Sexy Angelina Jolie

 

BDSM - Choses vues, lues, entendues, vécues (été 2007).

 

 

V - Angelina Jolie renonce au S.M. pour l’amour de Brad Pitt.

 

 

C’est une histoire de scoop.

Et non, ce n’est pas celui d’avoir appris aujourd’hui que TF1 est l’actionnaire majoritaire de la plateforme Over-blog, ce qui en fait « par principe » un (désormais) lieu d’accueil futur impossible pour mon blog...au cas où U-blog se mettrait un de ces quatre aux abonnés absents!

 

Angelina Jolie aurait donné récemment lors de son passage en France une entrevue au magazine « Public » (non, je ne l’ai pas lu mais je suis tombée par hasard là-dessus), déclarant que -pour Brad Pitt- elle avait renoncé à toutes ses « sexualités parallèles », c'est-à-dire en l’espèce au fait d’être bisexuelle et de pratiquer le (BD)SM.

Il faut noter toutefois que la même semaine les tabloïds s’intéressent de près à la toujours « Jolie » : elle serait anorexique, elle et le beau Brad envisageraient de se séparer et pour finir, elle attendrait un second enfant.

Dur, dur, la vie de star.

Et dire que notre couple présidentiel n’aspire qu’à cela et fait tout pour l’atteindre…On rira bien quand ça va leur retomber sur un coin du pif!

 

Dans la « Jolie » affaire, le problème n’est pas tant que Brad n’ait pas apprécié les jeux de couteaux de sa très belle épouse.

A Hollywood, depuis que Sharon Stone a sévi avec son pic à glace, cela peut se comprendre…

C’est l’histoire du « renoncer par amour » qui me défrise.

Pas plus que je ne crois que l’on puisse venir « par amour » au BDSM (une grande ânerie qui ne durerait pas), je ne pense que l’on peut en faire table rase toujours au nom de l’amour.

 

Mais table rase, oui.

Je l’ai exprimé maintes fois.

Si ce n’était de M. dans ma vie et de notre couple, j’aurais pris la tangente loin de cette ambiance depuis belle lurette.

 

C’est d’ailleurs l’intérêt de tenir un blog.

Lorsque j’ai commencé celui-ci, voilà une chose que j’aurais farouchement refusé de concevoir.

Il y a encore deux ans, F. A. m’avait affirmé sur un chat vivre dorénavant hors SM et je n’avais pu la croire.

 

Cela (cette certitude en ce qui me concerne) m’est arrivé cette dernière année.

A force de lire sites et blogs d’hommes (comprendre « doms ») ou de couples et souvent même de soumises, de cliquer les profils sur chat, j’ai fini par fuir les uns et les autres.

Pour les « chats » quoi qu’il m’arrive, je sais que je n’y retournerai jamais en recherche. Aucun des hommes qui y sont présents n’a - au travers des portraits qu'ils donnent là d'eux-mêmes et qui sont de surcroît nécessairement plus flatteurs que la réalité-  ni de quoi  m’éblouir, ni seulement m’intéresser un quart d’heure.

 

Je ne sais pas ce qui serait survenu si je n’y avais rencontré M. au bout de quatre mois il y a cinq ans. Aurais-je persisté dans ma recherche? Et longtemps?

Toutes mes rencontres (puisque par refus du virtuel qui s'installe, je rencontrais immédiatement) étaient déjà très décevantes alors.

Lui, ce fut différent et sans doute m’a-t-il apporté ce que je recherchais dans l’érotisme et que je croyais trouver dans le BDSM mais qui, finalement, n’a pas grand-chose à voir avec le BDSM.

 

A l’adolescence, ma sexualité s’est construite autour de l’art. J’ai écrit autrefois que tout fut basé sur la lecture de « La motocyclette » de Mandiargues et la vision des films d’Alain Robbe-Grillet.

C'est l'émotion artistique qui a engendré puis toujours confirmé le trouble érotique qui était donc le mien.

Je savais que tout cela portait le nom de sado-masochisme (même si l’Internet n’existait pas, il y avait déjà « Le Magazine Littéraire » et « Les Cahiers du Cinéma ») et j’avais bien compris aussi que mes « goûts » n’étaient pas des plus répandus.

Mais il faut en convenir, cette approche n’avait non plus rien à voir avec le côté « conventionnel » du BDSM.

