Cyd Charisse et Gene Kelly "Singin' in the rain"

Photo du film « Chantons sous la pluie » © Archives MGM.

 
 
 
Les printemps n’ont pas toujours été pourris.
 
Il fut un temps où « chanter sous la pluie », c’était de l’ « entertainment », du cinéma découvert par hasard (et bonheur) dans un recoin des programmes de télé de mon enfance ou bien encore sur les fauteuils usés des cinoches « art et essai » qui nous repassaient les classiques du Hollywood flamboyant des années 50.
 
Vous souvenez-vous de la belle Cyd Charisse ?
On la surnommait « Les jambes » (The legs) tant les siennes, membres de danseuse, étaient longues et élancées, matière à rêve, ailes d’oiseau, crayons d’arabesques…
 
Petite fille de bonne famille venue à la danse pour renforcer son corps après une poliomyélite, elle devint beaucoup plus tard l'une des valeurs sûres de la M.G.M. et son chemin d’étoile allait en croiser deux autres : ceux de Fred Astaire et de Gene Kelly.
Le premier qui fut nombre de fois son partenaire écrivit d’elle : « Quand on a dansé avec Cyd, on n’en finit jamais plus de danser avec elle », rendant ainsi hommage tant à la personnalité  de la femme qu'à la danseuse.
Quant au second, il lui donna ce qui est sans doute son plus beau numéro à l’écran -éloquent de mutisme- dans « Singin’in the rain ».
 
La star de « Brigadoon », de « La belle de Moscou », de « Silk stockings », de « Mark of the renegade », de « Sombrero » (où elle "rencontre", l'espace de quelques plans, un  Vittorio Gassman alors dans sa « période américaine ») s’en est donc allée hier danser « in the dark ».
Je suis triste.
 
Décidément, les « Ziegfeld Follies » n’ont plus leur place dans un monde où règne une toute autre folie qui ne donne guère envie de danser…