F COMME FIL CONDUCTEUR (6 et fin)...

 

     

Pour un dernier soir, ce n’est pas moi que vous lirez mais un texte savoureux et tout à fait « dans ma ligne », venu tout droit du Canada, qui raconte le voyage au pays du BDSM d’une jeune journaliste nommée « Satanique »… J’ai dû, pour vous le livrer, le découper en six chapitres ( comme l’auteur l’a fait, d’ailleurs ) car c’est une fort longue enquête et que je sais que le temps de lecture passé sur un post n’excède pas les deux minutes en règle générale (dixit E-Stat !)…

 

 

PS : Ce texte dans sa version originale est disponible sur :

http://levillagelibre.naucelle.com/index3?page3=bdsm11

 

journal en ligne généraliste d’actualité fort intéressant par ailleurs …

 

 

 

6-LE CONSENTEMENT MUTUEL

Pour quelqu’un de l‘extérieur, les deux partenaires d’une séance de domination peuvent sembler complètement tarés. Il faut retenir une chose : ils sont tous les deux d’accord. Il n’y en a pas un qui fait des choses à l’autre contre son gré. Les deux partenaires aiment ce qu’ils font, ils ont choisi de le faire ensemble. D’où la notion de «consentement mutuel». Le consentement mutuel, c’est ce qui distingue le BDSM de la violence. Avant de se rencontrer pour la première fois, les deux partenaires négocient, s’entendent sur ce qu’ils aiment et sur ce qu’ils vont faire ou accepter. Ils fixent des limites, essaient de prévoir ce qui pourra arriver et se produire.
Par opposition, on parle de violence lorsqu’une personne va en battre une autre sans lui demander si elle est d’accord ou non. Dans une séance de BDSM, les deux partenaires conviennent d’un signal d’arrêt. Lorsque la soumise le prononce, quelle que soit la raison (émotive, physique ou autre), le Dominant cesse immédiatement toute activité. Il y a violence lorsque personne ne peut interrompre la crise en cours – un homme tape sur une femme, par exemple, jusqu’à ce qu’il décide d’arrêter. Dans une séance de BDSM, chacun se préoccupe des besoins, des désirs et des limites de l’autre ou des autres personnes. Après, tout le monde se sent bien parce que chacun des partenaires a voulu ce qui s’est passé.
Ce qui n’est absolument pas le cas dans une scène de violence.

Les adeptes du BDSM savent qu’ils ne doivent ni boire ni se droguer avant et pendant une séance. Dans les cas de violence, l’alcool et la drogue sont souvent en jeu. Puisque le BDSM se fonde sur le consentement mutuel, rien ne vous oblige à accepter quelque chose qui vous déplaît. Malheureusement, nombre de soumises ne savent pas ce qu’elles veulent ou pénètrent dans le monde du BDSM pensant y trouver l’amour. Ce sont celles qui se font exploiter, parfois de façon dangereuse. Une personne sérieuse insiste sur le fait que le BDSM se pratique en toute sécurité, de manière saine et avec le consentement de tous les partenaires. Si tel n’est pas le cas, laissez tomber.

Contrat d'esclavage


Certains adeptes du BDSM sont tellement accros qu’ils décident de vivre leur passion en couple, à plein temps. Ils vont même jusqu’à signer un contrat d’esclavage dans lequel sont définies les principales conditions de leur relation. Ces contrats, dont on trouve des spécimens sur Internet, lient le Maître et son esclave pendant une certaine période. Ils n’ont aucune valeur légale mais sont pris très au sérieux dans le monde du BDSM. La preuve, lorsqu’un contrat n’est plus respecté, le couple se dissout. En gros, le Maître, grand seigneur, daigne accepter le don que l’esclave lui fait de son corps. Il jure d’en prendre soin et, en échange, l’esclave se soumet à sa volonté totale. Suit une description de ce que l’esclave doit faire ­ obéir au Maître, le respecter, se soumettre, etc. sinon attention au fouet.

Le respect du signal


Le contrat définit aussi les devoirs du Maître, les limites et garantit le respect du signal d’arrêt. Comme tout le reste, il se négocie et se renégocie à intervalles réguliers. Si ce mode de vie vous tente, vous trouverez sur Internet des Maîtres à la recherche d’esclaves ainsi que plusieurs contrats qui vous permettront de vous faire une meilleure idée de la relation que vous pouvez envisager dans un tel contexte. À suivre... La séance Vient le moment de la séance, qui permet de concrétiser tous ces fantasmes évoqués sur le Net. La séance peut se limiter au Dominant et à la soumise. Elle peut aussi faire intervenir plusieurs participants et être organisée chez des particuliers. Chacun arrive avec sa soumise et ses jouets. Ou elle peut encore avoir lieu dans un lieu public. On trouve des annonces sur le Net, dans le genre :
Grande soirée SM le premier samedi de chaque mois. Lieu magique, ambiance dentelles, cuir et bougies. Avec tous les accessoires indispensables (carcan, cage, table à fesser, croix de Saint-André). Latex, cuir, vinyle, uniforme, bizarre, fetish ou tenue noire de rigueur. Pour bien finir le week-end, venez prendre un verre et dégustez notre buffet dans un donjon. Dress code : cuir, vinyle, latex.
Soirée SM dans des salles magnifiquement aménagées (caves médiévales, bar spécial, salle de restaurant style château, section SM) réservées aux personnes averties. Rencontres, exhibitions et séances hard dans une ambiance conviviale et perverse. N'oubliez pas vos cravaches, colliers de chien, etc.

Dans un cadre médiéval, venez passer une soirée qui débutera par un dîner gastronomique et se poursuivra dans nos diverses alcôves pour vous laisser aller à vos fantasmes les plus pervers. Nous vous attendons à partir de 22h30, pour une soirée SM. Fétichistes, amateurs de belles soumises, couples coquins rendez-vous en tenue cuir, latex, vinyle ou en uniforme pour passer une excellente soirée.

