AURORAWEBLOG Le Casanova de Fellini Affiche Le Fouet et Venise

                       AURORAWEBLOG Fellini Huit et demi Mastroianni au fouet

                                    Affiches © Carlotta Films et Cineriz
 
 
 
 
Pour Joël qui a aimé « Le livre de mes rêves » de Fellini -récemment publié chez Flammarion- et qui m’a aussi donné envie de (re)parler de fouet…
 
 
La main qui tient le fouet est pour moi une main qui écrit.
Je sais que c’est très difficile à expliquer.
Mais l’ « aventure » BDSM n’aurait à mon sens aucun intérêt s’il n’en était pas ainsi.
Partout où l’on évoque celle-ci, il est fait mention de sa dimension cérébrale.
Chacun place le cérébral où il veut. Moi, c’est là.
Le fouet, la plume : je n’ai pas d’autre synonyme.
 
Seul le texte variera d’un « écrivain » à l’autre. Récit d’un parcours initiatique, roman érotique, essai philosophique.
Mais le fouet écrit et la peau est un bien noble manuscrit, un parchemin à nul autre pareil.
 
La mienne est une vision sadienne assurément mais, là encore, je ne puis dire qu’une chose : on ne choisit pas ses pères mais ils nous font.
 
On ne choisit pas plus ses pairs, tout au plus choisit-on de faire paire.
Avant que de me fouetter, celui qui me fouette écrivait. Aujourd’hui, c’est moi, la fouettée, qui le fait.
Libre échange dans l’ « échange de pouvoir » ?
Effet des faits.
Et quoi que j’écrive jamais -et où que j’écrive jamais- ce sera toujours cet effet du fouet.
 
De l’ « attirail » BDSM, je retiens peu de choses, mon viatique est bien léger : le fouet (les lanières en général), la cire (bien utile pour sceller les missives par trop privées), la main (dont le fouet n’est que le substitut), les cannes (qui donnent un manuscrit moins subtil mais plus linéaire), les cordes et les chaînes (pour enfermer le texte au secret).
 
Le fouet est un emblème.
Que représente-t-il pour les autres ?
Que représentait-il pour Fellini ?
Etait-il pour lui la nietzschéenne manière d’ « aller chez les femmes » ?
Je crois bien que oui si on juge sur la manière dont il le mit en scène par deux fois sur les affiches de ses films « Huit et demi » et « Casanova » et si l’on se souvient de la cause qui déclenche l’usage qui y en est fait (tout au moins dans le premier cité, Guido-Mastroianni matant ainsi une révolte féminine toute onirique).
 
Mais la caméra n’est-elle pas elle aussi une autre manière de remplacer la plume ?
"Camera Oscura".
Fouettons, écrivons, mettons en images !
C’est ce qui restera de nous et de notre rapport à l’Eros.