BDSM, L'Art de Dominer Dossie Easton Janet Hardy, AURORAWEBLOG

                                                        Couverture © Tabou Editions

 

 

Nos vacances, ce fut de ne pas manquer les expos intéressantes qui finissaient ces jours-ci.

Mais aussi, mais surtout, le but était de retrouver des livres, de ceux-là que j’ai « perdus » lorsque mes parents ont cru bon de donner à Emmaüs tout ce qui peuplait mon ex-chambre d’étudiante ou bien encore les autres que j’ai prêtés et que l’on ne m’a pas rendus, au fil des ans. 

Car voici que je me prends à vouloir relire.

Certains de ces ouvrages sont aujourd’hui indisponibles : il nous fallait les bouquinistes pour tenter de remettre la main sur eux.

Pour d’autres, quelques librairies bien fournies ont pu parer au manque et au hasard de l’une d’entre elles, nous sommes tombés sur cette récente parution BDSM « L’art de dominer » de Dossie Easton et Janet Hardy  aux Editions Tabou et dans la collection Club Tabou.

Nous l’avons lu et comme c’est un premier volet qui s’adresse aux dominateurs, il nous a paru intéressant que ce soit Marden qui le chronique et non moi.

Quand le second tome « L’art de se soumettre » sera publié, c’est moi qui m’y collerai…

 

En ce qui concerne les deux auteur (e)s, je cite leur éditeur et vous verrez plus bas dans la critique de Marden la mise en garde qui est faite par les traducteurs en ce qui concerne le chapitre consacré à la « spiritualité BDSM » :

 

« JANET HARDY est la patronne de la célèbre maison d'édition spécialisée BDSM de San Franscisco, Greenery Press. Elle a découvert le SM il y a 15 ans comme dominatrice hétérosexuelle mais se définit aujourd'hui plutôt comme une «switch bisexuelle», alternant les rôles avec des partenaires des deux sexes. Elle a écrit de nombreux ouvrages BDSM pédagogiques dans lesquels l'éthique est omni­présente. C'est une référence aux États-Unis.

DOSSIE EASTON pratique le SM depuis plus de trente ans et se présente comme une lesbienne soumise mais sait également admirablement dominer. Dans le civil, elle est thérapeute, poète, enseignante et artiste.
Elle fut aussi parmi les fondateurs de la «Société de Janus», association culturelle BDSM basée à San Francisco, et a toujours été une figure de proue de la communauté SM spirituelle.
 »

 

Pour conclure, quelle que soit la bonne opinion d’ensemble que Marden retire de cet ouvrage, j’attire cependant votre attention sur le fait qu’il est vendu avec la qualification de « guide ».

Il n’est jamais de bon « guide » s’il est pris à la lettre de A à Z et qu’il vient s’ajouter aux autres « bibles » du monde BDSM.

C’est avec cette précaution que ce livre est présenté ce soir sur ce blog.

 

AURORA

 

 

Pendant nos vacances, nous sommes allés comme c’est notre habitude musarder dans une de nos librairies préférées, j’ai nommé LA MUSARDINE.

 

Parmi nos emplettes, un livre écrit par Dossie Easton et Janet Hardy (deux switches bisexuelles de la scène SM américaine) et paru sous le titre : « L’Art de Dominer ».

Je viens d’en finir la lecture et heureuse surprise !

Ici point de diktats, mais des conseils utiles…

 

Les deux mots clés de l’ouvrage sont CONSENTEMENT et SECURITE.

Déjà, dès le premier chapitre, il est rappelé que « le SM est tout à la fois jeu, théâtre, communication, intimité, sexualité. Il associe le besoin enfantin de faire semblant avec la capacité d’adultes à exercer des responsabilités et ce privilège des adultes qu’est le plaisir sexuel……. Il doit donc être regardé comme un produit finement élaboré tout à la fois par le corps, l’esprit et l’âme humains (*) » (Page 24).  * Voir la dernière partie du post.

« C’est ce qui arrive quand le partenaire dominant prend davantage que ce le partenaire soumis offre, mais moins que ce que dernier est prêt à donner » (Page 26).

« Le SM n’a rien à voir avec la violence. Le SM est à la violence ce que le coït amoureux est au viol » (Page 26)

« Un des éléments essentiels du jeu SM est la reconnaissance de la frontière entre le fantasme et la réalité » (Page 26)

« le dominateur n’en fait pas qu’à sa tête »….. « l’ego du dominateur ne devrait pas être démesuré au point de l’empêcher de s’intéresser aux besoins du soumis » (Page 39)

« En pénétrant dans le donjon, nous endossons notre personnalité alternative et quand nous ressortons, nous reprenons nos personnalités traditionnelles » (Page 41).

