Bondagette

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Comme il m’est arrivé parfois de l’expliquer ici, il est des personnes qui pratiquent le bondage comme un jeu érotique qui se suffit à lui-même.

C'est-à-dire, si vous préférez, qu’ils n’ont rien à faire de l’acronyme BDSM.

Ils prennent le « B ».

Point final.

Ils bondagent, purement et simplement.

Chez eux, pas de D/s, pas non plus de SM.

 

On l’aura bien compris, nos pratiques autres ne les concernent pas.

Certains sont des puristes de l’inspiration japonaise (shibari ou encore kinbaku - même si ce dernier mot en soi ne convient pas vraiment s’ils sont « puristes ») ou du bondage anglo-saxon (ils citeront alors John Willie comme un inspirateur).

D’autres, de libres esprits qui laissent courir leur fantaisie.

Si certains mâtinent leurs « compositions » esthétiques d’un soupçon de poivre en plus, ce sera de « fetish » dans les textures des vêtements ou dans l’attrait pour les chaussures.

 

Et c’est une très bonne chose que le bondage, si beau de par lui-même, puisse être une fin -qui justifie les moyens- non conditionnée par le BDSM.

 

J’ai, tombant par hasard sur l’un de leurs forums, découvert que la femme bondagée dans leurs règles est alors appelée « bondagette ».

C’est joli, cela a quelque chose de ludique et, on le sait, je préfère tout ce qui vient du « ludus » aux grises mines des BDSMeurs qui s’y croient…

De plus, il y a longtemps que j’utilise moi-même volontairement l’adjectif « bondagée » tout en sachant parfaitement que j’ai tort et que c’est celui de « bondée » qu’il convient d'employer.

Je n’ai jamais pu me faire à celui-ci.

Bien qu’en connaissant l’étymologie, il n’empêche que pour moi, je le vois « phantasmatiquement » lié (c’est l’occasion de le dire !) à la « bonde » de la baignoire et ça me défrise aussitôt l’érotisme.

Comme quoi, le pouvoir des mots n’est autre que celui que chacun lui attribue et un mot est bien souvent un son avant tout.

« Bondagée » m’est douce musique, « bondée » me gâche le tympan…

 

« Bondagette », avec son tendre suffixe diminutif (je n’ai pas trouvé comment les « bondageurs purs et simples » nomment les « attachés » si ceux-ci sont du sexe masculin) a quelque chose d’agréable, de désuet, de léger, comme le mot « chansonnette »…

 

Mais je n’en serai jamais une…de Bondagette...puisque je me situe dans la sphère qui reconnaît les trois autres lettres qui suivent le B : DSM…

 

 

Me croirez-vous ?

J’en ai presque un regret.