BDSM, AURORAWEBLOG

                                                            Photo © Nicola Ranaldi

 

 

 

J’avais les jambes longues et les cheveux frisés

Tandis que, dans mon dos, le passé était

Comme une ombre tordue et repliée.

Nous fîmes l’amour en silence

Quelque part dans un hôtel anonyme :

Il n’y avait pas de géraniums sur le balcon.

 

Nous le fîmes entre mes pudeurs et Tes instincts

J’étais en ce temps-là comme un oiseau blessé

Et Toi comme un frelon égaré dans du miel,

J’avais envie que tout soit comme en songe

Et Toi, plus pragmatique, que les choses deviennent,

Que nous tordions le cou aux lois du virtuel.

 

J’avais les mains tendues vers Tes cordes

Et le bas de mes reins offert à Ta cravache,

Le regard qui provoque pour ne pas passer pour

Mais la peur bien nouée au fond du ventre

Malgré la certitude que quelque chose enfin

D’extrême et d’important allait nous arriver.

 

Ainsi Te montras-Tu à mes yeux ce jour-là

A mi-chemin entre raison et folie mais qui sait

De nous deux qui était le plus déraisonnable !

Ainsi m’embrassas-Tu et me caressas-Tu

Entre deux de mes soubresauts sous les lanières

Pendant que celles-ci effaçaient mes hiers.

 

L’oiseau ne chercha pas à s’envoler

Et laissa le frelon reposer dans ses plumes

Et dans ces draps qui n’étaient pas de soie.

Le soir, sans qu’on le sache, peu à peu descendait.

Ce fut ainsi que je compris que je T’aimais,

Ce fut ainsi que j’entrouvris mes ailes.

 

Il y eut tant de partagé dans ces instants

Entre deux qui étaient presque des inconnus

Et ce « tant » fut amplement suffisant

Pour nous permettre de voler jusqu’au plafond

Là où les rêves, secoués, se défont

Et où l’on entre d’un seul coup dans le vécu.