Soumise libre menottes miniatures AURORAWEBLOG

                                                           Photo © Oren Obstblum

 

 

 

M’étant un peu lassée des blogs BDSM français je me suis, depuis quelques mois, mise à lire ceux qui, à l’étranger, traitent du même sujet.

Disons-le d’emblée, il n’y a rien de nouveau sous le soleil et c’est même pire que chez nous, au point que je n’en ai pas trouvé un seul qui remette en question les règles etc.

 

Je suivais cependant l’un d’entre eux, non qu’il fût particulièrement intéressant mais parce qu’il avait deux particularités : il était tenu par les deux protagonistes qui signaient donc « la soumise » et « Le Maître » selon la note postée et il avait dans ses commentateurs un « Maître » qui semble être « la référence » dans le pays en question.

Je le répète : il n’y avait rien de révolutionnaire puisque tout le bazar BDSM était appliqué au métronome mais, au moins, dans cette rigidité qui semble propre à la contrée, « la référence » (qui a un site) se pose et posait sur le blog des deux cités plus haut quelques questions sur la notion de « Maître » et de relation D/s qui marquaient un certain degré de réflexion que je cherche vainement chez la plupart des « Maîtres » qui « sitent » ou qui « bloguent » chez nous (à part Le Squale et Alamut et dans les blogs le vaillant Sabin, malheureusement en stand-by actuellement).

 

Donc, voici que le blog étranger en question vient de fermer. J’en parlerai plus bas.

Il n’a duré que quelques mois et je l’ai tout à l'heure relu in extenso (d’autant plus rapidement que quelques notes ont été effacées).

Je serais bien en peine de dire s’il s’agissait d’une relation « réelle » ou « virtuelle » : il me semble qu’il y a beaucoup d’histoires de téléphone là-dedans mais par ailleurs, il est question de « deux jours merveilleux » à plusieurs reprises.

En fait l’unique certitude que j’ai, maintenant que l’histoire est finie, est que les deux devaient être très jeunes et à leurs premières armes en tout cas.

Cette « la soumise », puisque tel était le nom du blog, était souvent punie pour désobéissance, par exemple le fait d’avoir parlé haut, manifesté sa mauvaise humeur etc.

Elle s’amendait ensuite, accomplissait ses punitions et revenait chanter les louanges du « Maître » qui le lui rendait bien. Tout ceci de façon régulière.

On sait ce que je pense de ce système de punitions permanentes mais puisque 98 % des BDSMeurs de l’hexagone vivent aussi sous cet astre-là,  c’est moi que je considère comme hors-norme en la matière.

 

Dans les pages effacées, elle avait fait la connaissance d’un autre homme (garçon) et était « sortie avec » - de façon « vanille »-.

Néanmoins, elle l’avait trompé et il [le maître] souhaitait rompre (on peut le comprendre). Pour elle, ce fut un drame.

L’affaire s’est malheureusement « déportée » sur le cadre de leur relation D/s (pour moi, c’était sans rapport et n’aurait pas dû être vécu ainsi) et a fini par mise à l’épreuve et punition.

Suivies d'une nouvelle période de louanges réciproques.

 

Tout récemment, il y a eu un événement qu’elle n’indique pas mais pour lequel elle dit que, cette fois, elle ne fera pas d’excuses et n’acceptera pas de punition.

Et enfin la page finale qui ferme le blog, ainsi libellée:

 

[« La soumise » n’existe plus. Ni comme soumise, ni comme femme.]

 

A laquelle « la référence » a la justesse de répondre dans les commentaires :

 

 [« Comme soumise, je peux comprendre mais comme femme cela m’est impossible. »]

 

 

Et « Le Maître », co-tenancier du blog, d’y ajouter :

 

[« La soumise » n’a jamais existé sinon dans l’esprit de « la soumise ». C’est elle qui m’a choisi comme son maître et elle qui a choisi que je ne serai plus son maître.

Mais cette décision est une décision de femme. La femme existe encore.

De même, le maître n'existe plus. Il n'existe plus comme maître mais comme homme, oui. »]

 

Ce que je relève dans cette histoire est cette jeune femme qui ne fait pas de différence entre le « elle-soumise » et le « elle-femme ».

Il faut pourtant toujours se prémunir de ce type de tentation d’assimilation.

Le BDSM, la soumission, la domination ne sont pas toute notre vie.

Et ils ne le seront jamais.

 

Ensuite, le constat du « Maître » qui signait toutes ses notes en majuscule mais qui dans son dernier commentaire prend acte et ne se désigne plus « maître » qu’avec la minuscule.

Il a la sagesse de reconnaître que ce titre ne lui avait été octroyé que par le choix d’une soumise.

 

Pour une fois, je trouve cette réaction « dominante » très saine et les mots tout à fait justes…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                

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