Une certaine confiance...


Mais dans quel monde étrange vivons-nous ? Un monde bizarre, où le cuir et le latex triomphent (chez ceux qui sont habillés) et où la soumise remercie le Dominant de l’avoir bien fouettée. Que ce soit en public ou en privé, les partenaires s’entendent sur le programme des festivités. Une séance peut se limiter à une fessée ou inclure diverses tortures. Le sexe tel que connu dans une relation dite normale n’est pas toujours au menu. Si tout va bien, une certaine confiance s’installe. Alors les deux partenaires restent en contact, renégocient, repoussent les limites, apprennent à mieux se connaître et préparent une deuxième séance.

L’intensité s’amplifie. Le Dominant assume de plus en plus de responsabilités. Il perfectionne ses techniques. Autrement dit, il apprend à ficeler sa partenaire, à la fouetter et à la torturer sans trop la massacrer.
Le rituel veut aussi qu’après une séance, surtout si elle a été très intense et a touché à des sentiments refoulés, les deux partenaires se fassent part de leurs émotions. Il arrive que la soumise en soit incapable. Le dominant lui demandera alors de le faire par écrit et de lui envoyer ses impressions par Internet. N’oubliez pas, enfin, qu’il y en a qui se contentent de vivre leurs fantasmes sur le Net – on appelle ça du cybersexe -, et qui n’auront pas toujours la franchise de le dire. Si Père Fouettard trouve excuse après excuse pour retarder la rencontre dans le réel, vous saurez à quoi vous en tenir.



Scénarios catastrophe


Attention novices… danger ! Sous l’influence du Net, on trouve de plus en plus d’hommes et de femmes sans expérience qui pensent avoir l’âme de Maîtres ou de soumises et qui aimeraient donc vérifier. Ils affichent une annonce sur un site alternatif pour trouver un partenaire et, comme le mentionnait Sir Roderick au début de ce chapitre, souvent l’élu (ou l’élue) habite assez loin.
La relation virtuelle, qui commence par des échanges électroniques et se poursuit par des conversations téléphoniques peut, selon la distance qui sépare les deux aventuriers, se prolonger pendant un certain temps. Nos deux complices commencent alors à se faire des idées, à s’imaginer divers scénarios. Lorsque vient le moment de se rencontrer, ils ont l’esprit plein de ces fantasmes accumulés au fil des semaines ou des mois. Danger ! Nombreuses sont celles qui oublient alors toutes les règles de sécurité parce qu’une certaine confiance s’est installée pendant ces échanges.

Un autre problème guette les novices éloignés les uns des autres. Vu qu’ils sont obligés de se déplacer, ils prévoient une première séance lors du premier rendez-vous et ils veulent qu’elle dure longtemps. En fait, ils veulent en profiter pour concrétiser tous leurs fantasmes. La soumise est prête à tout accepter et à repousser des limites qu’elle ne connaît même pas encore pour plaire au Dominant et ce dernier va tout faire pour prouver qu’il est un bon Maître. Ce genre de situation se termine en général en catastrophe.

Ilote est une jeune Niçoise qui avait des fantasmes de soumise (elle ne les a plus !). Elle a rencontré Spartiate sur le Net, un Parisien qui avait, lui, des fantasmes de domination. Ils se sont écrit et téléphoné pendant près de six mois avant de se rencontrer chez lui. Après avoir tant attendu, après avoir tant échangé, après avoir tant rêvé, ils ont décidé de passer immédiatement à l’action et d’organiser une séance. Il en a profité… pendant 20 heures. Après s’être remise de ses émotions, Ilote a porté plainte contre Spartiate en l’accusant de viol, de violence, de sodomie, de bondage, de torture.

Le munch


Les munches Une façon de rencontrer les gens en toute sécurité dans le secteur du BDSM, c’est d’assister à un munch ou rendez-vous dans un restaurant. Le troisième dimanche de chaque mois, par exemple, les adeptes du BDSM de la région parisienne se retrouvent en toute amitié autour d’une pizza. C’est l’occasion pour les vieux de la vieille de partager leurs dernières expériences et découvertes.
Pour les novices, de plus en plus jeunes et de plus en plus nombreux, un munch permet de se renseigner, de faire des connaissances, de prendre des références sur un correspondant encore virtuel ou même de rencontrer, dans une atmosphère détendue et sûre, celui ou celle avec qui ils échangent depuis quelque temps et aimeraient organiser une séance. Là, pas de cuir, pas de latex, mais des vêtements qui ne laissent rien deviner des perversions de ceux qui les portent.
Un indice pourtant… Sur les étiquettes les identifiant, le nom d’un dominant commence toujours par une majuscule (Roderick), celui d’une soumise, par une minuscule (pivoine). Quant à ceux qui préfèrent laisser planer le doute, ils écrivent leur nom tout en majuscules (STEPHEN ou NIKKI). Il y a des munches dans les grandes villes, aussi bien en Amérique du Nord qu’en Europe. Ils sont annoncés sur Internet.
Certains munches peuvent aussi se terminer dans un bar fétichiste ou dans une boutique spécialisée dans l’attirail BDSM. Pour certains, il est plus facile d’aller dans de tels lieux en groupe pour une première fois que seul. Vous vous rendrez très vite compte, dans les munches, que la communauté BDSM est relativement petite et que tout le monde se connaît. Profitez-en pour prendre des références si vous avez à le faire – c’est l’endroit idéal.
Enfin, le BDSM a aussi ses forums qui permettent aux soumises et aux dominants de poser leurs questions et de partager leurs expériences.

Satanique