Pour une fois, sur un blog BDSM, les chaînes dont on parlera ne seront pas de métal…
 
 
Alain Badiou a publié cet automne un petit livre qui a créé une forte polémique : « De quoi Sarkozy est-il le nom ? ».
Il s’agissait, d’un point de vue de philosophe, de passer au tamis les cent premiers jours de la présidence.
Pour ceux qui n’en ont pas entendu parler ou qui ne l’ont pas lu, ne veulent pas le lire mais voudraient savoir de quoi il retourne, je vous donne un lien, le meilleur que j’aie pu trouver pour proposer un résumé exhaustif de ce texte.
 
Je ne suis pas Badiou, ni philosophe. Seulement une femme très terre à terre. 
Et pour moi, Sarkozy, au fond, n’est que le nom de notre incroyable capacité à nous laisser prendre pour des cons sans réagir.
 
Car de qui Sarkozy est-il le « non » ?
De tous ceux qui croient à la fatalité, au capitalisme triomphant, au libéralisme exultant, à l’inéluctable de la mondialisation pour tout expliquer de ce qui se passe en France.
De tous ceux qui attendent de voir, qui attendent pour voir.
De tous ceux qui ne disent rien.
De tous ceux qui pensent (peut-être) mais qui le garderont « en dedans » jusqu'à ce qu'il soit trop tard.
 
Hier soir, j’écrivais quelques lignes outrées sur l’assurance maladie, histoire de crier ma révolte en ce lieu qui -s’il a beau être principalement un blog traitant du BDSM- n’en est pas moins surtout « le mien » et moi une citoyenne avant que d’être une « tendance sexuelle ».
 
C’était oublier qu’avec Sarkozy, c’est tous les jours qu’il y a quelque chose à écrire !
Je range donc une fois encore les « zolies zimages » dans « mes documents » -le BDSM peut bien attendre demain- et j’en viens au sujet du jour.
 
On remet à notre président le rapport Copé sur la suppression de la publicité sur les chaînes publiques ?
Il l’a déjà devancé !
Pour faire cadrer les comptes (il faut le dire vite) après ce manque de recettes et sans toucher à la « redevance » [pour le moment, car l’idée de l’indexer sur l’inflation n’est pas totalement abandonnée quant au futur], il augmente la taxe que devront verser les F.A.I. et les opérateurs de Télécommunications au-delà de ce que préconisait la commission consultée.
Mais il annonce simultanément un « coup de dés » inattendu : le Président de France Télévisions sera désormais nommé par l’exécutif après consultation du CSA et des députés.
 
Alors, là, on s’arrête.
Y a-t-il un seul idiot qui ait jamais cru que Sarkozy voulait vraiment supprimer la pub des chaînes publiques dans un but philanthropique et pour le bien des téléspectateurs ?
 
Les recettes de publicité actuellement dévolues aux chaînes publiques iront aux chaînes privées qui reverseront une aumône aux « dépouillées » mais se voient offrir le droit d’une seconde coupure par film
On rappellera ici les amitiés qui lient Sarkozy aux propriétaires de ces chaînes privées.
Joli cadeau.
 
Par ailleurs, les F.A.I. et Cie, sur qui vont-ils répercuter la « saignée » qu’on leur fait subir ?
Vous n’avez pas une petite idée ?
 
Enfin, la présidence des chaînes publiques sur nomination par l’exécutif (parce que les députés ou le CSA émettant un veto, ça me fait bien rire), ça nous ramène tout droit à l’avant 1981, c'est-à-dire à la mainmise de l’Etat sur la télévision…
Pendant qu’il y était et puisqu’à lui seul il fait tout, pourquoi ne s’est-il pas nommé de droit PDG lui-même de ces chaînes publiques ?
 
« Il est 20 heures. Il est 20 heures. Le gouvernement parle aux Français ».
Celle-là, même Berlusconi ne l’avait pas osée.
Chaînes privées, chaînes publiques, même combat.
Une seule tête, une seule voix.
 
Nous allons être bien informés.
Objectivement, tiens !
On pourra compter sur « France-Sarkovisions ».
Ce foutage de gueule, même Bayrou l’a savamment démont(r)é ce soir.
 
Et ce mauvais tour de passe-passe du Nabot-Léon omnipotent de par notre seule coupable passivité, personne ne pourra venir me dire qu’il était le fruit inévitable de la mondialisation…