BDSM AURORA martinet août 2007

 

BDSM - Choses vues, lues, entendues, vécues (été 2007).

 

 

III - Eloge du martinet.

 

C’est au cours d’un très sérieux article de « Libération » que le martinet a été évoqué.

Le Conseil de l’Europe veut abolir les châtiments familiaux, « gifler la fessée » comme titrait le 4 août dernier ce quotidien.

Je préciserai d’emblée sur ce sujet que, même si je me méfie du Conseil de l’Europe en règle générale et surtout de ses incursions dans le domaine du privé, je suis opposée aux punitions corporelles : jamais, depuis sa naissance mon fils n’a reçu, fût-ce une tape, de la part d’un seul membre de la famille et, pour ma part, ma jeunesse n’eut à subir que les cinglons sur les mollets du cordon du sifflet d’un moniteur de gym employé par la mairie dans mon école communale, cinglons dus à mon manque d’appétence  et de compétence pour la chose sportive et qui n’eurent pour effet que de faire de moi une dispensée d’éducation physique dès que ce fut possible, c'est-à-dire dès le collège…On appréciera donc l'efficacité « pédagogique » de cette « sanction » chez moi!  

 

Après vous avoir invités à lire, sinon le reportage complet, tout au moins cette intéressante « sociologie de la vente de martinets en 2007 » en cliquant ici, j’en viendrai à parler moi-même de l’objet en question d’un strict point de vue BDSM.

C'est-à-dire sans rapport aucun avec ce qui précède puisque nous entrons maintenant dans le domaine du « congrès amoureux ».

 

Sans doute que le martinet est le « fétiche » qui nous est commun à nous tous, pratiquants, quelle que soient nos autres tendances et objets de jeux favoris.

Il fait l’unanimité même là où le bondage oppose ses résistants et le fouet ses dissidents.

 

On pénètre rarement « de plain pied » dans nos jeux érotiques BDSM.

Tout commence souvent par des tâtonnements, des essais de privations sensorielles voluptueusement cérébraux : un bandeau sur les yeux, les poignets souplement attachés par un foulard…

La première chose « plus physique » consiste généralement en quelques claques bien senties sur les fesses : c’est la « petite fessée », douce et provocante.

L’acquisition d’un martinet est quasiment le passeport pour aller plus loin sans toutefois trop se risquer.

Peut-être parce que l’objet, quelque part, ramène en effet à l’enfance et avec un côté mutin :

tout le monde connaît des histoires de copains/copines qui avaient coupé les lanières d’un martinet.

Ce ne serait pas la même chose de proposer tout de suite  à l’impétrante quelques coups de ceinture et je ne parle même pas de la cravache. L’une comme l’autre ont, au début, des connotations à faire fuir.

Le martinet, au contraire, paraît ludique et possède un côté inoffensif.

Il va donner pourtant à l’érotique « petite fessée » sa première étoile BDSM. c'est qu'il est déjà flagellation, mine de rien!

Ah! Le bel instrument de musique qui fait si bien triller tout en vous étrillant...

 

On négocie le nombre de coups. La seconde fois, le défi sera d’en rajouter.

La troisième de laisser le bras de l’aimé s’abattre un peu plus fort. La quatrième assez fort pour strier légèrement de rouge le postérieur offert. Et ainsi de suite…

 

On n’abandonne pas le martinet en cours de chemin BDSM.

Pour moi, il fait aujourd’hui encore partie de mes plaisirs et… de mes craintes !

Un martinet à bouts carrés, un peu lourd, peut être bien plus menaçant qu’une cravache. Cinquante coups de celui-ci valent bien, un soir de douilletterie, d’être troqués contre dix coups de fouet, croyez moi…

D’ailleurs si vous vous mettez en situation de « troc », c’est que vous n’êtes pas au mieux de votre forme et le partenaire (qui n’est jamais un adversaire dans le BDSM) sera aussitôt en mesure de comprendre que ce sont assurément dix ou cinquante caresses qui semblent mieux adaptées aux circonstances…