E COMME ESTHETISME  (Tomi UNGERER) ...

 

Les dessins proposés tout à l’heure étaient un clin d’oeil à cet alors « futur » post.

Ils sont bien sûr, de Tomi Ungerer. Je suis certaine que vous les connaissiez.

 

Ce soir, petit cadeau d’amie. Vous ne trouverez d’images BDSM de Tomi Ungerer nulle part sur le net.

Même sur les plus grands serveurs SM. Même chez les grands pourvoyeurs d’images monnayées. Je ne sais pas pourquoi.

Des ignorants ? Sûrement. Mais cela n’explique pas tout.

 

Il faut savoir que l’étoile de Ungerer scintille ailleurs et que les fans qui lui consacrent des sites persos préfèrent sans doute d’autres aspects plus « colorés » de son oeuvre.

 

Moi, BDSM ou tout autre chose, je le dis : en un mot comme en cent, j’adore Ungerer, l’homme (voir sa bio) et l’illustrateur.

 

Tomi Ungerer est français, je le connaissais depuis longtemps. En tant qu’auteur de livres pour enfants, publiés notamment à « L’école des loisirs ». Aussi intéressants, vu de l’oeil de la maman, pour le texte que pour l’image.

D’ailleurs, mon fils en raffole.

 

En 2000, un peu plus confidentiellement, il publie « SM », un album de dessins dédié aux Dominatrices de Hambourg, qu’il connaît bien. Arte lui consacrera même un reportage dans une « thema » sur cette ville.

 

La merveille de cet album c’est que « SM » est suivi de « Totempole ».

 

Cette histoire, Ungerer la raconte en une page. Dans les années 70, il rencontre une jeune femme qui veut devenir sa soumise. Elle ne lui plaît pas vraiment mais elle insiste tant qu’il accepte. Pour les quelques mois où il réside aux USA.

Pas un mot de plus. On ignore tout de la suite. Qu’est-elle ensuite devenue ?

 

Reste la quarantaine de pages de dessins qui terminent l’album et qui composent le « journal intime » en images de cette relation.

 

Elle va très loin la jeune femme, se métamorphose sous nos yeux de page en page en meuble vivant, en paquet cadeau. Jamais je ne me suis identifiée à elle quant aux pratiques SM . Ces trucs à elle ne sont pas les miens. Mais je l’aime.

 

Je pense souvent à elle. Sans doute m’a-t-elle autant marquée parce que ce furent les premiers dessins BDSM que je vis. Parce qu’elle avait une fragilité dans les lignes du corps qui la rendait émouvante. Parce que si elle ne plaisait pas à Ungerer, c'est parce qu'elle avait trop de poils et pas assez de seins... Un peu comme moi... Là, oui, peut-être me suis-je un peu identifiée à "Totempole"...

 

Houellebecq qui déteste le SM, il le dit lui même là justement, a accepté de préfacer l’édition des dessins érotiques de Ungerer. C’est vous dire qu’il y a là un petit quelque chose de plus.

 

Si l’on en croit les dates « Totempole » doit avoir aujourd’hui dans les cinquante ans.

Sur les dessins, elle en a 20.

Que vit-elle aujourd’hui ?

Est-elle quelque part installée dans le Maine, mariée avec deux enfants et un chien ?

Nostalgie de toute une époque, parfum des seventies, "Totempole" est dans ma vie comme un de ces livres que l'on garde en soi à jamais, après les avoir lus, qui vous habitent, font partie de vous...

 

J’écris « Totempole » comme un prénom.

 

Je me trompe, je le sais. Mais je ne connais pas le sens de ce mot. Pas appris l’allemand...

 

Et au fond, pas vraiment envie de savoir... 

Ce serait un si joli prénom, Totempole....