Marc Chagall La promenade

                             Tableau « La promenade » © Marc Chagall
 
 
 
Lentement, je ramasse mes vêtements épars sur le parquet.
BDSM : jouer à changer forme et image, au fond peut-être seulement pour voir si la magie de l’encastrement des corps, des âmes, s’exerce plus merveilleusement encore.
Toujours une histoire de « conte de fée pour adultes »…
Et loin derrière, en toile de fond dans la mémoire, des clichés et des sons : les photographies de Marilyn, la voix de Jack Kerouac qui récite ses monologues d’une voix rauque et des feuillets étalés sur le siège d’une Cadillac rose…
 
Nous sommes remontés dans la voiture. Tu l’avais louée, elle était rouge et Tu ne Te sentais pas en confiance : chacun a son histoire, son passé, ses petites superstitions.
C’est à ce moment-là que j’ai ressenti cette chose en plein cœur, comme un crépitement d’os qui se seraient brisés, une prison qui s’ouvrirait, une carapace qui tomberait. Je crois bien que je n’ai jamais plus respiré de la même manière depuis.
Amants qui volent comme dans un tableau de Chagall. Le ciel est blanc tel celui de Berlin et Marlene fume sa cigarette sans même lever les yeux. Elle sait qu’il l’attend assis sur les marches de l’Alexander Platz.
 
Rien ne sera plus comme avant.
Soumise ? Surprise.
Une ligne me partage en deux de la tête aux pieds. Je me fonds et me confonds en Toi.
Mes pensées un peu vagues viennent s’abattre contre les murs de Ton esprit et je sens Tes sourires tirer les angles de ma bouche.
Je nous projette dans un film d’art et d’essai ou bien une rediffusion. Jeanne qui chante « Le Tourbillon  de la vie », Cyrus qui l’accompagne à la guitare.
Une existence légère entre des vols de papillons…