Les Villes Invisibles, souvenir, 1984

                                                                 Photo © Photosight

 

 

Pour C.B.

 

 

Marcher en comptant les pavés du trottoir. S’ils sont en nombre pair, tu retourneras dans les villes invisibles.

Eviter une rencontre, faire un détour pour ne pas traverser un quartier, ne pas piétiner la pelouse…

Mais ce n’est plus la peine.

Il est fini le temps de trouver les sept différences entre les deux images.

Prends tes bagages et n’écoute pas les prévisions de la météo. Tu n’as plus le temps d’attendre. Quelque chose de symbolique adviendra, tôt ou tard, dans ce pèlerinage vers tes rives d’hier, rives d’ailleurs.

 

Cet endroit est une partie de toi, une seule.

Le reste gît comme terre brûlée par les incendies pyromanes de tant et tant d’étés entre des mouchoirs de papier froissés jetés là et des canettes de Coca…

Copacabana.

Brasier. Brésil.

Passé pas passé. Qui te dépasse.

Marche le long des rues où la foule se presse, tu n’as plus d’intérêt pour le jeu des vitrines et des miroirs, ce ne sont que des reflets.

Lentement, lentement, les kilomètres se laissent égrener, c’est comme un chapelet de dates que tu connais  par cœur, telles celles apprises à l’école 1492, 1515, 1789…

 

Et 198...

C’est le rosaire d’une remontée aux sources et c’est un rêve, celui que tu fais parfois de ce voyage à rebours dans lequel tu t’éveilles toujours avant d’être arrivé là où tu voulais tant aller…

 

 

 

 

 

 

 

    

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