BDSM Top and Bottom? Valie Export 1968 Rapports Hommes Femmes Provocation

 

BDSM Corset? Nicole Tran Ba Vang 2001 Diktats Esthétiques

Scans © Arts Magazine et © Valie Export et Nicole Tran Ba Vang.

 
 
 
A peine ce blog a-t-il repris son activité que voici que nous nous (re)tirons jusqu’au 29 avril…
Non, nous ne sommes pas des oisifs en goguette.
Précédemment, ce fut une pause personnelle.
Demain, ce sont bel et bien des vacances qui commencent pour nous !
A très bientôt…
 
 
 
Dans sa livraison mensuelle, « Arts Magazine » de mai fait la part belle à la nostalgie ambiante avec un « Que reste-t-il de 68 ? » dédié au domaine artistique.
 
L’article s’ouvre sur cette double page consacrée à la photographie.
Le regard est d’emblée certain d'avoir affaire à des images qui parlent de BDSM.
 
Si je n’avais jamais vu la première, la seconde figure au moins sur quatre blogs du genre (mais sans le nom de la photographe, ce qui fait que je ne découvre l’esprit de son travail qu’en ce jour) pour symboliser le masochisme (amalgame dû, je pense, avec la pratique du jeu des aiguilles qui, dans sa recherche d’esthétique, fait parfois des corsets « cousus » à même la peau : deux rangs d’aiguilles sous-cutanées placées symétriquement et un ruban lacé entre elles qui dessine le corset imaginaire*).
 
L’ironie veut que de BDSM il n’y ait point ici dans les intentions des artistes.

Pas de Domina et de soumis « libérés » sur le cliché de 1968.
Seulement une réflexion provocatrice, un miroir déformant et grotesque que l’Autrichienne Valie Export tendait aux rapports masculins-féminins tels qu’ils étaient alors.
 
Quant à ce qui « figure » 2008 et qui est en fait une photographie prise en 2001 par la Française Nicole Tran Ba Vang, s’il y a bien corset et contrainte à voir dans cette oeuvre, ce n’est que l’expression des interrogations de la styliste et plasticienne quant aux diktats esthétiques, voire chirurgo-esthétiques, imposés aujourd’hui aux corps.
 
De 1968 à 2008, du corps socialisé au corps normalisé.
Il nous reste, homme ou femme -quarante ans après- bien des « carcans » encore d’où nous détacher, bien des soumissions à refuser…
 
Et, j’insiste, qu’il soit bien clair qu’il ne s’agit pas de BDSM dans ces lignes.
 
 
 
 
* Je ne fais aucune apologie ici, j’explique.
Quant à nous,  pour ceux qui voudraient le savoir, nous ne pratiquons pas avec ce genre d’instruments…