Carla Bruni ou la chanteuse qui miaule "Tu es ma came"

Photo © Comic Pets

 
 
L’impudeur, l’obscénité, ce ne sont pas des mots qui n’ont qu’un rapport avec le sexe.
Cela va beaucoup plus loin.
Alors, la nouvelle du jour, la promo du disque de Carla Bruni-Sarkozy, « Comme si de rien n’était », commencée dans Le Figaro plus d’un mois avant sa sortie, ça ne passe pas mais ça ne passe pas du tout !
 
Je me suis volontairement abstenue, quoi que j’en aie pensé, de commenter la Palme d’Or du Festival de Cannes, attendant pour cela sa venue sur nos écrans car je pars du principe de ne pas parler dans le vide de ce que je n’ai pas vu, lu ou entendu.
 
L’album de la Carla, c’est autre chose.
A la limite, c’est elle qui vient « me » chercher.
Déjà, au vu de la période que nous traversons, la « pudeur » aurait recommandé de le faire finir aux oubliettes.
Affirmer « Je ne change rien à ma vie d’artiste (sic), je veux continuer à composer », et sortir douze plages de niaiseries avec un single, « Amoureuse », déjà sous presse, ça a des côtés Trianon lorsque le peuple est en voie de « disette ».
 
Surtout que ce cinéma savamment orchestré, séances d’écoute privées réservées à des journalistes trié/es sur le volet depuis une quinzaine de jours et fuites programmées juste assez pour faire ne parler que de ça, c’est la Bling-Bling monarchie dans toute sa splendeur.
 
Que le titre « Tu es ma came, mon héroïne afghane, ma blanche colombienne… », nous vaille quasiment un incident diplomatique avec la Colombie est de peu d’intérêt.
Le gouvernement d’Uribe mettant la même ardeur « de façade » à lutter contre ses trafiquants que l’Italie en met officiellement contre la Mafia, ça donne seulement envie de répondre « Camembert ! ».
Mais que la Reine de France nous dise « Mes textes étaient écrits avant que je rencontre Nicolas », ça fait passer le Monarque pour un con (alors, c’est qui qui était ta came, Carla, deux mois avant lui ?) ou c’est se foutre de notre gueule…
Je vais pencher pour la seconde solution.
 
Madame métaphorise donc Monsieur en « drogue dure ».
Ça la fiche bien pour un gouvernement du tout répressif, du tout-libéral.
Ou alors on espère que ça fera passer le tout-répressif, le tout-libéral, sous des flots de lipgloss en guise de vaseline ?
 
A l’heure où des gens commencent à atteindre le seuil de pauvreté (2008 est l’année où l’on en arrive aux retraites calculées sur la base des 25 meilleures années d’activité* : les femmes qui -comme Carla- n’ont pas eu la possibilité de mettre leurs gosses à l’Ecole Alsacienne et se sont arrêtées quelques années pour les élever [avant l’existence du congé parental puisqu’elles atteignent soixante ans cette année] vont avoir un revenu de misère**.), où certains commencent déjà à choisir entre payer le loyer ou se faire refaire des lunettes, où l’on supprime [regroupe -disent-ils] hôpitaux, tribunaux, où les écoles, collèges et lycées s’apprêtent, sous couvert de réformes poudre aux yeux, à subir la plus vaste saignée d’heures de cours, d’options, d’enseignants jamais vue pour les quatre années à venir, à l’heure où les acquis sociaux -des plus récents aux plus anciens- sont chaque jour mis à bas, où les syndicats deviennent de simples chambres d’enregistrement (et s’ils n’enregistrent pas assez, on passe dessus avec une loi comme dans le dernier coup de force sur les trente-cinq heures vidées de leur substance), à l’heure où « le train de vie de l’Etat va être atteint par des coupes claires [lire "d’emplois"] mais où le budget de fonctionnement de l’Elysée vient d’être augmenté après le salaire de son locataire, franchement qu’est-ce qu’on en a à fiche que la sans-voix nous miaule « Je suis une enfant/malgré mes quarante ans/malgré mes trente amants » ?
Et d’une, elle ne sait pas compter et de deux, oui, l’obscénité réelle est là dedans, dans les simagrées du mannequin en perpétuel défilé qu’elle ne cessera jamais d’être, singeries qui remplissent d’aise le Parvenu Bling-Bling (à noter que tout ce battage survient par hasard juste après qu’un sondage ait déclaré que les Français étaient heureux d’avoir la taupe-modèle comme Première Dame).
 
Il est sa came ? C’est leur affaire.
Mais gardez les yeux ouverts afin qu’il ne devienne pas -lui et ses caisses vides sinon pour les « amis » riches-  l’ « opium du peuple » grâce aux mélopées de sa belle plante (de cannabis ?) au moment où, plus que jamais, nous nous devons d’être bien réveillés et particulièrement combatifs.
 
« Comme si de rien n’était » ?
Trianon, je vous le rappelle, ça n’a pas bien fini…
 
 
 
 
*Les fonctionnaires qui ont encore un calcul « favorable » sur leurs dix dernières années d’activité et qui trouvent « indécent » d’aller manifester pour leurs retraites, feraient bien de s’y rendre tout de même pour soutenir les autres au lieu de se rassurer en remplissant leurs fiches « fictives » de « projection pension » sur le Web.
Tôt ou tard -et plutôt tôt que tard- d’un joli coup de balai et d’une loi pondue en deux jours, on les mettra eux aussi aux 25 meilleures années pour les aligner avec tous.
Ils n’auront alors plus que leurs yeux pour pleurer car la Fonction Publique est le lieu où les femmes du « Baby Boom » ont accumulé le plus d’années à travailler à temps partiel ou à avoir été "en disponibilité" pour élever leur progéniture…
 
**Répétons-le une fois de plus.
Une retraite d’indigent rompt le lien transgénérationnel : les parents ne peuvent plus aider leurs enfants à débuter, les grands-parents contraints de prolonger leur activité ne peuvent plus s’occuper de leurs petits-enfants et l’ensemble ne crée pas d’emploi pour les jeunes.