BDSM Visuel de la campagne publicitaire SMS Virgin "Détendu du mobile" avril 2008

 

Fetish Visuel Virgin SMS "Détendu du mobile" campagne publicitaire avril 2008

Photos des affiches © Virgin

 
 
 
Un tour à Paris, un autre à Rome. Et le retour.
Cela me donnera l’occasion de vous parler de Camille (Claudel), de Man (Ray) et de Ken-ichi (Murata) dans les jours qui viennent.
En attendant, l’accueil à l’arrivée ce soir est pour nous plutôt curieux.
Il suffit de si peu de jours pour que les campagnes de pub affichées sur les panneaux déroulants des carrefours ou autres ronds-points changent du tout au tout.
Grâce à « Virgin » dans son activité d’opérateur de téléphones portables, cet instant nous confirme donc que le SMS et que le SM (enfin son avatar BDSM et même son cousin Fetish, dirons-nous pour ne pas attirer de foudres) sont « fashion ».
 
Le SMS me donne en général des boutons.
Ce doit être mon allergie au « Bsr » des chats BDSM qui s’est déplacé là.
Un seul de ces mini-messages m’a scotchée, une fois.
« Si tu reviens, j’annule tout », oui, c’était lui.
 
Loin d’abâtardir comme les autres la langue française, celui-là (qu’importe qu’il soit vrai ou faux, qu’il ait été inventé ou réellement adressé, il y a bien eu quelqu’un à l’origine pour le « penser ») la renvoyait à ses racines en adoptant notamment la forme d’un octosyllabe parfait.
Après, on pouvait broder des heures dessus.
Quel était ce « tout » dont l’on parlait ?
Le fait est que « Si tu reviens, j’annule tout », avec sa césure impeccable, nous faisait sauter directement dans l’univers cosmique de la chanson, cet art mineur qui ne l’est pas toujours.
Il paraît que Jeanne Cherhal en a fait sur son MySpace une petite adaptation, preuve qu’elle ressentait là dedans les mêmes possibilités que moi.
 
Comme je ne connaissais pas le morceau de la Jeanne, j’avais pour ma part imaginé deux mises en musique, l’une primesautière sur l’air de « Besoin de rien, envie de toi », un tube d’un été ancien et quelque peu oublié des dits Peter et Sloane (Peter était -si ma mémoire est bonne- Jean-Pierre Savelli, référentiel rebondissant toulonnais des tentatives de décrocher la timbale musicale, et il finit par avoir gain de cause en 1984 avec ce pseudonyme anglais et cette mélodie « bankable ») et l’autre, plus proche de la « grande chanson » sur les notes de « Avec le temps » de Léo.
Evidemment, selon que l’on choisit l’une ou l’autre version, celle « discoïsante » ou la seconde, poétique, le « tout » que l’on « annule » si jamais « tu reviens » n’est pas de la même cuvée.
On laissera donc -comme dit une autre chanson- passer les rêves (et les signifiés).
 
Mais le SMS est lancé pour de bon cette fois et même chez les quinquas (tranche d'âge de l'émetteur "supposé"). 
Il faudrait être ringard de chez ringard pour ne pas s’y mettre.
Un SMS « décomplexé » à l’image de la droite française qui fonctionne au Botox et au Bling Bling sarkoziens ou de l’italienne qui carbure aux liftings tels ceux du Cavaliere qui tirent tellement l’Italie vers l’avant qu’hier ils ont amené à une « marche sur Rome » et même à une -tout à fait démocratique- prise de la municipalité de Rome (un fait jamais vu depuis que l’Italie est une République) par un certain Alemanno, ex-extrême droite et nouveau rallié berlusconien.
La chirurgie esthétique -la vraie et la subliminale- cartonne(nt) chez Dante et chez nous.
Alors, quand il n’y a plus grand-chose à dire (je pense aux lamentables analyses de la défaite -vue comme une victoire- de Veltroni et de Rutelli par le P.S. français qui n’a toujours rien compris), c’est de plein droit que le SMS trace sa route glorieuse lui aussi.
 
