I COMME IMAGE ( OU LES LITANIES DU RESSENTI 6)...

 

PINCES...

 

Je serai sage comme une image.

 

Nous en serons pourtant arrivés au pire. Mon insupportable.

Que je désire pourtant T’offrir.

Cette douleur qui broie. Qui vrille jusque dans ma tête comme une décharge électrique.

La dominer, être plus forte qu’elle, lui résister, la dépasser.

Etre finalement au-delà d’elle. Et savoir que Tu connais le prix de ce que je Te donne.

 

Ces étaux que Tu as posés et qui me mettent en charpie, si je m’abstrais, si je ne bouge pas, pas même d’un pouce, pas même d’un frémissement, voici que je les oublie.

Que je Te rejoins au-delà de ces pinces. Que Tu viens maintenant alourdir de poids aux couleurs d’améthyste et de rubis.

Tu leur imprimes le rythme d’un balancier. La morsure devient insupportable.

Intensément terrible. Monstrueusement vraie puisqu’elle me renvoie à ma vérité.

Alors en cet instant où je peux vraiment être, où toute ma conscience se tient là, à la pointe de mes seins magiquement multipliée, en cet instant où je peux me dire, sans fard, sans masque, je peux aussi réellement être à Toi, puisque je deviens maîtresse de moi.

 

Maîtrise de soi : seule condition pour parvenir à m’appartenir et par là-même à T’appartenir.