BDSM soumise Roberto Baldazzini

                                                 Dessin © Roberto Baldazzini

 

 

 

Désolée de n’être pas allée au bout de cette note mais j’ai aussi composé sur « Oiselle » ce soir…

 

 

Est donc survenu le jour où, sur le forum, je me suis vue nommer « négationniste » BDSM.

C’est amusant. L’intérêt est de raconter comment on en est arrivés là.

 

Au début, c’était un fil de discussion où une femme s’étonnait et demandait conseil parce que son « Maître », désireux d’une seconde soumise, l’avait chargée de la recruter, elle, par petites annonces.

Il y a eu immédiatement deux tendances : ceux et celles qui estimaient que c’était en effet de son devoir d’obéir aveuglément à la demande et quelques ironiques qui relevaient que le « Maître », peut-être, aurait pu faire le boulot lui-même.

 

Moi, ça ne m’allait pas, cette acceptation acquise que personne ne remettait, même minimalement, en cause : le Maître et deux soumises (ou plus), de « droit divin ».

J’ai donc posé la question volontairement provocatrice : « Et moi, si je veux deux Maîtres, je m’y prends comment ? ». Sans réponse tout d’abord.

Alors, je l’ai répétée. Et là, on m’a dit que ce n’était pas possible, parce que moi, j’étais une soumise.

J’ai demandé au nom de quoi ce n’était pas possible.

On m’a dit -tiens, hasard- que c’était « la règle ».

J’ai persiflé en citant une chanson, un duo,  que je traduis (mal) ici, d’un de leurs auteurs-compositeurs les plus connus : 

 

«- Mais qui l’a dit ?

Mais où est-ce écrit ?

Mais qui l’a établi ?

 

-C’est une règle

C’est une convention

On a toujours fait comme ça.

 

-Ah ! Et alors ?

Et alors ?

Moi, ça me plaît autrement. »

 

Là, il m’a été expliqué gentiment comme à une demeurée que je n’avais qu’à regarder du côté de Goldoni et de sa pièce la plus « bouffonne » : « Arlequin, serviteur de deux maîtres » et de voir tout le ridicule de la situation.

J’ai rétorqué et décortiqué Goldoni et les effets comiques de situation chez lui.

Alors, on m’a dit que je devais aller relire l’Histoire et que dans l’esclavage, si un maître avait de nombreux esclaves pour sa plantation, jamais un esclave n’avait deux maîtres.

J’ai dit « Stop », je voyais arriver le point Godwin.

 

Une autre est arrivée qui racontait qu’elle avait recherché une autre soumise car elle en avait très envie, pour créer un trio. On lui a décrété que c’était mal si elle l’avait fait pour elle, car elle ne devait avoir pour but que le plaisir de son Maître, qu’elle perdait de vue l’essence du BDSM.

 

J’en ai remis une couche pour dire que je ne voyais pas très bien à part dans le SSC -qui, oui, pouvait être commun à tous- où se trouvait  cette « essence » du BDSM qui ne souffrait aucune dérogation.

C’est là qu’en me traitant de négationniste, on m’a lancé une vidéo de YouTube où une jeune femme avec des couettes expliquait en anglais que le BDSM, c’était une sexualité très sûre et sans danger avec deux rôles dans laquelle la soumise abandonnait toute volonté, toute pensée, toute personnalité pour se remettre entre les mains d’un Maître dont elle ne servirait plus désormais qu’à satisfaire tous les désirs sans exception mais aussi sans discussion ou remise en cause aucune si tant est que ceux-ci se situent dans le cadre du SSC.

 

 

Fin de l’intro.

 

(à suivre)

 

 

PS - Et là, l'autre débat :

http://www.u-blog.net/oiselle/note/35/