I COMME IMAGE (LES LITANIES DU RESSENTI 5) ...

 

LE FOUET, LE LIERRE ...

 

Je  serai sage comme une image.

 

Mon corps sera la blanche page. Pas besoin même que tu m’attaches. Ou plutôt si, mais très légèrement. Pour le symbole. A peine pour marquer le rôle.

De toute façon, je ne bougerai pas d’un pouce. Je me ferai simplement douce.

Immobile. Immuable.

Le fouet, le fouet.

Le fouet qui fend l’air, qui foule la chair, qui s’enroule et qui se déroule.

Le sifflement à nul autre pareil. Bourdonnement léger d’abeille.

La forme d’un serpent. La morsure d’un serpent .

 

Ce fouet posé sur une chaise entre nous, au jour du premier rendez-vous.

Ce fouet, il m’en souvient… de très loin…

Ma première frayeur : saurai-je être à la hauteur ?

En supporter la douleur ? Surtout, en aimer la douleur ?

Ce fouet dont le maniement était ton « honneur ». Ta « spécialité «  de Dominateur.

Sourire : à nos souvenirs.

 

Et moi ce jour-là, folle « à lier » de vouloir me lancer. Vers l’intense. Qui m’avance.

Le fouet qui enfin cingle. Piqûres d’épingle….

Milliers d’aiguilles. Je vacille.

En dedans. Seulement.

Car je ne me meus pas même d’un millimètre.

Honneur de la soumise pour son Maître.

Honneur de l’amoureuse pour qui la rend heureuse.

 

Je suis ta flagellée, épuisée, vannée.

Mais si fière.

Instinct du lierre.

Qui meurt où il s’attache.

Qui vit où on l’attache.

 

Prévisions de félicité.

Puisque nous commençons à compter nos années.