E COMME EXPRESSION ...

L’image du dessus, M. l’a traficotée pour moi, pour ce post, un peu comme un cadeau.

Il n’est pas sans valeur symbolique, à commencer par celle du souvenir : après le collier, le second cadeau que me fit M. fut un stylo-plume de marque, vous savez du genre de-celles-que-je-ne-risque-pas-de-m’offrir, mais ne faisons pas de pub ici…

Anticipait-il l’avenir, désirait-il simplement que je lui écrive ? Qui sait ? Une chose est certaine : il me connaissait déjà bien, moi qui suis, oui, soumise à l’écriture.

 

Vocation fatidique au sens étymologique « Ut fata trahunt », je n’ai jamais cessé d’écrire sur tout et sur n’importe quoi et depuis quelques temps sur le BDSM en effet…

 

L’écriture, une autre soumission ? Sourire… Alors, oui, mais avec la vieille interrogation « Qui domine vraiment qui? »

De moi ou de ma plume ou de mon clavier,  qui domine?

Sans doute l’écriture m’a-t-elle depuis très longtemps attachée, liée pieds et poings, puisque c’est pour elle, en son nom, celui de la mienne et de celle de quelques autres que je me suis toujours battue, même lorsque toute lutte était vaine, perdue d’avance.

 

Ecrire : aller au bout du bout, ne pas laisser les masques l’emporter ou alors trouver des masques qui révèlent le nié, le refusé, tous ces dragons de notre vie que nous refusons de combattre.

 

Ta belle image, ton cadeau, mon Amour, la voici donc poème ce soir…

 

 

Elle avait bu l’eau fraîche des rivières

Et connu le printemps des paupières

Elle avait lu dans le marc de café

Un peu de ce qui allait arriver…

 

Elle rêvait d’aurores indicibles

Quand nul encore n’en faisait une cible

Elle flânait dans des lieux virtuels

D’avoir fané trente années de réel…

 

Elle écrivait depuis toute petite

Elle trouvait chaque jour dans ce rite

Le moyen de savoir, le moyen de connaître,

D’échapper au paraître pour être

 

Soumise à l’encre, à la plume, au papier,

Soumise à ces mots qui sortent d’un clavier…

Celle qui ne connaît rien à la musique

Donne ainsi forme à d’autres harmoniques.

 

Ailleurs, ici, la chanson continue

L’essentiel est de ne jamais s’être tue

Ecrire encore, droit orgueil sans rature

De celle qui est soumise à l’écriture…