Ecriture BDSM AURORAWEBLOG

                          Tableau ??? © Norton Simon’s Museum - Los Angeles.

 

 

Comme l’a fait judicieusement remarquer hier Plasoc, j’ai changé de Fuseau Horora. Si je date toujours mes notes de 23 h 59, je les passe plus tard.

Elles s’inscrivent ici lorsque je suis sûre de  ne pas rester les doigts collés à mon clavier.

38 degrés, c'est trop!

 

Pourvou qué ça né doure pas ou jé finirai comé oune flaqué d’O…

 

 

Préambule : Ce texte ne concerne pas plus les blogs que les forums en général mais ceux « BDSM » qu’il m’a été donné de connaître d’une façon ou d’une autre.

Il est une tentative de comparaison entre l’attitude que l’on a sur l’un et sur l’autre.

En aucun cas, il ne peut donc concerner des blogueurs connotés « BDSM » qui n’ont jamais été membres de forums. Le fait doit être clair et net dès le départ.

 

Il y a quelques jours, je m’interrogeais sur la dichotomie régnant entre les blogs BDSM italiens (tous rigides et dans la ligne du BDSM strict) et leurs forums où la discussion polémique va bon train.

Et je me demandais : si le forum relève de l’Agora et le blog de l’intime, où l’individu est-il le plus sincère ? J'avais alors promis d'y répondre.

 

Je regrette le temps des forums BDSM.

Oh ! Que je m’explique vite : le terme est au pluriel (j’aurais même dû écrire les « fora »).

Je ne parle donc pas d’un seul (celui dont je fus évincée).

Non, non, les forums BDSM, à ma connaissance (puisque je ne sais rien de l’époque « Usenet »), ont commencé à être vraiment actifs en France par celui auquel je n’ai jamais participé, qui se nommait BDSM.fr, et que M. cite toujours comme un modèle. Il était même « doublé » d’une Association 1901.

Je n’en sais qu’une chose : c’est que Véronique Poutrain s’est appuyée sur celui-ci pour développer la plupart de ses thèses dans son excellent « Sexe et pouvoir- Enquête sur le Sado-Masochisme- Editions Belin - 2003).

Apparemment donc, ce qui s’y partageait, ce qui s’y affrontait était de qualité.

 

Lorsqu’il ferma, ses plus belles plumes se retrouvèrent sur l’autre (le fameux, oui).

Il y eut une très belle saison là-bas, un temps bref où beaucoup de points de vue vinrent à la lumière.

C’est quand la modération intervint qu’il vira à la foire d’empoigne, de par le parti pris de quelques-uns, à commencer celui de ceux qui le dirigeaient. On ne peut, hélas, être juge et partie et, à avoir voulu donner une ligne éditoriale drastique, advint ce qui devait advenir : il s’éteignit doucement en deux ans et demi.

 

Ce n’est certes pas mon départ manu militari qui lui porta ce coup fatal (ma « feuille de route » datant de bien plus de trois ans, je ne me fais pas plus grenouille que bœuf en ce qui concerne leurs aléas) mais de micro-drame en micro-drame, les gens renoncèrent à s’y exprimer.

Je ne m’en réjouis pas.

Au pire, je m’en fiche. Cette histoire n'est plus la mienne.

Au mieux, je le déplore. Le vide n'est jamais bon.

 

D’autant plus que je connus un autre forum juste après. Sans y intervenir : une expérience m'avait suffi.

Le scénario fut le même à peu de choses près. Tout alla bien jusqu’à ce que le webmestre en confie la modération à une de ces femmes qui voient dans ces « petites chefferies » l’occasion de se mettre en valeur. C’est celle que j’ai évoquée quelquefois en la nommant « moi, mon Dom, mon bon Dom, moi ».

Aujourd’hui, plus aucun débat ne se tient là-bas non plus.

 

Enfin, il y eut le cas des « listes » fermées par MSN cet hiver mais tous ceux d’entre nous qui les ont connues savent que depuis deux ans elles périclitaient en prises de bec vasouillardes.

 

Etait venu le temps des blogs.

Toutes les personnes intéressantes que j’ai eues à « rencontrer » sur ces forums tiennent blog aujourd’hui.

Qui très bien et fidèle à soi-même.

