Collier BDSM AURORAWEBLOG

                                            Photo © Jessica Serisky

 

 

Oui, oui, j’ai conscience du titre racoleur !

Mais il m’amuse tellement…

Bien entendu, je n’ai pas rencontré mon ex.

Ni lui ni moi n’en aurions envie d’ailleurs pour être sincères. Ce n’est pas une histoire dans laquelle l’on s’est bien quittés.

 

Mais une âme charitable m’ayant donné le pseudo de couple qu’il a aujourd’hui sur un chat, j’ai appliqué le dicton anglais « Curiosity kill the cat » et cliqué l’annonce.

 

Mon ex, c’était tout un poème.

Alors, je n’ai pas été trop surprise. D’abord, il a toujours l’âge qu’il avait quand je l’ai connu et qu’il se donnait déjà deux ans de moins.

Désormais, il a donc un compteur ralenti de neuf ans.

Ensuite, dans les pseudos que je lui ai connus, il n’en aura oublié qu’un qui pourtant lui convenait à merveille : Maître Picsou.

 

L’ex était fort riche mais d’une avarice qui confinait à la manie.

Il collectionnait les bons de réduction, ne laissait pas de pourboire et je me souviens qu’il m’avait traînée dans la boutique la plus prisée de Paris pour ses très belles tenues BDSM, me sommant d’essayer tout ce qui lui plaisait. Cela prit du temps.

Tout à coup, se rendant compte de l’heure qui fuyait, il devint de mauvaise humeur et me dit « Et alors, dépêchez-vous, achetez quelque chose ! »

Sachant que là-dedans, le moindre bustier équivalait à un tiers de mon salaire, m’y avoir amenée « à mes frais » n’était pas de très bon goût.

Ce n’est pas que j’attendais un « cadeau » mais je n’avais pas demandé à me rendre là et je ne vois aujourd’hui encore que le manque d’élégance de la manœuvre.

Il ne me viendrait pas à l’idée de proposer  à quelqu’un d’essayer des vêtements que je choisirais dans un magasin de luxe en attendant qu’il s’en paye un.

 

Mais venons-en au présent.

Mon ex orne son annonce de la photo de son actuelle soumise qui, bien sûr, n’est pas son épouse.

Ce qui m’a tout de même laissée bouche bée et qui m’a donné envie de parler de lui ici, c’est que pour préserver l’anonymat de la dame, il lui a bandé les yeux avec…la vieille écharpe noire en acrylique, toute boulochée, qui faisait fonction de bandeau de mon temps (et qui avait, c’est sûr, auparavant -ou en contemporanéité- couvert d’autres regards vu les effluves de parfum dont elle était imprégnée).

Quant au collier, c’est évidemment le même qu’à l’époque et pourtant, il avait alors déjà beaucoup servi (et servait aussi simultanément à ses « autres »).

 

C’est donc ce que l’on peut appeler du matériel largement « amorti ». Je peux supposer que, s’ils n’ont pas perdu leurs lanières de vieillesse comme on perd ses cheveux, il doit avoir encore les mêmes martinets.

 

Quand on connaît le plaisir du « dominateur » BDSM à avoir une belle « mallette » garnie, voire à fabriquer ses instruments lui-même, c’est vrai que la pingrerie de mon ex me laisse à ce jour sans voix.

 

Et cette « rencontre » plus que virtuelle n’aura pas « redoré » son blason auprès de moi.

 

Dans le Midi, chez nous, on appelle cela « avoir le porte-monnaie en peau d’oursin ».

Et promis, juré, craché, ça veut bien dire ce que ça veut dire. Rien de plus.

Pas de secrète « pratique » érotique ou BDSM dans cette expression !