BDSM Penitente Tableau de Saturno Buttò AURORAWEBLOG

                                  Artistiquement : Tableau © Saturno Buttò

 

                             BDSM momification sous cellophane AURORAWEBLOG

 

                   Esthétiquement : Photo © site « Hotskin » (disclaimer adultes)

          

               BDSM Mummyfication photo personnelle AURORAWEBLOG

 

                                                Personnellement.

 

M comme Momification...

 

 

En ce qui concerne mes pratiques BDSM, elles sont circonscrites dans un espace tout à fait précis : ce que je trouve esthétique et ce que je ne trouve pas dangereux (ni physiquement, ni mentalement).

Et à partir de là, il ne s’agit plus de discuter de mes limites et de leur dépassement. Je ne dépasserai rien hors de ce cadre mais je dépasserai à l’intérieur de celui-ci.

Il est bien évident que ce propos est tout à fait personnel : les notions d’esthétique et de dangerosité varieront selon les personnes.

Ce que je trouve hideux, dégradant sera pour d’autres source d’exaltation  et ce que je trouve dangereux apparaîtra pour quelques-uns totalement inoffensif.

Ainsi, je n’accueillerai pas une pince à linge sur ma langue parce que cela fait baver et que moi, la bave, je trouve ça laid (de plus on « en bave » assez dans la vie quotidienne sans aller en remettre une couche du côté d’Eros !).

 

De même que si je peux me faire enfermer dans une cage, je n’entrerais pour rien au monde dans un coffre de voiture, étant claustrophobe.

Il me faut toutefois ajouter que j'ai la chance de vivre mon BDSM avec quelqu'un qui me respecte, qui ne me « dresse » pas comme une pouliche, n’abuse pas de moi afin d’assouvir une soif inextinguible de pouvoir ou de démonstration de force à travers notre rapport, en somme que je ne ressens pas le « devoir » de m’abîmer dans la souffrance et l’humiliation pour lui donner un plaisir univoque qui deviendrait le mien par sublimation, faute de mieux, comme je le lis parfois chez quelques pauvres créatures qui glosent sans voir comment on les manipule (je viens de tomber sur un tout nouveau blog réellement SM hard -dans les textes- mais où la soumise qui « théorise » doctement a un « maître » qui en est encore à apprendre à manier le fouet qu’il vient de recevoir, commandé par catalogue !) .

 

 

De la momification, donc, ou « mummyfication » comme on dit de l’autre côté de la Manche…

L’emballage de mon corps sous plastique est pour moi une autre forme de bondage, il en a la connotation de contrainte (qu’il décuple) plus un effet tout particulier de perception  sur la peau.

En revanche, jamais je ne me laisserai recouvrir le visage.

Esthétiquement, pour autant qu’un bandeau noir masquant des yeux et tranchant ainsi sur la blancheur d'un teint me paraît beau, je me refuse à tout ce qui peut dissimuler les traits complètement (cagoules etc. qui nient les expressions et la vie même donc de ma « bobine ») et je ne suis pas non plus adepte du breath-control que je pense risqué malgré tout quelque part.

 

Les illustrations choisies vont donc dans ce sens. Je remarque  avec plaisir que le célèbre artiste vénitien Saturno Buttò lui-même n’a pas souhaité cacher la physionomie de sa « Pénitente »…

Vous en trouverez d’autres ailleurs où le paquetage va de la tête aux pieds. Mais pas ici puisque ce n’est pas ma « philosophie sensuelle » de la chose.

 

Me faire envelopper, c’est M. qui tourne autour de moi et le film de cellophane qui valse mais qui, seconde après seconde, adhère à lui-même et finit par fabriquer un carcan tout à fait rigide. Je me sens compressée de toutes parts, bien plus que dans un simple bondage qui laisse libres bien des marges de chair.

Et j’aime finir par être cette statue totalement dépendante que M. est obligé de porter s’il veut la déplacer.

Quant à rester immobile dans cette chaleur-torpeur, et bien oui, c’est pour moi une sensation érotisante.

 

Petite anecdote : le soir où la photo-perso fut prise, je dors pour de bon sur celle-ci.

M. m’avait dit ironiquement : « Si tu es si bien que ça, tu n’as qu’à dormir ainsi ! ».

J’étais sur le point de sombrer (nous étions l’un comme l’autre ce jour-là l’autre recrus de fatigue) et je me suis laissée aller, constatant qu’il prenait un livre pour s’y plonger et sachant bien que c'était feinte menace et que quelques minutes après, il me délivrerait.

 

Ce sont quelques heures qui se sont écoulées et qui ont fini par me réveiller, complètement en nage dans mon habit transparent.

La lumière était bien présente et lui dormait comme un bienheureux, le bouquin retombé sur son cou.

J’ai dû me contorsionner en de nombreuses roulades afin de lui donner de grands coups de tout mon poids figé et  appeler d’une voix vigoureuse avant de l’extirper des bras de Morphée.

Je marinais dans un bon demi-litre d’eau lorsqu’il m’a enfin « libérée ».

 

La morale ne sera pas celle qu’on pense. J’aimerais beaucoup perdre un peu de tour de cuisse.

Je suis maintenant certaine que toutes les publicités faites autour des « sudisettes » sont mensongères : pas un gramme ne manquait à l’appel le lendemain matin !