Qui beaucoup plus mal.

Je connais des hyènes de forum qui sont devenues des blogueurs chattemites.

Comme si, parce que le blog est nombriliste par excellence, il fallait y gommer toute once de possibilité de diatribe afin que soit préservé l’ « ego ».

Il devrait, de fait, n' y avoir aucun rapport entre blog et forum. Il s'en crée un fatalement par le biais des commentaires et c'est là que les choses ne tournent pas à l'avantage du blog.

J’ai assez souvent parlé de ces embrassades et compliments sur 45-50 commentaires qui ne laissent pas de m’interpeller.

Là, le blogueur (la blogueuse) répond par un commentaire (voire deux, ce qui double le nombre une fois de plus) à chaque visiteur, remercie, fait sa roue de paon.

Tout va bien. C’est le « je » encensé qui règne.

Mais la vérité ?

 

Les forums (au temps de leur liberté, insistons lourdement sur ce terme) étaient passionnants, les arguments qui s’y confrontaient s’opposaient souvent mais étaient dans les règles de la dialectique.

Comme « soumise », je me suis faite sur l'un de ceux-là et je ne l’oublie pas.

Si je n’en garde aucune reconnaissance (et pour cause !) aux « tauliers », j’en ai beaucoup pour celles et ceux qui me firent réfléchir et me positionner.

On ne devient pas si l'on ne se confronte pas.

Ici, la phrase est valable pour toutes les étapes de la vie et ne se réfère pas au seul BDSM.

 

Sur le blog, dès que celui-ci s'ouvre à débat, au moindre point un peu litigieux soulevé, vous retrouvez non des arguments mais des injures qui vous sont directement adressées à vous et à vos commentateurs (c’est arrivé ici sur des notes du mois passé cette nuit).

Ou bien vous recevez des conseils. Certains ont cru bon il y a quelque temps de me dire de bloguer seulement « culturel-poète ».

Alors, on efface.

Parce que c’est un blog, pas une arène et que je ne me laisserai pas insulter, ni insulter mes invités.

Ou bien l’on se fâche.

Parce que les conseilleurs ne sont pas les blogueurs.

 

Mais j'ai la nostalgie des forums qui étaient (auraient dû être) non un lieu privé mais l' espace de tous et de personne.

Les gens y étaient vrais les uns face aux autres, comme sur l’Agora.

Les discussions suivaient un fil. 

Qui voulait en lancer une nouvelle le faisait et ne venait pas, comme sur un blog, faire du « hors-sujet » sur une note.

Le blog, quand ce n’est pas l’encensement « in vivo » du blogueur, c’est le gentil (si tout se passe bien!) cafouillis.

 

Alors, pour conclure, où est-on le plus sincère ?

Sur le forum, je pense. On y est plus « libre », plus « à fleur de peau » que sur un blog. Sur un blog qui a trait à la sexualité, on s'autocensure plus facilement que sur un forum.

Le même type de blog a aussi  à maintenir, dans le domaine de l'écriture notamment, un esprit « esthétique » (relevant du domaine de l’intime de chaque blogueur) dont le forum dégage totalement celui qui s’exprime.

Et la vérité se passe bien, je le crois, de ces fioritures.

 

 

 

PS1 : J’entends déjà la question : « Et toi alors ? ».

Je pense être une blogueuse acide et très controversée d’avoir été une « forumeuse  virée ».

J’ai commencé à bloguer BDSM ici dès le lendemain du jour en question.

J'ai donc continué à poser « chez moi » les questions que j'avais commencé à poser là-bas. Sans tenir compte sans doute de toutes les susceptibilités froissables et de toutes les allégeances qui eussent été de bonne mise.

Si l'on y ajoute le fait que, dès l'année qui précéda ces événements, je tenais déjà sur U-blog un autre blog à teneur socio-politique (avec tout ce que cela sous-entend), je suis sûrement plus forumeuse que blogueuse quelque part…

 

PS 2 : Sans rapport aucun.

Aux U-blogueurs.

SVP, lisez ma note et n’hésitez pas à faire bon usage d’ici.

Nous essayons de redonner ainsi un forum d’entraide à U-blog, l’ancien ayant été supprimé.

Merci de reprendre l’information sur vos blogs afin que la nouvelle se propage.