bdsm vanille AURORAWEBLOG

                                             Photo © Daniel Gieseke

 

Je connais à l’heure actuelle au moins trois lieux, liste, site ou forum BDSM qui se sont ouverts aussi à des participants « simples curieux » qui y interviennent avec une grande liberté de ton.

Comment sont-ils arrivés là ? Amis de membres inscrits au courant de leur « tendance » et désireux d’en savoir plus est l’hypothèse la plus probable. Mais je n’affirme rien.

 

En tout cas, leurs écrits n’ont rien de gênant, ni de polémique.

Alors, je suis d’autant plus surprise lorsque je lis des BDSMeurs avoir peur des « méchants vanilles pudibonds et moralistes » qui pourraient venir hanter leurs espaces virtuels de réunion.

 

A dire la vérité et en tentant de fonctionner en pourcentage avantageux pour la communauté BDSM, j’ai connu autant de moralistes chez eux que chez les « vanille ».

Je dis avantageux parce que je me veux honnête intellectuellement et que mon calcul relève en fait de l'impossible.

Ayant beaucoup plus fréquenté des forums BDSM que des forums « vanille » ( je ne sais pas même s’il en existe ), les moralisateurs de la sexualité ( déviante ), c’est chez eux ( les BDSMeurs ) uniquement que je les ai lus.

Normatifs, attachés aux codes. Excessifs. Effrayants donc.

Tout autant que le sont les intégristes « vanille » que j’ai vus dans les médias et qui écument sur tout : homos, p.a.c.s, divorce, adultère, libertinage, familles monoparentales et j’en passe.

 

Mais ces « méchants vanille », au fond, ce serait qui ? Les hétéros-jamais-BDSM, je suppose.

Parce que des BDSM-jamais-vanille, je ne vois pas très bien ce que c’est.

Lorsque nous, BDSMeuses, avons des enfants, je vais peut-être faire tomber un mur de croyances, mais ce n’est pas un fouet qui nous les a faits. Il n’ont pas non plus, été conçus entre deux coups de canne ou de martinet.

Donc nous « vanillons » aussi. Tous. Et si j’ose dévoiler le fond de ma pensée, c’est tant mieux.

 

Certains nieront et me diront que leur progéniture leur vient d’antan, d’une ex-vie vanille. Ne concluons pas trop vite. Surtout nous, les femmes, sinon nous donnerions raison au Houellebecq des « Particules » pour qui le SM est la dernière étape de la sexualité d’une libertine, lorsque son corps avarié ne trouve plus rien que la violence pour être encore une valeur sur un marché.

 

Il m’arrive, il nous arrive ( là, je parle de nous deux ) d’être « vanille ». Après avoir été SM. La même nuit.

D’autres où nous ne sommes que SM.

Et enfin, d’être tout simplement « vanille ». Câlins, bisous et tout.

C'est une question de feeling. De désir et de plaisir surtout.

 

Je n’ai pas peur des « méchants vanille ». Je ne crois pas que tous les hétéros-jamais-BDSM soient moralisateurs.

 

Mais j’ai peur de tous les moralistes.

Le problème, c’est qu’ils reviennent en force. Chez les BDSMeurs et ailleurs. Partout.

 

S’enfermer dans des ghettos ne sera jamais la solution pour les démasquer et lutter contre eux.

 

 

 

 

 

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