H COMME HARD ...  

 

Il est une formule bien connue qui consiste à dire que « la pornographie, c’est l’érotisme des autres ».

Appliquée à notre sujet, on pourrait dire qu’en BDSM, le « hard », c’est toujours le « soft » des autres…

 

Je vous parlais avant-hier de nos chapelles, du dédain, du mépris qu’elles se vouent entre elles, de leurs querelles sanglantes tant nous sommes protéiformes et ne pouvons nous reconnaître dans un sigle » qui d’ailleurs viendrait fort mal à propos pour désigner une façon de ressentir sa sexualité qui n’appartient qu’au domaine de l’intime et non à une quelconque revendication de reconnaissance par la société.

 

Alors, comme chantait Gainsbourg, « Qui est in, qui est out ? », chez nous, qui est hard, qui est soft ?

 

Insondable question…

 

Il est évident que les pratiques BDSM sont une constante progression d’un individu d’un couple, et que ce qu’une personne considèrera hard en entrant dans ce monde, elle pourra le trouver tout à fait soft quelques expériences ou quelques années plus tard ( je vous renvoie à mon post C come Canne)…

 

En fait, voici encore une étiquette inutile, chacun ayant des attirances plus ou moins claires, plus ou moins affirmées pour certains jeux, d’autres manifestant de la réprobation pour les mêmes jeux mais réalisant dans leurs alcôves des scènes qui horrifieraient les premiers…Ceux qui aiment les pinces trouveront la bougie très hard, ceux qui s’adonnent à la bougie ne supporteront pas les pinces et les placeront dans la « rubrique » hard…

 

L’ensemble étant de toute façon regardé de travers par le sens commun de la morale et tous les braves gens du monde « vanille », comme il se dit chez nous, c’est à dire ceux qui ont une sexualité traditionnelle. Pour ceux-là, nous sommes tous hard… Alors…

 

L’image qui illustre ce post provient de l’album de photos de Madonna, le fameux « Sex » publié en 1992 et duquel elle refuse depuis toute nouvelle réédition.

Vous la trouvez hard, vous cette image ?

Et bien moi, oui…

A cause de la fine mise en scène artistique du photographe, Steven Meisel, créée pour justement dégager cette impression… De la composition de l’image en pêle-mêle bardé d’épingles et d’agrafes.

Donc, elle n’est hard que parce qu’elle désire l’être. Nuance de taille.

 

 

Quant à moi, suis-je hard, suis-je soft ?

Soft, assurément, selon mes propres critères bien sûr, si ce n’est qu’au fil de ces quelques années j’ai fini par acquérir la certitude que oui, il y a sans doute chez nous un petit noyau de personnes qui jouent hard, vraiment hard , mais que si l’on s’en fiait seulement aux témoignages écrits des uns sur certains forums ou aux annonces des autres sur certaines listes, le BDSM est vécu hard par quasiment tous…

 

Sauf que, à l’usage, avec l’habitude, on finit très vite par constater que ce sont ceux qui crient le plus fort qui jouent justement le moins fort…

 

Peut-être en fait une bonne nouvelle définition de ceux que je nommais, il y a quelques posts, des « fantasmeurs »….

 

Et aux yeux desquels, si, sortant de leur monde virtuel, ils me voyaient un jour , je passerais certainement pour quelqu’un de très hard.