver l’estime de soi : beaucoup y cherchent sincèrement l’amour.
Serge Tisseron : « Si certains jouent la carte de l’authenticité, c’est leur droit, mais il faut savoir que ce n’est pas la règle. La règle, c’est qu’il n’y en a pas. Chacun invente la sienne. C’est important de l’expliquer aux gens. Par définition, rien n’est vrai sur Internet. Tout est illusion.
On dit « On s’est parlé. » Mais on ne s’est pas parlé, puisqu’on a dactylographié du texte. On dit « On s’est vus ». On ne s’est pas vus, on a aperçu par webcam un visage pixélisé. Lorsqu’on passe de la rencontre virtuelle à la rencontre réelle, la relation repart de zéro.
C’est pourquoi je recommande toujours de se rencontrer très vite dans la vraie vie pour dissiper l’illusion. »
 
Si le retour au sentiment ne peut que grandement me réjouir, si l’ensemble de ce copieux reportage me semble tout à fait intéressant, l’entretien avec ce psychiatre en constitue pour moi le centre dans la mesure où j’ai beaucoup changé quant à mon point de vue sur l’Internet.
Je suis pleinement d’accord avec ses propos.
Après avoir cru autrefois (il y a six ans) que le Web pouvait faire des miracles, son règne absolutiste d'aujourd’hui m'amène à penser qu’il ne peut être qu’un très bref truchement quand il s’agit de créer une relation.
 
Rien ne sera jamais aussi vrai que deux regards échangés en face à face, deux prénoms prononcés de vive voix au lieu de deux pseudos cliqués.
Songez à la confiance, maître mot de la rencontre BDSM.
Pensez ensuite un peu à l’état d’esprit de ceux/celles qui défilent en rang d’oignons sur les colonnes d'abonné(e)s et qui sont inscrit(e)s sur tous les sites de rencontres pour faire fructifier leurs chances comme on joue le numéro complémentaire et les deux « Joker » au Loto…
Imaginez alors la véracité de ce qu’ils/elles vous racontent derrière leurs claviers, jonglant de la fenêtre d'un site à celle d'un autre, et en étant là -sur chacun d'entre eux- avec des profils faits pour se mettre en valeur au maximum !