M COMME MILLI-MAITRE ...

Si je délaisse quelque peu « L’Encyclopédie », c’est qu’elle me pèse parfois et ne correspond pas forcément à ce que j’ai envie d’écrire à un moment précis.

Ce soir, ça tombe bien, elle fait un « enjambement » parfait avec mon post d’hier .

Sans nul doute, le « milli-maître » serait de ceux capables de commander le fameux logiciel**…

 

M. fut le premier à employer ce terme de « milli-maître » sur un défunt forum de Caramail il y a des années et des années de ça. Avant moi dans sa vie, c’est tout dire !

L’expression ayant depuis été reprise ici et là, il m’en fait la gentille concession ce soir, m’autorisant par là-même à donner ma vision du mot qui ne sera pas forcément celle qu’il en proposa jadis et que j’ignore, n’ayant jamais lu son texte. Ah, le temps malheureux où l’on ne gravait rien sur weblog !

 

Le « milli-maître » a pour moi deux aspects, il est donc à considérer comme non-accompagné et accompagné. 

 

Le « milli-maître » non accompagné est le Canada Dry™ du Maître.

Il est facile à reconnaître donc, le problème venant du fait qu’il en est la caricature si extrême que, lorsqu’on « débute », on risque à presque tous les coups de le prendre pour ce qu’il n’est point.

Cliché oblige, dans une soirée, le milli-maître » est l’homme seul en pantalon de cuir et martinet à la ceinture qui déambule, l’air hautain.

Une « deb’ » à son premier bal pensera que voici le bon.

Le vrai Maître pourtant ne déballe pas ses instruments à la vue de tous mais c’est difficile à comprendre, il faut un peu de (mauvaise) expérience pour le réaliser.

 

Sur les lieux de rencontres virtuelles, le « milli-maître » est un homme libre ( de soumise) et donc en recherche, dont le pseudo comporte le mot Maître (ou dérivés : Sir et Master étant très prisés aussi, je ne mets  de majuscule que parce qu’ils la mettent, entendons-nous bien). Il conviendrait d’observer attentivement sa fiche : un « maître » ayant zéro an d’expérience et revendiquant de nombreuses pratiques, c’est louche. Il fantasme et son titre devrait prêter à rire. Si trois ans plus tard, le même, sur le même lieu,  a toujours la même recherche mais trois ans d’expérience, ce sera une expérience de clavardage, un point c’est tout.

 

Les « Maîtres » authentiques s’affublent rarement de cette épithète dans leur pseudos.

Seulement, la « deb’ » ne le sait pas et entre un profil de « Maître Harley » (ça, c’est pour l’illustration, nulle, mais la seule que j’aie trouvée correspondant, de loin hélas, à ma note), entre donc le profil de « Maître Harley » et celui qui a pour pseudo « Comment-voyager-avec-un-saumon », c’est avec le premier qu’elle acceptera d’engager le dial, rougissante d’émotion derrière son écran.

Elle aura tort mais la vie est faite ainsi.

Pourtant la seule question qu’il conviendrait de poser à « Maître Harley » est « maître de quoi ? maître de qui ? » ( n’oublions pas qu’il est en recherche et que ce titre semble lui être échu par la seule vertu d’une décalco dans un Malabar™).

Alors qu’il y a de fortes chances que « Comment-voyager-avec-un-saumon » soit un homme cultivé, qui a lu Umberto Eco et qui ferait peut-être un excellent compagnon de route ( je ne me suis jamais faite flageller avec un saumon desséché certes, mais après tout, on ne sait jamais …).

Il faut toutefois se méfier aussi des pseudos par trop audacieusement fantaisistes. Ainsi, si un aspirant-maître s’appelle « Quand-mon-verre-est-vide-je-le-plains », cela ne montre pas forcément son humour et c’est peut-être la « deb’ » qui serait à plaindre si cela traduisait très vite un mélange d’attrait pour le BDSM et l’alcool. Le « delirium-trèsSM » n’indique pas non plus une grande maîtrise de soi…

 

Car finalement, tant parler des « milli-maîtres » ne doit pas faire omettre de parler des « Maîtres », ceux qui ne se nomment pas ainsi et que je ne nomme pas moi non plus de la sorte.

J’apprécie et respecte les « vrais Maîtres ». Je leur rends hommage ici, ce sont des hommes remarquables, dignes, réfléchis. Ils exercent leur « fonction » en guide, en éclaireur, en accoucheur de l’âme parfois.

Il faut donc qu’ils se connaissent et se maîtrisent parfaitement eux-mêmes. D’où l’immense respect que j’ai pour eux. Mais j’en connais peu, je dois aussi le dire par honnêteté.

 

Le « milli-maître » trouve donc parfois une soumise et nous passons à la deuxième partie : le « milli-maître » accompagné.

Celui-là, qui ne se nomme pas forcément « Master-Biker », a pour particularité de ne pas manifester l’attention , l’intérêt, le respect qu’il devrait (oui, j’ai bien employé le verbe et donc le mot « devoir ») à sa soumise et de prendre sans donner. Il ne guide pas, il se sert. Il n’éclaire pas, il utilise.

Il ne sait pas écouter, encore moins entendre. Il est tout dans son égoïsme et dans sa distance.

Une distance qui, dans le virtuel, est toute facile à prendre mais aussi même parfois dans le quotidien.

Le « milli-maître » est souvent un homme marié « vanille » qui domine comme il va au Bridge, au Dojo, au Squash ou à la Muscu ( ici, vous aurez noté, je l’espère, les initiales !).

Et ce « milli-maître » existe aussi en modèle célibataire. L’un comme l’autre sont tout simplement ceux qui ne savent pas se « mettre » à la portée de celle qui est là, à côté.

 

Le point commun entre le « milli-maître » non-accompagné et son alter ego accompagné est qu’ils causent beaucoup et fort. Ce sont les hâbleurs des forums, les poseurs des Groups.

 

Je sais, on en revient encore à « Dominator » qui est un remarquable échantillon de « milli-maître », sinon le meilleur.

 

 

 

** Je m’interrogeais hier sur l’utilité du logiciel de soumission, proposé à la vente pour « une personne seule » aussi.

M., qui connaît bien les coulisses de notre monde m’a expliqué qu’il pouvait permettre à certains d’ « imaginer » avoir une soumise…

Le BDSM est une sexualité décidément très cérébrale, même pour les décérébrés.

 

 

PS: Le texte dont parle AURORA est ICI.

 

MARDEN