BDSM Photo Personnelle AURORA

 

Les couleurs, vous les imaginerez… Je ne vous offre que le noir et blanc ! Et très retouché pour bien estomper de surcroît !

J’ai assez râlé contre les galeries-étalages de barbaque à vif pour ne pas m’y mettre.

Je ne veux choquer personne.

Mon cul sur la commode, oui mais pas plus…Et en même temps, pour ce texte-là, je ne pouvais pas mettre la photo d’une autre.

Alors, tout ce que j’ai « truqué » sur l’image, j’ai une autre arme pour le rendre : les mots pour le dire.

 

 

Tu m’avais, je T’avais, ce soir-là gardé la dernière danse…

Non que nous en ayons auparavant confiées à d’autres : le carnet de bal était vierge.

Mais c’est tard dans la nuit qu’on a lancé les flonflons de la musique du feu d’artifesses. Une simple question de feeling.

 

J’ai payé comptant. Je dis ça parce que j’ai compté à haute voix.

Pas sur ordre, non. Pas sur commande. Parce que c'était comme ça que je le sentais.

J’ai payé séance tenante. Sonnante et trébuchante. Mais muette et immobile.

J’ai payé cher à feu, la chair à feu. J’ai payé la peau des fesses.

Pas une punition, non. Pas une correction. De ces expressions, nous avons fait de longue abolition…

Pas un débit daté, pas le remboursement d’un crédit usurpé.

Juste poser sur la table et volontairement mon écot.

En écho au Tien.

 

Un vrai échange de pouvoir.

Rien à voir avec ce que l’on nomme ainsi dans le BDSM « labellisé ». Un échange pour de bon.

Mon envie, Ton envie. Ton désir, mon désir. Egaux et parallèles.

La seule différence consistant dans le fait que ce que je donne, Tu peux me le prendre. Et que ce que Tu prends, je peux Te le donner.

Mais c’est du kif-kif, un troc sans escroc, une parfaite égalité.

 

Ce que je paye, c’est aussi ce que je reçois. Ce que Tu cherches, c’est aussi ce que Tu trouves.

Moi totalement abandonnée là, Toi concentré au maximum.

Il y a belle lurette que nous nous connaissons par cœur, que nous ne commettons plus d’erreur.

Pas question  pour Toi de taper comme un sourd et en cadence sans changer de place.  

L’art de la danse est plus subtil.

Tu te déplaces, un peu félin, Tu n’épargnes aucun centimètre carré de Tes pinceaux. Cette fois-là, ce furent Tes mains, une canne, une cravache et le fouet pour finir, puisqu’il y avait de la place pour s’en servir en toute innocuité.

Ta toile est très délimitée, mes fesses seulement.

 

Si j'ai eu mal ? Mais c'est ce que je recherchais... 

Pas question pour moi de jouer les sucrées.

J’ai cet orgueil de dire que je n’ai pas pipé mot. Pas même une syllabe. Pas un gémissement.

Pourtant, et sans le programmer, nous avons abouti à ce que Tu voulais, à ce dont je rêvais depuis si longtemps.

Une histoire de traces qui dureraient.

 

Les marques sont venues l’une après l’autre.

Quand Tu as pris la photo (la vraie) et que je l’ai vue, j’étais bouche bée.

En relief, épaisses sous les doigts. Et même un point d’impact en creux, joli petit cratère, volcan en éruption…

Puis elles se sont aplaties un peu. Ensuite, l’épiderme est redevenu lisse.

 

Elles auront duré quatorze jours.

Un de moins seulement que dans mon défi-fantasme.

Passant par tous les états, du très douloureux pour m’asseoir le lendemain et le surlendemain, une douleur vive qui me rendait cuisante et prête au fou rire en même temps, jusqu’à la seule mémoire de la peau vers la fin quand je me lavais.

Passant par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, même un vert que je n’avais encore jamais connu, après le rouge, le violet, le bleu, le noir et juste avant le jaune. 

Jusqu’à ce qu’il ne demeure plus que des pointillés au final, étrangement roses tout à coup, semblables à quelques détails des Signac que l’on peut voir au Musée de L’Annonciade à Saint-Tropez.

 

Nous ne nous sommes pas épargnés.

Tu n’as épargné ni Ton énergie, ni ma soif.

Je n’ai épargné ni mes limites, ni Ta tension.

 

Cadeau ? Offrande. Donné ? Reçu.

Echange de pouvoir ? Amour.