Fétichisme Gants 1936-1937 Elsa Schiaparelli Surreal Things Surrealism and Design Victoria and Albert Museum 2007

                                                          Photo d'une création  © Elsa Schiaparelli

 

 

Le fétichisme a sans conteste une parenté avec le sadomasochisme.

Après tout, Sacher-Masoch, ce bon vieux Léopold, était à la fois et masochiste et fétichiste.

Les deux peuvent donc, comme avec lui, aller de pair ou bien, comme avec d’autres, marcher séparément.

 

C’est quand le SM se met à s’appeler BDSM et le fétichisme « Fetish » que les choses se compliquent. Certains pratiquants BDSM s’imposent alors un dress-code qui n’a rien de la fourrure de Wanda mais tout du vinyle tape-à-l’œil de la jupette de marque P.C. achetée chez D. pour aller se montrer chez C.et C.

Ou bien quand les « Fetish », dans leurs soirées, croient que le BDSM c’est  seulement d’être lookés.

 

En matière artistique, les choses ne sont pas si simples.

Au niveau de l’image, il n’y a pas d’art BDSM, c’est l’art « Fetish » qui en parle avec son iconographie bien spécifique.

Le « vrai » BDSM en photo, ça existe mais ce n’est pas « montrable » (même si c’est vendable), c’est l’apanage de quelques porn-sites commerciaux très hard venus des USA ou d’Allemagne le plus souvent. Ou bien, à peine plus soft, celui des galeries des membres des chats et forums.

Mais tout ce qui est réaliste, cru,  non transcendé par la métaphore ou l’allégorie, n’est pas art.

 

L’art « Fetish » permet ainsi au BDSM de « se dire » sans heurter, sans choquer quiconque.

On pourrait quasiment faire le parallèle avec l’érotisme et la pornographie.

Les photos de Gilles Berquet ou bien celles d’Alexandre Dupouy, par exemple, donnent au BDSM des lettres de noblesse. Elles sont pourtant fétichistes avant tout. Il n’est pas besoin de bésicles pour voir que Dupouy est en premier lieu un attentif esthète fétichiste de la fesse féminine comme Molinier l’était des jambes (les siennes notamment).

Et entre cet art et la galerie perso de Maîtresse Charabia sur le chat Trucmuche, il n’y a pas photo, si j’ose dire.

 

L’ennui, c’est qu’à la fin, ce sont nous, les BDSMeurs, qui -quelque part- « volons » les fétichistes purs en nous saisissant de leurs représentations.

Nous aurons l’art, comme toujours, pour excuse...

Et de ce fait, il nous sera beaucoup pardonné!

Nous avons d'augustes prédécesseurs. 

Bien avant que les mots BDSM et « Fetish » ne soient nés, les Surréalistes avaient déjà tout mêlé : érotisme, SM et fétichisme, au début du XXème siècle…

 

Jusqu’au 22 juillet, on peut voir à Londres, au Victoria  and Albert Museum, une troublante exposition « Surreal Things - Surrealism and Design » qui présente plus de trois cents objets qui vont du fameux lit-cage de Max Ernst (oh ! comme je m’y imagine bien liée !) au téléphone-homard de Salvador Dali (je vous le laisse !).

Et si, selon la définition de Wikipédia ici, « Le fétichisme sexuel est une attirance sexuelle caractérisée par une forte excitation érotique à la vue, à l'évocation ou au toucher d'un objet ou d'une matière particulière. » et encore « Le fétichisme peut aussi avoir pour objet certaines parties du corps humain, érogènes ou non, comme par exemple un pied, une aisselle, ou un nombril. », alors nous conseillerons à nos amis « Fetish-istes » d’aller y admirer de très près ces gants fabuleux créés par Elsa Schiaparelli pour l’hiver 1936-37.

Le gant noir, c’est la main et même la main et le bras lorsque l’on repense à « Gilda »…

Et les masochistes (comme Léopold) ou les soumis (j'y pense aussi !) peuvent s'y rendre tout de go  pour fantasmer à loisir devant cette paire rouge et noire qui évoque symboliquement  la maîtresse-femme.

 

 

 

 

 

Et le site de l'expo en cadeau rien que pour…vos yeux et parce que vous le valez bien !

http://www.vam.ac.uk/vastatic/microsites/1558_surrealthings/