F COMME FANTASME (2) : " MOI-DANS-LA-CAGE "...

 

 J’ai illustré mon post d’hier « Fantasme » d’une image que j’aime beaucoup et qui était selon moi, puisque dans mon texte, il était question de cage, la meilleure façon de montrer visuellement ce que pouvait être un fantasme ou plutôt un phantasme, c’est à dire une image projetée…

Ce soir, je veux parler du fantasme au moment où il se réalise, en fait de ce « moi-dans-la-cage » que j’évoquais tantôt…

 

Alors, c’est encore une photo de moi, prise dans un de ces fameux « clubs ». Le moment de la photo n’est déjà plus celui du fantasme, il est seulement le moment du réalisme, fait pour me voir ensuite « telle qu’en moi-même la vérité me fige », selon cette phrase que j’aime tant, à l’instant I ou, comme certains disent, à l’instant T.(sourire réservé à quelques « vieux » lecteurs )…

Ne voyez là aucune auto-complaisance à me montrer, ce n’est pas si facile que ça de se « publier » ainsi, fusse sur son propre blog, mais c’est une manière de témoigner encore et encore envers ceux qui me font l’honneur de me lire et puis surtout, à titre personnel, c’est un autre pas en avant sur mon chemin de soumise : savoir que j’en suis à un tel point de reconnaissance de moi-même que je peux, tout comme je me montre publiquement en certains lieux, me montrer publiquement ici aussi, sans fard et sans honte…

C’est un peu de cela dont je parle lorsque j’écris parfois que la voie BDSM se parcourt à deux, la soumise et son Maître attentif, veillant à la faire progresser à son rythme à elle, ne lui insufflant que la possibilité d’être ce qu’elle veut bien mais qu’elle ignore peut-être ou qu’elle n’ose pas ou qu’elle a encore du mal, de la gêne, de la honte à reconnaître en elle.

 

Quelque chose sans doute que je n’aurais pas été capable de faire il y a quelques  semaines encore, au temps d’AURORAOULEWEBLOGVOLE par exemple. Et c’est peut-être là toute la différence entre ces deux blogs : le premier était né de quelque chose que QUELQU’UN avait fait CONTRE moi (nous)…

Celui-ci est quelque chose que JE fais POUR moi.

En me recréant le jour même de la disparition du premier celui-ci, et en l’intitulant seulement AURORAWEBLOG,  M. me fit le cadeau le plus étrange qui soit : notre weblog devenait en quelque sorte le mien ( même si je me réserve le droit de lui passer un jour le relais puisque « L’Encyclopédie BDSM d’AURORA » ne durera pas éternellement ) et bien qu’à l’époque nous n’ayons pas su ce qu’il adviendrait, il m’a en fait offert ma plus belle tribune, celle que ne pouvait me donner le lieu fameux, le serveur BDSM dont j’ai si longtemps porté le deuil, celle que ne pouvaient pas non plus m’offrir les différentes listes de diffusion auxquelles M. contribue encore, lui, largement…

 

AURORAWEBLOG, c’est moi, moi soumise, au fil de la plume et cela pour la première fois. La chrysalide d’hier (Evanescente) s’est bien muée en papillon et Aurora en est la plus belle transcription écrite…

Comment le dire mieux ?

EVANESCENTE était à la recherche du bonheur, AURORA est heureuse.

 

Alors revenons-en à ce « moi-dans-la-cage » … Et à ce qui se passe AVANT la photo… Et osons dire que les lignes qui suivent risquent réellement de paraître ésotériques à beaucoup et de me faire passer pour une « allumée » de première classe… Alors qu’en fait, il n’y a, au quotidien que peu de gens à être aussi terre à terre que moi…

J’ai des fantasmes, des images de prisonnière qui me viennent comme des « flashs ». Ils ne concernent en rien les vraies prisons, les actes de barbarie des régimes dictatoriaux ou totalitaires d’hier et d’aujourd’hui, tous nos engagements socio-politiques, que ce soient ceux de M. ou les miens, en sont la preuve (comme nous l’avons répondu sur les commentaires à mon post d’hier).

Ces fantasmes, je les attribue à ce qui m’a amenée au BDSM, cette envie d’appartenance totale, définitive, absolue, ce désir de paisible abandon, d’offrande qui me fait me sentir si sereine, si apaisée, si loin des vicissitudes de la vie.

Mon plaisir infiniment jubilatoire aussi de savoir que j’ai enfin trouvé le port, cette âme sœur que nous recherchons tant.

Alors, qu’Il me garde, qu’Il m’enferme pour Lui et Lui seulement dans notre amour au sens figuré et dans cette cage au sens propre…

Ce n’est pas par hasard non plus que mon film préféré pour ce qui touche au SM est « La Prisonnière «  de Clouzot. Mais de cinéma, je vous parlerai une autre fois…

 

Là, il ne s’agit que d’un instant de cinéma intérieur, ce moment, cette fulgurance où tout à coup je m’abstrais de tout. Je suis moi, je suis « moi-dans-la-cage » oublieuse de tout, seule avec ma soumission…

Quelque chose de différent est en moi tandis que j’ « habite » cette cage… J’accomplis un de ces voyages intérieurs un peu et même très planants, je perds pied et pourtant, je ne suis jamais aussi réelle qu’en ces moments-là…

 

Mais ce voyage n’est possible que parce qu’Il est là, toujours à quelques pas de moi et que si je me détache de tout en ces instants, je ressens néanmoins totalement son omniprésence bienveillante à mes côtés, impalpable et pourtant si matérielle. L’amour une fois de plus.

 

Oui, « moi-dans-la-cage », c’est moi, vraiment moi, seulement moi…

Pendant quelques minutes, je ressens mon essentiel, je touche mon esprit, moi qui suis tout sauf une mystique, j’atteins enfin mes propres profondeurs, je n’ai plus rien de tortueux qui m’en empêche, les méandres sont tenus à l’écart.

 

Enfin, là, je me connais.