E COMME ESTHETISME ...

 

Je vous ai parlé ici-même il y a quelques jours de l’esthétisme BDSM au travers d’une rapide approche littéraire en évoquant l’AURORA de Leiris à laquelle je dois mon pseudo…

 

Mes premières émotions, ma première reconnaissance de ce que je suis viennent en effet de textes de ce genre. Plus tard, le cinéma passa par là, mais de cela, je reparlerai plus spécifiquement un jour.

 

 

Encore plus tard, lorsque enfin j’abordais au rivage de nos « pratiques », je découvris que j’étais encore à la recherche de ce même esthétisme. Peut-être parce que c’est seulement en ce lieu que peuvent être conjugués sans fausse note et l’être et le paraître.

 

Il me souvient de ma toute première sortie dans un club SM, il y a longtemps : une jeune femme vint rajuster mon bas qui partait de guingois en commentant « L’esthétique, ça compte tellement »…

 

Ce n’est pas par hasard que je privilégie les jeux de bondage et de contraintes : le ressenti qui s’opère alors en moi est un ressenti de beauté. Pour moi, M. me modèle, me sculpte, me rend chef-d’œuvre éphémère…

 

Prendre une pose, la tenir, c’est pour moi un jeu érotique esthétique, c’est aussi une contrainte que l’on accepte par amour de l’autre : l’être et le paraître, disais-je…

 

J’aime la géométrie des images, comme Leiris : un bondage a toujours une géométrie. Il en va de même pour une pose … Je parle ici d’une géométrie faite de lignes, de courbes, de tout ce qui peut sublimer, magnifier un corps : je sais que pour certains la soumission passe par l’humiliation et le dégradation, c’est en fait l’inverse que je recherche.

 

 Les traces laissées par la canne sur mes fesses sont géométriquement belles.

Je pense à Ferré dans «  la Mémoire et la Mer » :

«  … Quand j’allais géométrisant mon âme

         au creux de ta blessure… »

 

Le désordre des corps, les marques anarchiques des lanières que peut laisser un fouet ont aussi leur géométrie rebelle : voyage sur un corps amoureux, "poissé dans des draps d'aube fine" (toujours Ferré), voyage offert par un autre corps amoureux.

 

Mais j’admets que là où je vois de l’esthétique, certains puissent hurler et crier au summum du mauvais goût.

En matière de goûts et de couleurs…sourire…