BDSM Masochisme, Masochism

                                                                 Tableau © Andrew Bartosz

 

 

 

Un autre peintre fantastique que je vous laisse à découvrir...

 

 

Pour ceux que cette note étonneraient.

Le post qui suit tient du journal intime et relate des événements survenus dans la dernière quinzaine.

M. est au courant de la relation épistolaire que j’évoque ici, il l’a comprise et encouragée.

Tout comme il sait que j’en parle de façon publique ce soir.

Les mal-lisants qui croiraient y trouver entre les lignes le récit d’une envolée amoureuse en seront donc très vite pour leurs frais.  

 

 

 

Ce texte termine en quelque sorte celui d’hier au soir qui traitait de la douleur.

Parce que le vrai plaisir dans la douleur est, au fond, une histoire de masochiste.

 

Il y a quelque temps, sur le site étranger que j’aime à fréquenter, je me suis retrouvée pour la première fois confrontée à un intervenant (je l’appellerai P.) dont j’avais toujours admiré les textes personnels.

Pour aller à l’essentiel, nous n’étions pas d’accord sur un intellectuel français hédoniste que je prenais en exemple et que lui jugeait de peu d’importance.

Je n’ai pas pensé utile de poursuivre publiquement le débat puisque d’une part, il m’avait convaincue et d’autre part, parce que ces forums se déroulant « live », je sentais bien que notre petit échange ennuyait les participants (vous l’aurez deviné, c’était le « schpiltatruc » sur BDSM et Philosophie : ils préféraient donc poursuivre sur le thème « oui, c’est une philosophie et la mienne c’est…le 24/7, le TPE » ou tout ce que l’on peut imaginer.

J’ai donc continué la conversation avec lui dans un premier temps via la messagerie privée du site.

 

Très beau personnage, un de ceux que l’on aime avoir rencontrés, un par qui l’on est heureux de ce que le Net existe et puisse vous transporter à 1000 kilomètres d’un simple clic.

J’ai parlé plus haut de ses textes. On sait -ou bien l’on peut comprendre- combien je suis sensible à l’écriture.

Les textes de ce garçon (il a onze ans de moins que moi) sont superbes, tout empreints à la fois d’une féroce autodérision et d’un orgueil suprême.

Et cet orgueil qui émane de lui est fascinant. Il transparaît dans tout ce qu’il écrit, dans sa manière d’exprimer et de porter haut ses opinions.

Les notes que je connaissais de P. n’avaient -à part une ou deux (d’ordre général et non intime)- aucun rapport avec le BDSM, je le précise, ayant déjà expliqué que sur cet espace, en plus du chat -où je ne vais jamais- et du forum, il est une partie [des carnets] où l’on poste sur ce que l’on veut.

P. et une autre personne ont créé et veillent sur ce site pas facile à gérer.

 

Nous sommes ensuite passés à une correspondance par mail. J’ai ainsi appris que l’écriture était son métier (l’écriture, pas la littérature).

En ce qui concerne cette dernière, il m’a donné l’adresse d’un blog qu’il tient et où il met en ligne ses textes narratifs ou poétiques et qui, là non plus, n’ont rien à voir avec le BDSM ni avec la forme d’écriture qui est sa profession.

Et ces textes-là aussi sont pleins de cet orgueil, de cette force qui le caractérisent.

 

Certains se demanderont où je veux en venir.

 

P. est masochiste. Il me l’a dit d’une phrase. Notre correspondance n’est pas du tout basée sur le BDSM.

Mais il est masochiste.

Avec sa responsabilité de gérant de ce site (on n’a pas l’habitude de ça en France) et avec tout son orgueil.

De quoi en fiche un coup à bien des préjugés.

P. a, sans le vouloir, apporté une réponse à mon questionnement personnel sur le hiatus qui est en moi entre ma perpétuelle révolte sociale, politique et ma sexualité.

Je crois que, de toute façon, je l’avais toujours su intimement.

Le masochisme est une forme de l’orgueil et n’a, finalement, que bien peu (ou rien) à voir avec la soumission, du moins telle que la pensent et la voient tous ceux qui en remplissent des pages.

 

 

En ce moment, si P. continue à tenir activement « son » site, il n’écrit plus du tout sur  « ses » forums.

Un peu en crise.

Lassé.

Une envie, comme il dit, de silence ou d’autres rivages pour ses mots…