Alain Bashung "Bleu Pétrole" Album 2008 (Barclay) 

                                               Photo © Ludovic Carême.
 
 
 
Tu as raison, Jeanne.
Ce n’est pas parce qu’en ce moment je n’arrive plus à écrire ici qu’il faut que ce blog se fige sur l’image de Rachida Dati.
 
Je propose donc comme fond d’écran Alain Bashung qui, après six ans de silence, fait son retour avec cet album, « Bleu Pétrole », édité chez Barclay, dont la tournée a commencé ce soir à Lille.
 
J’aime chacun de ses disques depuis le tout premier.
Ils ont, de façon très curieuse, toujours fidèlement plaqué à mes états d’âme.
 
Presque tout le monde s’accorde à le dire : Bashung, c’est une place à part dans la chanson française.
Vous allez le lire partout : « Bleu Pétrole » est un disque extraordinaire, certains iront jusqu’à affirmer « le meilleur de Bashung ».
Ils parleront ainsi d’avoir été aussi longtemps sevrés : « L’Imprudence » ne date pas d’hier…
 
Il n’est pas un disque de Bashung qui ne soit excellent et à l’intérieur de chacun d’entre eux, pas un titre à jeter.
 
Ce qui marque à l’écoute de « Bleu Pétrole », c’est le retour du Bashung qui chante, qui affronte tous les rythmes.
Si le disque est presque entièrement construit autour d’une collaboration avec Gaétan Roussel (celui de « Louise Attaque »), il y a aussi la présence planante de Manset, auteur de l’une des plus belles plages du disque (« Comme un lego »), qui offre du même coup à Bashung l’occasion de reprendre le fameux « Il voyage en solitaire » qui lui colle si bien à la peau.
Il est une autre reprise sur ce disque : la version française du « Suzanne » de Leonard Cohen qui nous entraîne vers nos nostalgies…
 
Bashung vient d’avoir 60 ans. Il en avait 20 en 1968.
Le Bashung qui entre en soixantaine « commet » donc ici, nous dit la critique, son disque le plus engagé politiquement. Et ce n’est pas à droite.
Vous pouvez écouter pour vous faire une idée (des extraits sont disponibles sur le site de la FNAC).
Le reste est question de perception. Intime.
 
Ainsi du titre ci-dessous qui me plaît tant.
Bashung himself y voit une chanson sur le langage versatile des politiciens.
Moi une chanson d’amour. Amer.
Vous y entendrez, vous, ce que vous voudrez…
 
 
 
 
Je t’ai manqué - Alain Bashung in « Bleu Pétrole » - Barclay 2008 –
(Paroles et musique © Gaétan Roussel).
 
 
Je t’ai manqué ?
Pourquoi tu me visais ?
 
Tous nos échanges
Coulaient de source
Tous nos mélanges
Côtés en bourse
 
Tout est brutal
Botté en touche
Tout à l’horizontal
Nos envies, nos amours, nos héros
 
Je t’ai manqué ?
Pourquoi tu me visais ?
 
Tout est extrême
Limites et cônes glacés
Tout est idem
Les limites, les pôles opposés
 
Dans les étoiles
Ou sous la douche
Tout à l’horizontal
Nos envies, nos amours, nos héros
 
Je t’ai manqué ?
Pourquoi tu me visais ?
 
Et si l’on disait le contraire
Ou si l’on ne disait plus rien
Si l’on construisait les phrases à l’envers
Ou si l’on soulevait demain
Qui serait l’adversaire ?
Entre nous qui serait le plus malin ?
Et si l’on disait le contraire
Ou si l’on ne se disait plus rien ?
 
Je t’ai manqué ?
Pourquoi tu me visais ?
 
Tout est brutal
Botté en touche
Tout à l’horizontal
Nos envies, nos amours, nos héros
 
Si l’on suivait les voies ferroviaires
Qui aurait le pied marin ?
Si l’on sifflait les fonds de théière
Ou si l’on ne sifflait plus !
Qui serait l’adversaire ?
Entre nous qui serait le plus malin ?
Et si l’on disait le contraire
Ou si l’on ne se disait plus rien ?
 
Je t’ai manqué ?
Pourquoi tu me visais ?
 
Je t’ai manqué ?
Pourquoi tu me visais ?