BDSM versus Vanilla

                                                    Photo © Steve Stanford

 

 

 

Préambule : Lorsque j’évoque ici la sexualité et la durée du « couple BDSM », il faut le lire au sens « dogmatique » de « couple strictement BDSM », évidemment…

 

 

 

Depuis longtemps déjà et on l’aura compris, quelque chose me chatouille, me gratouille dans le BDSM.

C’est à force de lire ça et là (ou même de relire) que j’en suis venue à m’interroger.

Cette insistance à se différencier des « vanille » (qui me paraît légitime en soi) et cette absence courante d’évocation de rapports sexuels autres que connotés sous les bannières de l’humiliation, de la douleur etc. m’ont amenée à examiner ce qui ne me regarde pas d’un strict point de vue rationnel mais qui m’interpelle quant à ce que j’essaye de faire passer sur ce blog, (une vision étendue et non pas la mienne seule quant au BDSM) : ce qui se passe dans le lit (la cuisine, le jardin etc.) des pratiquants.

Ah ! Tout le monde va tordre le nez ! De quoi se mêle-t-elle encore ?

 

Je voudrais savoir si le BDSM inclut réellement aussi des rapports sexuels traditionnels (je ne parle pas et le répète encore une fois exclusivement de pénétration ou de position du missionnaire).

Cette question est d’importance pour moi. S’il s’avérait que pour la majorité des « adeptes », une relation sexuelle « classique » est inenvisageable, impossible, et que seules les descriptions d’actes intimes sont celles que l’on trouve dans les romans, récits de sites dédiés et surtout de blogs, alors je ne me réclamerais plus seulement de cette « sexualité ».

 

Erotiquement, sensuellement, je suis cinquante pour cent « vanille » et même cinquante et un pour cent puisque j’estime que ce sont les caresses les plus usitées, le temps qu’on leur apporte, la tendresse et l’attention qu’on met en elles qui ME* font le plus « décoller ». JE** ne jouis pas à la seule pensée ou sous le seul effet d’un martinet.

 

Voilà, c’est dit.

Je sais d’ailleurs pertinemment que, si un jour -ce qu’à Eros ne plaise- M. et moi nous séparions, je ne retournerais pas sur un chat pour y chercher un maître (oh, la la...rien que d'y penser, quand je lis les CV !!!!) .

Et que, dans ce cas, je mour(i)rais vanille !

 

Ce blog m’aura, en m’amenant à aller voir partout, fait faire ce trajet qu’il ne sous-entendait pourtant pas au départ.

Mais sincèrement, et je fais là de l’ « outing », ce que j’ai pu cueillir ici comme là m’aura convaincue que, non, je n’étais pas exactement dans la ligne et c’est le moins que l’on puisse dire.

Les textes que je trouve, sempiternels morceaux de « chair de chienne », de descriptions de mises en scène de la douleur sexuelle (par objets etc.) les « rapports multiples » (pourquoi le maître en est-il si souvent voyeur seulement ?), les « prêts » de soumise voyageant par train seule et la répétitivité de leurs séances SM à l’arrivée, ne m’ont que confortée dans ce sentiment que le « sexe BDSM », s’il a la transgressivité de la brutalité qui lui est inhérente -et à laquelle j’adhère- en plus, a la sensualité de la douceur -à laquelle j’adhère aussi- en moins.

Mais moi, je suis faite ainsi, les deux me sont nécessaires et si véritablement je ne devais en garder qu’une, je garderais la seconde.

 

Lorsqu’il m’arrive de « tchatter » encore un peu (rarement), j’oriente les discussions dans ce sens. Et bien, là non plus, « live », les réponses ne sont pas claires : ma question étonne beaucoup en tout cas. L’idée de parler en plus du sexe « vanille » est tabou.

Je ne sais pas quoi en déduire donc.

 

 

Il y a une semaine que je suis  en train de tirer la langue car sur mon bon forum italien, quelqu’un a fini par avoir l’idée de poser la même question sous forme de sondage. Les résultats ont été publiés ce soir.

 

C’était :

Le fait de faire l’amour « classiquement » entre-t-il dans votre BDSM ?

Il y a eu 362 votants et cela donne en pourcentages :

 

-Oui, toujours : 16,85 pour cent.

-Assez souvent : 19,89 pour cent.

-Si l’autre le désire : 33,43 pour cent.

-Quelquefois : 14,09 pour cent.

-Jamais : 15,75 pour cent.

 

 

On pensera que je dois être rassurée.

Et bien, pas vraiment...

Parce que « le gros de la troupe », celui qui fait basculer la réponse vers le « oui » (les 33,43 pour cent) le fait...« si l’autre le désire ».

Et je n’arrive pas à interpréter cette formule (vous pourrez si vous le souhaitez me dire comment vous la lisez, vous, et cela m'aidera à rectifier, peut-être, le sens de cette note).

Il ne me vient qu'une idée (donc pas forcément la bonne).

Ce « si » et cet « autre » impliquent-ils que « l’autre » est variable ?

Dans ce cas, on retomberait sur nos pratiquants « nomades », ceux/celles que j’ai retrouvé(e)s en provenance du chat que je fréquentais en 2001-2002 sur un autre depuis maintenant plus d’un an et qui courent toujours, avec le même profil et la même recherche, derrière la même baleine blanche sans la trouver jamais…

Et alors, cela reposerait aussi du même coup l’autre question problématique qui tient à la durée et à la réussite du couple BDSM…

 

Le sondage, si l’on additionne les deux dernières lignes, donne tout de même trente pour cent de réponses négatives. C’est beaucoup si l’on considère le tas médian des 33,43 pour cent dont on ne peut savoir comment ils s’y ajoutent ou non.

 

Mais si j’ajoute, moi, l’incrédulité que j’ai acquise en ces cinq années (dont trois et des poussières de blog) sur le temps qui est « imparti » à un couple BDSM -le fait entre autres que nombreux soient ceux qui pour lui éviter de se « faner » aspirent à un « trio »-, je suis de plus en plus sceptique.

 

De toute manière, mon clou reste cette question « Combien de temps peut-on réellement vivre complètement hors sexe-calin ? » (même si au début le plaisir, la jouissance sont invariablement au rendez-vous, qu'en est-il ensuite?) et tant que je n’y aurai point obtenu de réponse, preuves (textuelles) à l’appui, je serai le « [vilain petit] canard du doute »…

 

 

 

NB : Cette note ne se veut en rien provocatrice. Elle est, à l’image de mon weblog, une forme de questionnement intime que j’ouvre aux autres aussi comme toujours (d’où le mot « débat » dans le titre de la note de ce soir).

Je l’ai déjà clairement expliqué et j’y reviendrai, je suis et demeure avant toute chose une « forumeuse ».

Les constatations que je fais sur ce post se basent sur des lectures de sites, de blogs et de romans -comme dit plus haut- à connotation BDSM clairement revendiquée et où l’acte sexuel « banal » n’est absolument jamais évoqué.

 

 

 

* et **: On notera que je ne parle QUE pour moi et n'entends en rien que mon opinion puisse valoir plus que celle de n'importe qui d'autre.

 

 

 

PS : Et un « In Memoriam » chez Oiselle

http://www.u-blog.net/oiselle/note/20

 

 

 

PS : Bug sur U-blog donc note précédente ici et non pas sur la mention faite en bas des commentaires.