MARDEN et AURORA                             

 

 

Il y a cinq ans jour pour jour, M. et moi nous sommes connus (« virtuellement ») sur un chat BDSM.

C’est pour cela que je ne pourrai jamais, malgré toute la défiance que je peux avoir pour ces lieux, en dire uniquement du mal.

Sans doute faut-il simplement savoir (comme d’ailleurs sur tout le Web) y naviguer. En toute conscience et prudence.

Le reste est affaire de chance, de concours de circonstances.

 

Au-delà de la simple rencontre pour quelques jours ou quelques séances, il faut comme dans tous les couples beaucoup d’autres affinités que la seule sexualité à un couple BDSM pour tenir sur la durée.

Pour nous, tout commença par un poème de lui, publié ce jour-là dans les témoignages d’un site. L’auteur était en ligne, à côté de son pseudo figurait seulement le nom de la ville de ma jeunesse.

J’ai cliqué (oui, oui, ce fut moi en preum’s !).

L’histoire de la ville nous a amené à évoquer « Rouge Midi » et nos grands-parents communistes. L’histoire du poème à parler d’Aragon : il en aimait les poèmes de Résistance de « La Diane Française », je leur préférais ceux des « Yeux d’Elsa ».

Je lui citai alors mon favori des favoris « Plainte pour le quatrième centenaire d’un amour ». Il ne le connaissait pas. Je le lui tapais le lendemain soir par morceaux (à l’époque ce chat BDSM n’admettait qu’un nombre limité de caractères par réponse).

 

Et il en fut ainsi chaque soir, là et au téléphone, durant les trois mois et demi qui nous séparaient encore de notre première rencontre (« biblique » et SM).

SM dont nous avons bien peu discouru pour finir. Sans doute par intuition que, si tout le reste s’accordait si bien, là aussi les choses iraient de soi.

 

Le hasard fait tomber « notre » cinquième anniversaire le même jour que deux grands événements.

 

Je me serais bien passée du premier qui ne fait jamais que me ramener à cette fameuse « Plainte… » d’Aragon  dont les deux derniers vers se trouvent être :

« France et l’amour les mêmes larmes pleurent.

Rien ne finit par des chansons ».

 

Mais c’est aussi l’ouverture du 60ème Festival de Cannes et la présentation aujourd’hui de « My blueberry nights » de Wong Kar-wai avec un scénario dont le résumé m’a rappelé certaines des grandes sensations connues à la lecture de « Au sud de la frontière à l’ouest  du soleil » de Haruki Murakami (c’est une impression qui sera à vérifier lors de la projection du film en salles).

 

Alors, c’est sur une pensée pour Cannes que nous allons ce soir, le soir de notre BDSM Birthday, fermer nos yeux avant de nous envoler demain matin pour ailleurs à l’occasion de ce long week-end.

 

En attendant de vous retrouver, nous vous souhaitons à toutes et tous de folles ou très romantiques « Blueberry Nights » à vous aussi…

 

 

 

 

PS : Il y  quelque chose sur Oiselle

http://www.u-blog.net/oiselle/note/50