Terry Rodgers Painting Redroom      

                                                                Tableau © Terry Rodgers

 

 

 

Le monde BDSM virtuel m’étonnera toujours.

Je serai bien plus proche de la vérité en avouant que j’en suis accablée.

 

Sur le site que je fréquente à l’étranger, une novice (je pense que le féminin est important pour la suite) a posté un forum pour expliquer qu’en arrivant en ce lieu sans connaître personne et dans le but de faire des rencontres mais aussi d’apprendre quelque chose sur cet univers, l’endroit manquait de repères.

Elle s’est interrogée sur « Pourquoi le site ne qualifiait pas de « Tuteurs » ses membres les plus fiables afin que l’on puisse les contacter pour éviter les mauvaises rencontres et obtenir aussi d’autres renseignements ? ».

 

Il y a quelques années, j’avais lu une chose assez semblable, je ne sais plus où, peut-être sur une liste MSN ou sur le chat que je visitais auparavant.

En tout cas, cette fois-ci, c'est parti dans tous les sens.

 

Immédiatement, les « Maîtres » BDSM les plus pompeux sur les forums ont posé candidature pour être Tuteurs.

On ne savait pas très bien de quoi mais pour certains d’entre eux, il était évident que c’était pour faire une liste noire de leurs pairs à éviter (les petits malins, tiens !).

D’autres voulaient enseigner, guider (faire du « coaching », quoi…).

Expliquer selon le dogme anglo-saxon les règles de la D/s à toute impétrante (on n’en a pas fini avec ces règles, je vous le dis !).

Recueillir les confidences et les commenter impartialement (ben voyons !). 

L’un d'eux a même proposé de faire découvrir à toute femme qui parvenait à la grille d’entrée si elle était plutôt soumise ou domina ou switch avant qu’elle ne remplisse son profil (j’avais toujours cru qu’en s’inscrivant en pareil lieu, on le savait d’instinct quitte à changer après quelques mois ou années si évolution se faisait, mais bon….).

Immédiatement, ont fusé les « Pourquoi lui ? Pour qui se prend-il ?».

 

Et les propositions.

Pourrait être « Tuteur BDSM » qui obtiendrait un certain « ranking » des organisateurs du site, ranking mesuré sur l’ancienneté dans le lieu, la quantité d’articles ou de forums postés et le nombre de lectures et de participants à ceux-ci, le fait d’avoir été vu en soirée organisée par le site etc.

Toutes choses objectives comme il se doit. Qui désignent à coup sûr le Maître hors-pair qui mérite d’être Tuteur BDSM.

 

Finalement le gérant, qui est loin d’être stupide, a fait le bon choix : il a renvoyé les candidats Tuteurs à leurs écrans et ouvert une rubrique où les novices peuvent anonymement poser une question intime et où ceux qui répondent doivent, eux, obligatoirement signer.

Y seront par contre interdites toutes discussions sur tel ou tel participant, que ce soit pour en dire du bien ou du mal.

 

On pourra être surpris que je sois satisfaite de cette décision, moi qui mets si souvent en garde ici les soumises contre les maîtriquets rencontrés via le Web, et que je n’aie pas favorisé cette initiative de tutorat.

 

Mais non. Je ne crois pas à ce « Tuteur BDSM » virtuel.

Je crois plutôt à ceux qui avaient vu là une belle occasion de se mettre en avant et, justement, de courir la proie en chasse gardée.

Sans parler de ceux qui n’avaient peut-être même pas cet objectif mais qui voulaient simplement une étoile d’or pour pouvoir gloser du haut d’une autorité reconnue de tous.

 

Cette note n’est pas un billet d’humour.

Elle arrive à un moment où je constate en France que, depuis quelques temps, un certain nombre de dits dominateurs se sont mis à apporter quotidiennement leurs lumières sur les blogs des aspirantes soumises.

Lesquelles, on le reconnaîtra, font tout pour, au vu de la teneur de leurs notes.

Le problème venant du fait que ces actifs conseillers n’ont, eux, de « ranking » d’aucune sorte et qu’à part de « casser » les postulants dont il est fait mention dans ces billets (les soumises en question y parlent de « maîtres » rencontrés sur des chats mais auxquels elles se sont bien gardées de donner l’adresse de leur nid blogosphérique) et de caresser ces dames dans le sens du poil, on ne voit pas très bien au nom de quoi ils sont là.

 

En mal de reconnaissance ? Cherchant à se caser ?

Exactement comme les supposés « Tuteurs » que je vous ai racontés plus haut.

Personnellement, je me méfierais.

Mais il est vrai aussi que dans les défauts féminins, il existe celui de faire n’importe quoi pour être au centre de l’attention.

 

 

 

PS : Et chez oiselle

http://www.u-blog.net/oiselle/note/56