AURORAWEBLOG Gilles Berquet 2007 Playtime Corset

AURORAWEBLOG Gilles Berquet 2007 Playtime Bondage

AURORAWEBLOG Gillles Berquet 2007 Playtime La Marionnette

 

AURORAWEBLOG Gilles Berquet 2007 Playtime Jambes et Mouvement

AURORAWEBLOG Gilles Berquet 2007 Playtime Jambes en Mouvement Influence Pierre Molinier

AURORAWEBLOG Gilles Berquet  2007 Playtime Fishnets Jambes Bas Résilles Talons Aiguilles Influence Pierre Molinier

Photos © Gilles Berquet

 
  
 
Vous savez que je m’intéresse maintenant avant toute chose ici à la représentation du sadomasochisme dans l’art.
Parfois il m’arrive de la voir là où elle n’est pas forcément (et c’est alors moi qui l’interprète comme telle, je vous parlerai prochainement -demain soir, peut-être- du film « Lust, Caution »), parfois je la cueille là où elle est vraiment.
 
Nous avons profité de notre séjour romain pour ne pas manquer de « rendre une visite » à Gilles Berquet ou tout au moins à son exposition, qui se tenait alors chez notre bien-aimée galerie Mondo Bizzarro (elle est maintenant terminée depuis le 17 janvier), sous le nom de « Playtime ».
Les amateurs de Jacques Tati seront rassurés (ou déçus) : ce « Playtime »-là n’avait rien à voir avec celui du concepteur de M. Hulot…
 
En soi, voir du Berquet à Rome n’a rien de profondément original (Mondo Bizzarro l’expose quasiment tous les 18 mois) et de plus, cette année peut être nommée son année : on le signale un peu partout (signatures de l’album « Mirka » ou exposition récemment à Rouen, « Les envois de Lenoir », qui reprenait une bonne partie des photos de « Playtime »).
 
Toutefois, c’est l’un des artistes dont la carrière et l’évolution sont des plus intéressantes à suivre. Et pas uniquement parce que désormais sa renommée est devenue internationale et que même le Japon nous l’envie…
Non seulement cet (encore) jeune photographe français (il est né en 1956) sait constamment se renouveler (passer du sépia au noir et blanc puis à la couleur), sortir de la photo en local clos pour aller vers le plein air -comme dans « Mirka » dont j’avais passé quelques photos ici lorsqu’elles n’étaient pas encore un livre mais l’objet d’une « exhibition » à la « Gallery Clair-Obscur de Los Angeles- mais encore rester fidèle à ses origines (l’influence de Pierre Molinier) tout en créant un style classé dans l’érotisme  « Fetish » qui est cependant plus BDSM qu’autre chose.
Oui, bien plus voisin du SM que celui de tous ses contemporains.
 
Et avec un supplément d’âme.
Ce regard qu’il porte sur les femmes qu’il « met en pose »
Puisque lui, contrairement à Molinier, ne se met pas lui-même, pas plus qu’il ne met ses jambes, « en scène »…
 
Justement, lorsqu’il publia en 1995 son recueil « Ame », Alina Reyes écrivit dans la préface :
 
« Parées de désir, elles sont là, crevant le papier, provocantes, altières, plus souveraines qu'esclaves, elles sont là et ne sont pas là, à jamais intouchables. Ligotées pour mieux ligoter le voyeur, le condamner au regard. »
 
On imaginera sans mal combien (et pourquoi) elles me plaisent tant.
 
Ces six photos des femmes de « Playtime », les trois premières qui me renvoient à mes propres fétiches (le corset, les liens, la marionnette) et les trois dernières pour leur rappel de l’atmosphère des images de Pierre Molinier (jambes et mouvement, résilles et talons…).