Photos © Twentieth Century Fox France

 

 

Pour conclure ma « série mode », il est normal que je vous présente « Le Diable s’habille en Prada ».

Je sais bien qu’il ne sortira que mercredi prochain mais il se trouve que je l’ai déjà vu.

 

Aux tous premiers jours de juillet, j’étais tombée par Technorati sur un blog BDSM américain, celui d’une toute jeune « Mistress » qui sortait de voir ce film et qui était dithyrambique dans l’éloge qu’elle en faisait.

On sait que le dithyrambe a pour effet, sous le coup de l’enthousiasme, de rendre les paroles grandiloquentes mais aussi le style très pauvre.

Juste assez en l’occurrence pour que moi, qui ne touche pas une bille à l’anglais, comprenne qu’elle voyait là-dedans un truc SM métaphorique et qu’elle le situait à la hauteur du film « Secretary ».

Elle concluait en disant que « Toutes les Dominas s’y régaleraient »…

 

J’ai donc fait des pieds (et des mains mais surtout des pieds, je vous ai mis les deux affiches -celle que l’on verra finalement en France et celle qui n’a pas été retenue- pour que vous compreniez bien pourquoi « des pieds ») pour voir ça en avant-première.

Et pour en finir avec le thème du pied, j’ai le plaisir d’annoncer que j’ai depuis trois jours des escarpins à talons aiguilles avec lesquels je peux, pour la première fois de ma vie, marcher !!!

 

« Le Diable s’habille en Prada » est une excellente comédie. Maintenant, où irait se nicher le BDSM là-dedans et pourquoi les Dominas auraient plus de plaisir à ce spectacle qu’un quelconque quidam, je me le demande encore.

Et je ne vois pas le rapport avec « La secrétaire » qui était, lui, un film très éloquent.

 

Mais reste que voilà, dans cette rentrée cinématographique très sérieuse, un film pas bête du tout et qui divertit pleinement.

Je n’avais pas lu le roman de Lauren Weisberger, best-seller traduit dans le monde entier, et c’est tant mieux puisque l’on dit que le film le surpasse.

Je ne connaissais pas plus le réalisateur, David Frankel que l’actrice Anne Hathaway qui partage ici la vedette avec Meryl Streep.

 

Meryl Streep, c’est l’actrice qui a ce don incomparable de transformer toutes ses apparitions sous les feux des projecteurs en moments inoubliables. Même les 101 Dalmatiens étaient supportables grâce à elle (tiens, y avait pas quelque chose de SM dans çui-là ?). [Réédit 22/09 :Ici, la blogueuse -par ailleurs mère irréprochable- reconnaît sa nullité en matière de cinéma enfantin puisque comme on le lui a fait remarquer dans les commentaires plus bas, c'est Glenn Close qui est "Cruella" dans les 101 Dalmatiens"...] 

 

Dans «Le Diable s’habille en Prada », Meryl Streep incarne Miranda Priestly, rédactrice en chef de « Runway » un magazine de mode qui n’est pas sans rappeler « Vogue ». Journal prestigieux, international, faisant la pluie et le beau temps dans le monde de la couture et des accessoires qu'elle "manage" d'une main de fer dans des gants de velours, certes mais seulement s'ils sont "tendance".

Une seule moue d’elle devant une collection présentée en comité restreint et voilà le styliste qui repart à zéro, ses cartons sous le bras, pour revoir sa copie.

Femme diabolique, machiavélique, froide, insensible, hautaine, toute puissante surtout.

 

Par un concours de circonstances dû à l’humeur d’un matin, elle en vient à engager comme seconde assistante Andrea, qui vient de sortir d’une école de journalisme.

Cette Andrea, diplômée promise à un bel avenir, est tout à fait étrangère au monde impitoyable et futile de la mode. Elle décide pourtant de s’accrocher et de rester dans les coulisses de « Runway », à faire des courses et apporter des cafés  à la tyrannique égérie « fashion » car elle espère que ce poste pourra lui servir de rampe de lancement pour le domaine qu’elle souhaite atteindre.

Elle va donc avaler humiliations et couleuvres et surtout se retrouver quasiment prise au piège de la fascination que l’odieuse patronne exerce sur elle, risquant d’y perdre au détour du chemin ses amis, son amour et son âme…

Mais la pire des deux est-elle celle qu'on croit?

 

Dans ce film, l’univers de la mode et de sa presse (les défilés, les collections, les couvertures) sont parfaitement décrits. Dans la lignée du « Prêt-à-porter » de Robert Altman qui, ma foi, est une référence.

La prestation des deux actrices qui se révèlent l’une colosse aux pieds d’argile et l’autre colombe prête à devenir vautour est convaincante. Un acteur aussi y est remarquable, c’est Stanley Tucci.

Le cinéma US renoue donc ici avec son meilleur atout : la comédie de genre, enlevée et brillante.

Seul le « happy-end », très américain, vient hélas laisser une légère déception après presque deux heures d’un voyage entre sourires et grincements de dents dans un véritable noeud de vipères où piquer est la seule manière de survivre…

 

Bref, je vous le conseille vivement pour mercredi prochain.

 

D’ici là, rediffusion ce soir (jeudi 21/09) à 23h 30 sur France 3 de « L’Empire des Sens », chef d’oeuvre japonais de Nagisa Oshima (1976), choisi comme faisant partie des trois films les plus importants du BDSM sur le forum italien que je fréquente. Personnellement, j’exprimerais volontiers quelque doute quant à cette « classification ».

 

Quitte à chercher du SM quelque part, autant aller le faire dans le nouvel album d’Elli Medeiros dont le premier « hit », intitulé « Soulève-moi », est tout à fait, lui, dans le ton…

« Explicit lyrics », comme on dit, « Je suis fière de toi comme une pute de son mac » n’étant que le début…

(Le « Portrait » de ce jour sur Libé ici, le titre à l’écoute -sur une page en date du 8 avril mais bien en ligne- et le clip en rab.)

Une chanson « coup de poing » qui ravira et remuera ceux qui seront allés jusqu’au bout de cette note...

Vous qui cherchiez un hymne, en voici enfin un. 

Cadeau Bon-Us!

 

;-))