PHOTO DU GRAND PHILIPPE BRESON

 

Ce texte  trouve sa source dans cette note "Jeux dans la blogosphère"  chez Samantdi. J’ai voulu la traiter façon BDSM.

C’était pour moi le clin d’œil à donner à son « défi »….

 

 

 

L’hélice du ventilateur vrombit tout doucement. L’ordinateur ronronne à deux pas.

Elle a un peu peur. Elle a un peu froid maintenant.

Il est là, dans la pièce à côté, avec toute sa puissance et pour lui les choses, comme à l’accoutumée, semblent élémentaires.

Toute sa puissance. Ou sa toute puissance, qu’importe…

Ce genre de variation sur les mots est de nature à encombrer un peu plus son esprit déjà rendu nébuleux.

 

Il a voulu prendre des photos.

Des photos d’elle, sublimée dans ces liens que lui seul sait tisser dans leur complexité.

Elle a donc posé face à un miroir des heures et des heures.

Il sait tirer d’elle le meilleur, le plus beau. Elle n’ignore pas que tout à l’heure lorsqu’il sortira de la chambre noire, quand il s’en reviendra près d’elle avec les clichés pour les compresser par ondelettes  dans la machine et qu’il finira par lui montrer le résultat, elle s’apercevra que l’image la restitue comme une icône, une de ces divinités païennes dont le rayonnement est sans appel.

 

Mais elle est seule encore pour le moment et peu à peu, le sang qui créé de légers fourmillements dans ses bras, ce léger tournis qui ne la quitte pas, la glace en face d’elle, finissent par lui donner le sentiment d’être cristal, de se fondre dans une minéralité déjà éprouvée avec lui en d’autres circonstances.

Leurs jeux d’amour ne la ramènent-ils pas toujours vers la matière, qu’elle soit lave en fusion ou glaise du premier instant…

 

C’est un ressenti de bienheureuse. Un corps à corps avec soi.

Et, comme toujours, ce qu’elle redoute le plus, c’est le moment qui vient toujours, fatal, du désenchevêtrement lorsque, les cordes retombées en serpents mous, vains et inutiles  autour de ses pieds, elle se sent tout à coup comme vide, vide d’un trop-plein et qu’il ne lui reste plus qu’à se blottir dans ses bras pour quelquefois même se laisser aller en sanglots spasmodiques.

 

Sanglots de bonheur et d’amour partagé. Amour si fort lié.