 

On est bien loin des règles, listes et degrés divers qui fleurissent à qui mieux mieux  sur les sites ou blogs français ou européens.

 

Et les auteurs insistent au fil des pages sur l’aspect ludique du SM même si elles rappellent que ces jeux sont à pratiquer sérieusement sous peine de devenir dangereux.

« traiter avec dédain ou moquerie un partenaire qui vient d’émettre un signal de sécurité est inacceptable…. Le SM n’est pas une compétition  et les partenaires ne jouent pas l’un CONTRE l’autre » (Page 48)…. Un dominateur qui prétendrait être invulnérable,…et incapable de compromis serait… dangereux et malade ». (Page 51).

« On ne doit pas pratiquer le SM en état d’ébriété…. La prudence la plus extrême est à recommander quant à l’utilisation de substances euphorisantes pendant tout type d’activités sexuelles, et plus particulièrement le SM » (Page 64)

 

Elles insistent aussi sur l’importance de la communication entre dominateur et soumis : « dominer sans informations, c’est l’équivalent de construire une maison sans plan » (Page58).

 

Elles préviennent sur les dangers de la littérature pornographique. « Les livres sont écrits par des auteurs qui n’ont aucune expérience (ou peu). Ils vous décrivent des fantasmes et la valeur pédagogique de ces ouvrages est quasi-nulle » (Page 71).

Elles mettent aussi en garde contre les pièges de l’Internet « il est difficile de  se renseigner sur le niveau réel de compétences de vos interlocuteurs anonymes » (Page 71).

 

 

Le chapitre suivant aborde l’éthique du SM en indiquant que dans ce domaine, la barre doit être mise très haut.

Le chapitre se décline en différents paragraphes : le consentement, le respect des limites, l’écoute du « feed back » le respect des individus et la confidentialité.

« Le SM est sensé être une activité consensuelle procurant du plaisir aux deux partenaires (contrairement aux fantasmes de certains dominateurs égoïstes) » (Page 121).

 

La deuxième partie de l’ouvrage traite du matériel, depuis la liste de base jusqu’aux conseils d’entretien.

Vient ensuite le chapitre « Comment trouver des partenaires » où les méthodes évoquées changent peu par rapport à ce que nous pouvons lire ça et là.

 

Quelques autres chapitres abordent les situations particulières, le SM à plein temps, la sécurité émotionnelle.

 

Une annexe importante donne de nombreux liens, références d’ouvrages et adresses diverses, malheureusement bien loin de « chez nous ».

 

*Un seul bémol mais de taille. Comme souvent avec la littérature américaine, la spiritualité est mise en avant. Non pas la spiritualité au sens de l’esprit mais dans le sens d’une certaine religiosité.

 

« Nous vous avons parlé de cette ombre…. Tout ce que nous avons banni de notre Conscient……nous allons explorer notre inconscient et in fine cet Inconscient Collectif »

« Les pratiquants ont élaboré divers rituels dans ce but en combinant notre exploration sexuelle…. Avec des pratiques spirituelles héritées … du yoga kundalini, rites de Kali, les incantations »  (Page 199).

« Vous devez vous entraîner, développer votre spiritualité »……… » « Quand on s’engage à enseigner une vérité spirituelle à autrui »……. « le stage ultime de l’apprentissage… le dominateur devient le chaman… qui puise son énergie dans le cosmos » (Page 201)

 

D’ailleurs, les traducteurs de l’ouvrage en  français (Eric Bertrand et Claire Gillie) ne s’y sont pas trompés puisqu’ils préviennent en début de chapitre : « l’ensemble de ce chapitre est très empreint de culture américaine et de tendance New Age, caractérisées par une « spiritualité bon enfant ». Dans une autre culture, une interprétation à la lettre de ce qui y est décrit pourrait conduire à des pratiques déviantes telles qu’elles ont pu être dénoncées dans certaines sectes ». (Page 197).

 

Bonne lecture « critique ».

 

 

MARDEN

 

 

 

Tous les extraits en italiques et pages cités in:

 

L’Art de Dominer - Dossie Easton et Janet Hardy (dans une traduction d’Eric Bertrand et de Claire Gillie) -Tabou Editions- 2007.