Anaïs Nin - Henry Miller

                              by Charles Hobson in "Parisian Encounters"

 

On a tous nos petits secrets, nos zones honteuses. Intellectuellement, bien sûr.

Samantdi confiait le sien dans ce billet d'hier : son goût insoupçonnable pour la presse people et désirait du même coup en apprendre un peu plus sur les nôtres.

 

Pour moi, c’est le plaisir de la « scie ».

Je veux dire que de temps à autre, il y a une « chanson populaire », un « truc de variété » infâme que je peux écouter des heures et des jours en boucle, pour le plus grand étonnement de ceux qui entendent habituellement fuser de mes fenêtres le « Riders on the storm » des Doors, le « Paint it black » des Stones, l’indéfinissable musique de Tom Waits ou les imprécations du Grand Ferré.

Petitou, avec son pragmatisme enfantin m’admoneste : « Mais tu vas l’user vite ce disque. »

Il n’a pas tout à fait tort.

Si ce n’est que la scie n’est pas faite pour durer.

 

La scie, c’est un plaisir d’amoureuse. Renonce-t-on jamais à son adolescence ?

C’est trouver une brèche à travers quelques mots dans laquelle on va s’engouffrer et s’identifier à fond comme à seize ans nous avions « la chanson de notre amour », ce slow qui tuait, ce qui vaut à certain(e)s une vaste discothèque d’antiques futilités.

 

Ma scie, ces temps-ci ( !) c’est l’ « Anaïs Nin » que chantent Renaud et sa copine Romane Serda. Que l’on ne me fasse pas dire que c’est à la « vraie » Anaïs Nin que je m’identifie en écoutant la scie jusqu’à plus soif!

Non, ce sont toujours seulement une phrase ou deux dans l’ensemble des paroles d’une scie qui me ramènent à quelque chose de moi. Cette fois, lorsque j’entends :

« J’écris
La nuit, le jour
Tout mon amour
Mon amour
Là dans mon journal »

je pense à ce que je fais sur ce blog.

 

Quant au

"Diable au coeur" et à

"La douleur assassine"

c'est bien moi.

 

Et je ne vous parle même pas de ce que me fait ressentir un peu plus loin:

 « Enfer ou paradis
Apprends-moi l’interdit
L’interdit ».

 

A côté de ça, il est bien évident aussi que Henry Miller et Anaïs Nin (même évoqués dans une scie), ce n’est pas n’importe qui.

Et que les « Jours tranquilles à Clichy », lorsqu’ils passent dans la voix de Renaud, me font songer avec une infinie tendresse à la nouvelle de Miller que ce titre (de livre, pas de scie!) contient et qui est celle que je préfère de lui (de Miller, pas de Renaud, pff!) : « Mara Marignan ».

 

Allez, la voici, la scie…Vous l'avez bien méritée.

Attention à la contagion toutefois!

 

ANAIS NIN _ Paroles Christian Bouclier _ Musique François Bernheim

Paris
Quatorze avril
Ma vie
Est un exil
J’envie tes jours tranquilles
A Clichy

Henry
Volcan velours
Bandit
Au souffle court
J’écris
La nuit, le jour
Tout mon amour
Mon amour
Là dans mon journal

Anaïs Nin
A le diable au cœur
La douleur assassine
Anaïs Nin
Anaïs
Infiniment féminine

Anaïs Nin
A le diable au cœur
La douleur assassine
Anaïs Nin
Anaïs
Miller

J’ai fui
Le bruit des villes
La pluie
Est un exil
Elle coule des jours tranquilles
A Clichy

Henry
J’ai le cœur lourd
Du gris
Qui nous entoure
Je crie
Depuis toujours
Tout mon amour
Mon amour
Là dans mon journal

Anaïs Nin
A le diable au cœur
La douleur assassine
Anaïs Nin
Anaïs
Infiniment féminine

Anaïs Nin
A le diable au cœur
La douleur assassine
Anaïs Nin
Anaïs
Miller

J’ai froid
Le temps d’un taxi
Et me voilà
Contre toi
Henry
Attends-moi
Je te suis
Peu m’importe si
Parfois
La nuit nous trahit
Enfer ou paradis
Apprends-moi l’interdit
L’interdit

Anaïs Nin
A le diable au cœur
La douleur assassine
Anaïs Nin
Anaïs
Infiniment féminine

Anaïs Nin
A le diable au cœur
La douleur assassine
Anaïs Nin
Anaïs
Miller
Anaïs
Miller
Anaïs
Miller