Il est logique que les opérateurs de téléphonie mobile fassent dans la surenchère pour nous conquérir et nous rendre désireux de muscler nos petits doigts à l’instar de ces célébrités -dé(b)ridées de leurs rides- qui usent et abusent de ce type de communication.
 
Virgin veut prendre une tête d’avance sur les origamis esthétiques mais somme toute bien classiques de chez Orange.
On va se servir du Fetish et du SM (du BDSM, on a dit !) pour faire de nous des « détendus du mobile » comme le clament ces deux affiches.
Puisque ces deux pratiques sont à la mode. Décomplexées elles aussi.
Pas moyen de sortir sur Paris sans tomber sur une soirée des premiers (rapé pour moi : étant la mère d’un garçon, je n’ai pas de panoplies d’infirmière ou de SuperGirl, bref rien de « vinylé » ou de « zentaïé » qui traîne à la casa, et quitte à aller au théâtre, nous devons choisir ceux qui ont pignon sur rue, de crainte de nous faire « refouler » dans ceux où l’on vient déguisé.)
Le SM que l’on croyait réservé à quelques « happy few » ?
Une erreur.
Là où tous les derniers rapports sérieux publiés en France tablaient sur 2 ou 5 pour cent de la population comme pratiquants, Alberto Caputo, psychiatre, psychothérapeute de l’Association Italienne de Sexologie-Psychologie Appliquée donne, lui, lors du Congrès de la Fédération Européenne de Sexologie qui s’est tenu à Rome le 15 avril, la statistique phénoménale d'un couple sur 10 (vous pourrez lire la page ici, j'ai  eu la flemme de la traduire, Google vous fera ça très bien, après tout c’est grâce à sa « translation » que moi, je suis au courant de toutes les entrevues qu'accorde Max Mosley sur lequel -malgré l’étonnement qui sera peut-être celui de certains- je n’arrive pas à porter un "jugement"…).
 
Maintenant, quel est le BDSM (défini comme « sexe extrême ») auquel s’adonne chacun de ces couples sur 10 ?
L’article ne le dit pas.
C’est le grand mystère et l’éternelle question. On nous colle seulement ce chiffre (fondé sur quelles bases ?) et de grands discours.
 
Décidément, l’époque n’est plus aux subtils distinguos.
BDSM un jour, BDSM toujours.
BDSM l’un, BDSM tous les autres.
Et si tous BDSM, BDSM dans la pub illico ! C’est sociétal.
 
Pour vendre ses SMS, Virgin nous offre donc la Domina casquettée plus toute jeune de visage (Faut lui refiler l’adresse Botox-Sarko ou Lifting-Berlusc à moins que sa face marquée ne soit déjà signe d'une overdose de ces trucs-là) mais qui entretient diantrement bien son corps (Mazette, quels muscles dans les avant-bras ! Si c’est l’usage de la cravache qui fait ça, je me recycle dès demain…) et l’infirmière « blonde à forte poitrine » avec sa seringue « oversized ».
L’une comme l’autre sont le rêve secret/caché de tout un chacun (les 9 couples sur 10 qui restent, peut-être ?).
Pour faire bonne mesure, je me dois d’écrire qu’il y a un troisième visuel -que je n’ai pas passé- un pompier sauveteur style « Village People » avec des biscottos de l'oulala !
Mais avec lui aussi, on reste dans le phantasme et même dans le fantasme.
 
Bon, on essaye avec mes deux photos:
La Femdom à casquette dit « Si tu reviens, j’annule tout », c'est-à-dire que je ne cravache plus que ton postérieur et que je ne vends pas la vidéo à « News of The World »…
Ou encore pour la seconde :
L'infirmière jure « Si tu reviens, j’annule tout », promis, je ferme mon cabinet en libéral, je ne fais plus les toilettes des vieillards du quartier et je garde ma grosse piquouze rien que pour là où tu veux dans tes zones sensibles…
 
Vous voyez que ça marche d’enfer dans les deux cas !
 
Dis, M., histoire de booster nos amours et notre SM (BDSM, combien de fois devrai-je le répéter !), tu veux pas te « détendre du mobile », prendre un forfait chez Virgin et m’adresser des…SMS ?
 
C kfo ktu mdiz ktu m'M !