AURORAWEBLOG Femmes de plâtre de Romain Slocombe    

 

                             AURORAWEBLOG Femme à minerve Romain Slocombe

                                             Photos © Romain Slocombe

 

Si je vous présente ce soir Romain Slocombe en tant que photographe, c’est que cela me paraît la meilleure introduction possible à Romain Slocombe romancier, tel que je vous le proposerai demain.

 

J’ai toujours aimé la photographie. Je l’ai peu pratiquée mais beaucoup admirée dans les livres ou les expositions dès mon âge le plus tendre. Je connaissais donc des « Maîtres » de la photographie érotique mais parmi les plus classiques.

La photo-fetish, j’allais la découvrir par Internet.

 

En fait, mon entrée « réelle » dans le monde BDSM s’est faite par le biais du « virtuel » quand j’ai été (tard dans ma vie) connectée à la Toile.

On a alors voulu faire mon « éducation » à coups de photos. On comprendra sans peine que, vu le goût de celui qui me cornaquait, j’aie commencé par le pire. Le pire vraiment,  c'est-à-dire les trucs hard,  les pages « free preview » des sites payants bien crades.

Les photos SM dans toute leur horreur.

 

En fouillant par moi-même (on n’est jamais mieux servi que par...), je suis tombée un jour sur les photos-bondage de la bellissime Anna Fubuki.

M’en ouvrant à un ami qui se voulait très intellectuel, il me déclara combien Araki (on en revient à lui) allait me plaire et pour cela me montra des photos de Romain Slocombe avec lequel il faisait confusion.

Pour du bondage, c’était plutôt du « bandage velpeau »  et de la minerve. Mais bon, j’ai vécu sur cette erreur quelques semaines, le temps de découvrir le « vrai » Araki par mes propres moyens en rendant du même coup à César, pardon, à Slocombe.

Et de rencontrer à travers celui-ci mon premier Fetish photographer.

 

Slocombe, j’ai mis du temps à comprendre. Même l’an dernier encore, lors de la sortie du roman « La Japonaise de St John’s Wood », j’ai fait une fois de plus l’impasse ici, sur le blog.

C'est qu'avec Slocombe l'image a précédé le texte, que pour parler du texte il faut parler des images et que j'appréhendais un moment comme ce soir où je me sentirais en devoir de justifier leur auteur.

 

Et puis non. Les livres de photos de Slocombe sont en vente libre, sans blister, dans toutes les grandes librairies et à la portée de main de tous.

Que chacun se débrouille avec son ressenti là devant (mais qu'il lise tout de même jusqu'à la fin de ce post!).

 

Finalement, tous les fétichismes sont dans la nature (y en a bien un sur « Cara-chat » qui a voulu m’acheter il y a quelques mois un bas ou un collant porté évidemment) et il est aussi difficile de parler de littérature contemporaine anglaise en ignorant Ballard que de parler de Fetish-photo sans parler de Slocombe. Parce que là, pour du fétichisme, ça en est et du vrai.

 

En plus, il m’est sympathique, Romain!

Un pur produit de l’après 68 qui n’ait pas mangé son chapeau à cette heure, ça mérite tout de même une médaille ici chez moi.

 

Né en 1953, c’est un touche-à-tout de génie.

Un graphiste de talent notamment (BD, couvertures de romans), un cinéaste aussi (Arte a diffusé il y a quelques années quelques-uns de ses opus dont « Kinbaku »), un romancier (pour grands et petits) et auteur de pièces pour la radio, un traducteur (Guyotat en anglais, c’est lui) et je dois oublier des choses.

 

Depuis 1977, Romain Slocombe va et vient entre France et Japon. Ce pays  le fascine.

Je me demande d’ailleurs si Slocombe et Araki ne se seraient pas déjà rencontrés.

Je suis sûre en tout cas qu’ils ont des choses à se dire, c'est transparent.

 

Donc pour reprendre l’un de ses titres, les Japonaises (il n’a d’autres modèles) des photos de Slocombe sont des « Femmes de Plâtre ».

Si j’ai choisi la première image ci-dessus, c’est une façon de faire un diptyque avec celle d’Araki sur la note d'hier qui représentait aussi deux femmes.

Et s’il y a aussi la seconde, c’est que, minerve et plâtre mis à part, je ne suis pas sûre qu’elle déplairait à ...Araki !

 

Que personne ne s’en émeuve ni ne s’en choque : ces photos sont posées (Slocombe ne court pas les urgences des hôpitaux, l’appareil en bandoulière) avec des modèles consentantes.

 

Le seul avis que l’on puisse avoir sera de parler de bon ou de mauvais goût.

Moi, franchement, je n’aime pas le « fond » que je trouve « surprenant » mais je ne renierai pas une « forme » d’art photographique parce qu’elle m’est étrangère.

Et puis le fantasme des uns etc.etc.

 

Et pour tout dire, Romain Slocombe fait partie de la vingtaine de personnes qui me sont totalement  inconnues mais avec lesquelles j'aimerais bien boire un verre un jour.

Ceux qui me connaissent comprendront que ce n'est pas à cause du plâtre mais du Japon et... des italiques.