BDSM Le Casque De Cuir Photographie de Brassai 1932

                                                      Photo © Brassai

 

 

Parfois, en nous enthousiasmant pour l’incroyable créativité des jeunes photographes, on en arrive à oublier les autres, ceux du passé.

De temps à autre « des nouvelles nouvelles » nous montrent notre erreur…

 

On a appris tout récemment que la vente aux enchères de la « succession Brassai », après le décès de sa femme Gilberte l’an passé, s’était tenue à Drouot-Montaigne (Paris) les 2 et 3 octobre dernier, avait atteint les 5 millions d’euros et surpassé trois records mondiaux notamment celui de la photographie pour sa célèbre image  de « Pavés » datée de 1931.

 

Brassai, qui est un pseudonyme « parlant » se nommait Gyula Halasz, était né en Hongrie en 1899 à…Brasso.

Venu à Paris en 1924, il y fut l’ami des plus grands : Prévert, Picasso, Dali, j’en oublie et non des moindres. Il dessina, sculpta et photographia.

Les gargouilles de Notre-Dame.

Et la nuit parisienne dans les années 30.

Parmi les plus proches de Brassai, il y eut -et je l’avais à dessein laissé de côté- Henry Miller.

 

Le « Paris la nuit » de Brassai, c’est le Paris 1930 de Miller, celui des « Jours Tranquilles à Clichy » et c’est tout dire…

Lisez « Mara Marignan », fouillez quelques minutes dans le fond photographique de Brassai

et vous la trouverez, elle, telle que vous l’imaginez, elle et beaucoup de ses semblables.

C’est par ce livre qu’à 20 ans, j’ai découvert Brassai parce que l’édition que j’en possédais y était ornée d’une image de lui.

 

Alors, évidemment, à chercher chez qui a mis en image le Paris nocturne de ces années-là, on tombe fatalement sur des clichés qui nous « causent » BDSM.

Vous aurez compris que le terme est ici tout à fait anachronique puisqu’il n’existe pas encore en ces temps.

Mais ses femmes de la nuit ont ce côté que l’on appellera donc plutôt SM.

Professionnelles, oui, sans doute…Ça n’empêche pas d’être belle, sexuellement attirante.

 

Regardez celle-ci.

Le cliché de 1932 se nomme « Le casque de cuir ».

Dominatrice, soumise ?

Seuls les intimes de l’artiste pourraient nous le dire.

 

Elle est en tout cas superbe et vénéneuse. Si le maquillage marque bien l’époque (les mauvais coucheurs feront remarquer aussi les aisselles non épilées), l’ensemble dégage une modernité stupéfiante : le regard, le corps parfait, les sous-vêtements noirs négligemment portés et ce casque de cuir fièrement arboré.

Je voudrais la penser (la rêver ?) soumise, à cause de cette fierté. Plaide pour moi la nudité des seins.

Mais la raison (et les bras posés sur les hanches avec provocation) évoque plutôt une « dame des petites heures » qui s’apprêterait à dominer un vénérateur de passage.

M. me dit qu'il pourrait aussi s'agir seulement du portrait d'une lutteuse de cabaret, genre fort en vogue alors...

 

Qu’importe au fond ?

L’art de Brassai, qui a rejoint, sous le soleil d’Eze, le pays d’où l’on ne revient pas depuis 1984, est de nous la restituer vive à jamais dans sa beauté de fleur de macadam.

 

Sentez, sentez, humez…

Elle porte un parfum de tubéreuse.

 

 

 

 

PS : Bug sur U-blog donc note suivante ici et non pas sur la mention faite en bas des commentaires.