Aurora soumise photo personnelle paris avril 2007

                                                           Photo © Marden et Aurora

 

 

 

Entre deux musées, c’est la chasse aux livres…

Et quand les librairies ne suffisent pas, on prend le chemin des bouquinistes.

« Notre-Dame et la Seine et les Quais… », comme dit l’affreuse chanson.

 

Est-elle soumise, la promeneuse trop vêtue pour ce temps d’avril, obligée d’entasser ses pelures d’oignon en les nouant autour de sa taille comme elle le faisait négligemment jadis, quand elle était étudiante ?

Elle l’est au soleil, à l’homme qui la photographie et à qui elle s’est donnée une fois pour toutes.

Ne cherchez pas le collier ou les fers.

De jour, il n’y a qu’une minuscule chaînette d’or à sa cheville droite pour chuchoter les mots de la domination et de la soumission comme des mots d’amour.

 

Que cherche-t-elle ?

Tant et tant de volumes…De ceux qui ont mystérieusement disparu des collections pour faire place à de bien tristes produits saisonniers

Elle veut tout…

Ces tomes désormais introuvables de certaines années du journal d’Anaïs Nin.

Des nouvelles de D.H. Lawrence qui ne  traitent pas de BDSM mais qui exaltent la sensualité de la nature et la nature de la sensualité en amenant le souffle de l’érotisme à sa plus belle expression.

Un roman d’Yasushi Inoué qui, lui oui, possède toute la tragique puissance d’une œuvre SM, une de celles où Thanatos gagne…

 

Et puis, côté BDSM, le catalogue d’une exposition d’Erich Von Götha au « Mondo Bizzarro » de Rome.

Et enfin, perle précieuse parmi toutes, trouvée dans l’une des  boîtes vertes des bouquinistes des bords de Seine, cette première édition certifiée du « Musée Noir » de Pieyre de Mandiargues pour y retrouver finalement dans  la même pagination que celle de mes quatorze ans, la dernière phrase du « Passage Pommeraye » :

 

« Résigné à tout ce qui devait être consommé sans retard, je m’avançais avec soumission vers celle qui me tenait prisonnier de son rayonnement vermeil, et qui, d’un ongle nacré, me montrait cérémonieusement la table draconienne, les fers déchirants préparés pour moi. »

 

La littérature BDSM, je le disais encore il y a peu en parlant du « Petit Carnet Perdu » de Jeanne de Berg, cela n’existe pas.

 

Ce que l’on nomme ainsi, ce sont des amoncellements de livres que l’on décharge sur les tables des malheureux revendeurs tenus par contrat à chaque saison, ce sont les minces volumes aux étiques idées mais à la couverture aguichante que l’on trouve en haut des gondoles des Relais Hachette dans les gares, à une heure de prendre ( ou de manquer) son train.

Du prêt à bander, du bon à s’échauffer mécaniquement, à exulter du mot plus il sera grossier.

 

Ce n’est même pas de la pornographie.

La pornographie suppose au moins une puissance d’écriture qui transgresse l’obscène et l’entraîne à son comble.

Henry Miller était un pornographe. Mais pas seulement.

C'était un écrivain.

 

Ne vous laissez jamais tromper par ces publications modernes de trentenaires féminines.

Pensez au quinquagénaire qui écrit leur « œuvre » avec un canevas bien précis fourni par l’éditeur afin d’assurer la vente.

 

Ne vous laissez pas bluffer par cette production commerciale mensuelle de quelques vrais masculins mais aussi vrais tiroirs-caisses.

 

Vous bandez ? J’en suis fort aise.

Vous ne lisez pas pour autant !

 

Tout cela n’est que papier et non livre. On en vient à pleurer pour de bon les forêts.

BDSM ou non, la littérature érotique digne de ce beau nom est seulement de la bonne, de la vraie littérature.

 

 

 

PS : Et j’en ai remis un petit coup là 

http://www.u-blog.net/oiselle/note/40