"Bob Surfeur" - Bande Dessinée inédite de Stoon et Rezk

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Oui, je tiens un weblog BDSM.

J’aurais pu, si j’avais eu envie de parler broderie, tenir un weblog sur mes ouvrages.

Ce n’était pas le cas. J’avais choisi cet autre sujet pour en faire le centre de mon blog.

 

Pour tenir ce weblog, BDSM donc, j’utilise des voies virtuelles puisque, comme tout weblog, il est mis en ligne sur Internet.

Et pourtant, j’aurais mis une grande partie de mon énergie et de mes posts, à  pourfendre ici le mal que le virtuel peut faire au BDSM.

Ce mal peut-être de tous ordres mais il vient principalement de l’aspect commercial qui peut s’emparer de nos pratiques pour les rendre financièrement « juteuses ».

 

Nous sommes sur l’ensemble des solutions de blogs ( hébergeurs classiques ou weblogs « persos ») maintenant nombreux/ses à tenir des weblogs BDSM. Je pense les avoir, de lien en lien, tous visités. A l’exception de l’un d’entre eux, nos weblogs sont fidèles à l’esprit du blog, c’est à dire que nous les nourrissons de nos textes, pensées et réflexions, sans jamais y proposer de liens vers des sites commerciaux qui tireraient parti « monnayable » de notre sexualité divergente.

 

Et pourtant, il en existe de ces « offres payantes » sur la Toile !

Il y a quelques mois nous avons même vu apparaître un « coach » en France qui se proposait « chèrement » de nous améliorer.

Sous les cris d’opprobre de l’ensemble des sites de la « communauté », il a rapidement disparu. Bon vent.

 

Le BDSM est pour moi l’expression érotique de la relation amoureuse existant entre deux individus. A eux de prendre les commandes de cette relation et de la bâtir, au jour le jour, comme ils l’entendent et de la faire évoluer aussi en fonction de ce qu’ils recherchent et de ce qu’ils découvrent l’un dans l’autre.

 

Récemment, sur un site gratuit de dialogues virtuels que je fréquente, j’ai trouvé un lien qui m’a laissée sidérée. Loin de moi l’idée de reprocher aux propriétaires de ce lieu d’avoir mis ce lien en place parmi des dizaines d’autres d’autant plus que, devant mon étonnement, M. me dit que ce lien est présent depuis plusieurs mois ailleurs aussi, sur d’autres endroits que lui fréquente.

Il est à  noter que l’objet de ce texte est un pur produit « made in Francophonie » tout comme le « coach » résidait dans la capitale. Pour une fois, n’accusons pas les Américains !

 

De quoi s’agit-il ?

Du virtuel BDSM dans toute sa ridicule « horreur économique ».

Ne voulant pour rien au monde ni donner ce lien, ni faire un copier/coller de cette promesse commerciale, tout ce qui suit est donc pure paraphrase.

 

De petits malins vendent donc ce que nous allons appeler un « logiciel de gestion de soumission ».

Il est fait pour « gagner du temps ».

Il s’adresse aux Dominants/tes qui ont une lourde gestion quotidienne de leur(s) soumis(es) et qui n’en peuvent mais. J’insiste sur le pluriel de soumis(ses), tel qu’il est effectivement formulé. J’insiste aussi sur la fatigue du/de la Dominant/e.

Mais il peut aussi servir à un couple, authentique ou virtuel, ou même à un individu seul (là, on ne comprend plus l’utilité !).

 

Il s’agit donc de programmer scénarii, activités, punitions en les paramétrant selon plusieurs degrés possibles. La communication s’établit ensuite entre les protagonistes sur la base d’une simple connexion Internet.

 

En bref, ça donnerait (caricaturalement, mais la caricature est souvent très proche de la vérité) cela :

Maître Plouc (son pseudo suffit à lui-même) a trois soumises : sa compagne sub-raymonde qui vit avec lui et ses deux soumises rencontrées via le Net, soum-juliette et soum-carpette.

Maître Plouc est fier de son cheptel mais il ne sait plus où donner de la tête, chacune réclamant son du, il est harcelé, harassé, terrassé et est donc bien soulagé de trouver ce « webistique » outil qui lui permet de programmer la journée de juliette, carpette et raymonde et de souffler un peu.

 

soum-juliette (comme son pseudo élu chez Shakespeare l’indique) est une amoureuse transie, elle n’est pas demandeuse de châtiments corporels mais plutôt d’une domination cérébrale. On entrera les données et le logiciel transmettra à soum-juliette les ordres qui lui conviennent, le scénario qu’elle devra pieusement accomplir. Fait trop hâtivement, le scénar ? Allez, hop ! Privée de connexion pour 48 heures !

 

soum-carpette (comme son pseudo choisi dans les noms communs du Larousse l’indique) est une soumise plus physique qui désire être battue comme un tapis. Le logiciel indique illico qu’ elle devra tenir un carnet de soumission. Si elle y manque une journée, ce sont cent coups de brosse à cheveux côté poils qui l’attendent lors d’une hypothétique prochaine rencontre et si elle récidive cent en rab côté manche.

 

Quant à sub-raymonde, la fidèle présence à domicile (son pseudo venu en droite ligne de chez les Bidochon l’indique), j’imaginerais volontiers le logiciel se comportant pour elle comme une sorte d’agenda de l’économat ménager avec temps imposé pour les courses chez Carouf’ (en v’là un vrai défi SM !), ordre de présenter le soir des meubles nickel avec la patine que ne donne que le Baume des Antiquaires™  et obligation de résultat quant aux assiettes étincelantes et aux verres cristallins. Sinon, la cravache ne sera pas virtuelle pour elle…

 

Maître Plouc n’a plus besoin de fatiguer son illustre cerveau : le logiciel travaille pour lui.

C’est beau tout de même, le progrès…

 

Si je vous disais que ce machin a du trouver des acquéreurs… Ils doivent justifier leur achat parce que le logiciel promet aussi une documentation sur le SM. Et, comme on sait, on n’est jamais trop instruit !