IMAGE : GINA'S SNAGS COLLECTOR

M COMME MIEL ( LE MIEL DU FOUET 2 ) ...

 

Préambule ( d’importance) : Je n’ai jamais imaginé être fouettée par quelqu’un d’autre que l’homme que j’aime…Je ne l’ai d’ailleurs jamais été que par M.

 

Pour le goûter, le miel du fouet, il me fallut attendre et attendre encore.

Des années à le saliver. A en imaginer la saveur…

 

Parce que j’étais comme tout le monde, j’imaginais qu’il était des jardins interdits, de ces choses qu’il faut garder précieusement dans le tiroir secret d’une armoire ancienne et que surtout, surtout, il ne faut  jamais vivre ses rêves, de peur de basculer dans qui sait quel univers, de peur aussi tout simplement de les perdre.

 

Quand je rencontrais par l’odorat ma fragrance tant espérée de miel, j’étais dans une ruche et je ne savais pas ce qu’il adviendrait de mon moi-abeille. Trouverait-il son sans-pareil si pareil ou serait-il une gourmandise pour les bourdons ?

 

Le miel du fouet est bien difficile à décrire… Il suffit de donner le mot à n’importe qui et de lui demander de procéder par association d'idées : vous aurez esclavage, dompteur, cirque, animaux féroces… C’est vrai que ce n’est pas vraiment là que l’on trouve le champ lexical de l’amour !

 

L’unique fois où j’ai vu quelque chose qui se rapprochait de ma papille luxurieuse et miellée, ce fut Vanessa Paradis, amoureuse du lanceur de couteaux Daniel Auteuil dans « La fille sur le pont », un film de Leconte. La confiance qui règne entre les deux, les yeux qui brillent quand la roue tourne et que la lame est lancée, leur amour ainsi incarné sans blessures « pour de vrai », c’est tout à fait mon miel du fouet.

 

Cette page, comme d’ailleurs toutes les autres, ne parle que de moi, ne veut chercher à convaincre personne ni du bien-fondé d’une relation SM, ni, pour les déjà vaccinés, que ce miel-là est indispensable au repas des rois.

 

On aime ou on n’aime pas.

 

Cela implique déjà tant de contingences matérielles : un vrai fouet tout d’abord ( pas un martinet), un vrai fouetteur ( pas un cow-boy raté) et beaucoup d’espace…

Parce qu’un fouet, ça doit avoir de l’amplitude pour se déployer, pour aller là où cela doit parvenir et une chambrette n’est pas le lieu idéal pour se laisser aller à déguster le miel du fouet.

Un boudoir , malgré toute sa connotation intime et érotique est aussi le dernier des endroits souhaitables…

D’où l’utilité des « Donjons ».

 

Le fouetteur ensuite : mieux vaut qu’il s’assure d’assurer. Le miel du fouet n’est pas une sauce aigre-douce pour accompagner de la viande tranchée…

C’est la plume légère qui vient signer son parchemin de peau énamourée de la plus aristocratique des signatures de chez nous. Avec délicatesse mais d’un seul trait.

 

 

C’est pour moi un immense cadeau de précautions que deux personnes qui s’aiment se font l’une à l’autre : jouer comme dans l’enfance à ce qui fait le plus peur, ce qui pourrait blesser vraiment parmi « les instruments à corde » : foi totale et confiance absolue de celle qui s’en remet à l’un, totalement désarmée, sens du respect et de la responsabilité pour celui qui accepte cette offrande de l’autre parce qu’il connaît sa maîtrise du serpent aux mille sucs. Je maintiens que, pour moi, il faut là de l’amour.

 

Le miel du fouet, c’est le silence qui se fait. Quelque chose de lourd qui occupe tout l’air. Puis un bruit en deux temps à nul autre pareil : le premier temps marque le vol, déplace l’atmosphère, le second est celui de l’impact.

C’est bien là l’étrange : on entend avant de sentir, c’est l’envers de l’habitude.

On sait que la mèche a frappé avant d’en ressentir la piqûre.

 

Abeille, vous disais-je, et piqûre de guêpe….

Insistante, qui se déploie, qui vous déplie, qui vous plie et qui vous replie, qui vient, qui va, que l’on juge insupportable, que l’on appelle du fond de sa propre démesure, encore et encore, parce qu’elle est amour, plaisir, ivresse, parce qu’elle vous liquéfie de nectar et d’ambroisie.

 

Le miel du fouet.