Photo © Dolce e Gabbana Photographe ???

 

 

 

Voici, toujours via le magazine féminin « Elle » d’hier, un scan du dernier visuel de la campagne publicitaire de Dolce e Gabbana pour l’hiver 2007.

La photo est belle, les escarpins qu’elle promeut sont magnifiques (sur mon écran, le scan respecte le doré de leur image originale, doré qui sera, avec le rouge, l’une des couleurs-phares de la saison - conseil d’amie, ne pas mélanger les deux, sous peine de « faire » à la fois et Fonelle et Bianca…).

 

Sur quoi joue-t-elle pour attirer notre regard ? Trois thèmes se détachent à l’évidence : l’androgynie, le fétichisme et le BDSM « courtois ».

Mais, à bien y regarder, il y a bien moins de nouveau sous le soleil qu’il ne pourrait y paraître.

L’androgynie ? Ici, un Casanova au féminin, Mylène Farmer (et d’autres, fetish-modèles) nous y ont habitués depuis longtemps.

 

Le fétichisme du pied, de la cheville, de la chaussure ? Guy Bourdin les traita avec un esprit bien plus transgressif dès les années 75.

 

Le BDSM « courtois » ? Le soumis-soumise faisant allégeance devant celle qui domine ?

Là, l’androgynie gâte tout. Il eut fallu avoir le courage d’aller au bout de l’idée et de saisir une image de vénérateur vraiment masculine pour qu’un effet choc vienne donner un peu de « sel » à la photographie.

 

Je me demande donc en définitive à quelle clientèle cette publicité s’adresse et qui l’a choisie. A part avoir donné carte blanche au photographe (dont je n’ai pu trouver le nom) qui aurait ici « mis en scène » un fantasme personnel, la chose reste obscure.

 

Une femme n’achètera pas ces chaussures sur la seule base d’un coup de cœur pour cette publicité qui ne lui renvoie pas une image assez sexy d’elle-même (au vu des pourcentage hétéros-bi-lesbiennes, un homme eut été  un bien meilleur adorateur de pied, plus valorisant pour un ego féminin que cette jolie brunette en catogan).

 

Un homme ne chavirera pas, pressant sa compagne d’acquérir ces escarpins, seulement parce qu’ils sont mis en valeur par le « duo féminin » (« une femme avec une femme » étant censé être le fantasme masculin le plus répandu).

Ici, la photo est bien trop éthérée pour le renvoyer à celui-ci (Dior ou Gucci ont fait nettement plus fort en tapant juste dans cette « gamme » précise bien des fois).

 

Reste le plaisir d’une belle photographie de mode, bien léchée (c’est le coup de le dire).

Esthétique.

Agréable.

Superficielle.

Et inutile.

Comme seules les « grandes maisons » peuvent se le permettre…

 

 

 

 

PS : Sur Cachan et le RESF, en urgence, signez la pétition :

 

http://www.u-blog.net/oiselle/note/6