Comment dire? Même si j’ai très vite lu ensuite l’ « Histoire d’O. », là encore, je n’en ai vu que l’onirisme tel qu’il fut mis en scène dans les illustrations de Léonor Fini.

Tout ce qui est règles et conventions non seulement m’échappait mais encore m’aurait à l’époque paru contraire à ce que je ressentais.

 

Je voulais un érotisme (et, de fait, une sexualité) sensuels, créatifs et fondés sur l’imagination.

Actifs. Transgressifs. Hors des codes.

De tous les codes.

Et il y a, par exemple, un fossé entre un roman comme « La Motocyclette » où le lecteur se doit de remplir les blancs et un récit comme « Le Lien » de Vanessa Duriès, lu beaucoup plus tard et dont j’ai toujours dit qu’il n’avait eu aucun attrait pour moi.

Si « la Motocyclette » donne à se projeter, « Le Lien » est quasiment un manuel d’utilisation.

L’essence même de l’Eros tel que je l'entends en est complètement absente.

 

Jusqu’à trente-cinq ans, je n’ai eu que des histoires « vanille ». Mes amoureux n’étaient pas intéressés par ce que leur donnais timidement à entrevoir. Tous pourtant ne furent pas de mauvais amants dépourvus de créativité.

Je sais donc qu’elle existe dans le monde « vanille » aussi, sous d’autres formes que celle du S.M.

 

Cependant, j’ai désiré à la suite de « Romance » de Catherine Breillat (je ne remercierai jamais assez le personnage qu’y incarnait François Berléand) tout de même « concrétiser » l’autre côté.

J'aurais pu tout aussi bien ne pas le « faire » mais dans ce cas un questionnement aurait persisté ma vie durant.

 

Ainsi ont commencé il y a un peu plus de huit ans mes « aventures » dans l’univers BDSM.

Je n’en ai jamais accepté les « lois », les jugeant en totale contradiction avec moi.

Tout en ne me pensant pas pourtant en contradiction avec le sado-masochisme dont le monde BDSM ne représente pour moi qu’une interprétation restrictive qui, justement, bride la créativité et l’imagination.

 

Et puis, je voulais le partage et l’égalité. Après de nombreux couacs, rencontrer M., ce fut tout cela.

Quelqu’un capable de mettre en scène et de se renouveler constamment mais aussi d’accepter mes suggestions.

Dans une parité complète.

Parce que moi aussi, je suis dotée de créativité et d’imagination.

 

L’imaginaire, c’est le « jeu », c’est le fait « Brelien » cité dans mes pages il y a quelques jours de parvenir à « être vieux sans être adultes ».

 

Il n’y a rien qui puisse l’interdire à une femme parce qu’elle est dans une situation de soumission.

Ce n’est pas la peine de me parler des « règles » ou des us et coutumes de ce milieu.

S’il s’avérait qu’ils ne puissent définitivement pas être franchis, qu’ils soient les diktats indéfectibles propres à l’ensemble d’une communauté, ce ne serait pas une sexualité, un érotisme qui nous réunirait mais une secte.

J’aime M. , je ne le vénère pas. Heureusement pour nous!

 

Je ne suis pas à la poursuite d'un idéal d'homme « macho ».

Je ne me sens pas comme une soumise en attente de l’ordre ou du châtiment.

Ça, pour moi, c’est une carpette et si je comprends très bien que le rôle puisse plaire et à qui le tient et à celui pour qui il est tenu, ce n’est en tout cas pas un rôle fait pour moi. Et il ne le sera jamais.

Cependant, c’est en général cette sorte de « carpette » qui est la recherche de tout un chacun dans les lieux dédiés.

Il paraîtra à tous évident à ce stade pourquoi, s’il devait y avoir un « après-M. » dans ma vie, cette suite se situerait incontournablement en dehors du BDSM. 

 

Et c'est en ce sens qu’arrivant enfin au bout de cette réflexion, j’ai écrit ici ces derniers mois que si mon couple se cassait un jour la binette, je n’aurais aucun mal à redevenir « vanille » derechef.

Pas « par amour » pour Bitt Prad ou pour qui que ce soit.

Mais pour moi.

 

Simplement parce que, parvenue finalement à maturité, il y a maintenant une chose dont je suis certaine : ce n’est pas le BDSM qui me construit, c’est M. et moi qui construisons notre BDSM.

 

Avec l'amour. 

En plus.