BDSM et Siècle des Lumières De Voltaire à Sade

                                                           Couverture du numéro double 2198-2199 © Le Nouvel Observateur

 

 

 

Et arrive l’intrus !

Celui par qui vient bouleversé le bel ordre que j’avais pensé pour ces « Lectures d’une soumise BDSM ».

C’est cela le fait de « tenir blog » au quotidien.

Rien ne peut y être réellement prévu d’avance.

 

Ce matin, surprise quand j’achète mon Nouvel Obs !

Le numéro est consacré, en un dossier de 48 pages, au « Siècle des Lumières » …

Et quel dossier !

 

Une livraison mirobolante, parfaite, et qui s’adresse à tous : tous, oui, tous, les étudiants soucieux de leur savoir (ou de leurs examens), les raffinés adeptes plus âgés de la culture sous l’ensemble de ses formes, les libertaires agités de naissance, les « vrais » libertins dans leur noblesse d'esprit y trouveront leur compte (et s’ils acceptent de débourser un peu plus, ils auront même droit au DVD du « Valmont » de Milos Forman) tant, de toute évidence, rien n’a été laissé  de côté dans cette édition qui est un vrai cadeau de Noël pour les amateurs que nous sommes de ces « Lumières », qui nous en éclairons encore avidement plus de 200 ans après.

 

Rien, ni personne, n’a été oublié dans ce panorama magique de l’Age d’Or.

Ils sont présents Rousseau, Diderot, Laclos, Condorcet, Olympe de Gouges, Fragonard, Montgolfier, Beaumarchais et les autres.

Ne manquent pas à l’appel leurs homologues des pays européens voisins.

Un vrai festival.

Ce ne sont plus des « Lumières » mais un feu d’artifice!

 

Et le BDSM dans tout ça ?

Alors, je vais le dire clairement.

Pour moi, un pratiquant BDSM qui n’aimerait ni Voltaire, ni Sade, ni..., c’est tout simplement qu’il ne les connaîtrait pas* !

 

Et voici l’occasion de ne plus perdre de temps pour aller à leur rencontre !

Demain matin, vos kiosques seront ouverts.

Vous savez ce qui vous reste à faire…

 

Pour vous « mettre en bouche » un extrait de l'un des articles, celui qui raconte la première « Fête » de Sade, historiquement prouvée et bien lointaine de celles de ses œuvres mais qui allait, hélas, en faire le prisonnier qu’il ne cessa plus d’être :

 

 

Sade, fait divers au siècle des lanières par François Caviglioli

 

« …La fête commence. Donatien Alphonse François, marquis de Sade, fixe les places, indique les mouvements, comme s'il dirigeait une répétition. Il fait allonger Latour et Marianne sur le lit. Il fouette la malheureuse tout en «manualisant» son valet, comme on disait à l'époque. Il écrit la pièce en même temps qu'il la joue. Le marquis est un homme de théâtre autant qu'un libertin. Il a même créé le premier festival théâtral dans son château de Lacoste. Il annonce Vilar et Avignon.
La flagellation est alors très en vogue chez les gens de plaisir. L'inspecteur de police Marais, qui suivra Sade comme son ombre pendant des années, note dans un rapport qu'on trouve force poignées de verges dans les petites maisons où on se fait étriller de bonnes façons. Le siècle des Lumières est aussi le siècle des lanières.
Elle est lugubre, cette partouze fondatrice de l'univers sadien. Marianne ne recevant pas le fouet avec assez d'enthousiasme, le marquis lui présente dans un drageoir des pastilles à la cantharide, un aphrodisiaque aux effets secondaires dangereux. Elle en croque quelques-unes, mais rien n'y fait... »

 

 

* C'est des penseurs de ce siècle que nous, les gens vêtus de noir, devrions tous nous revendiquer.

Sadiens et non pas sadiques.

Mais des esprits libres.

Vraiment libres.