E COMME ESSENTIEL (bis) ...

 

J’ai posté hier soir ici même un poème déjà ancien qui parlait d’amour et de confiance.

Il va sans dire que, puisque lui étant dédié et datant de mes dernières heures de présence « là-bas », je pouvais en parler à mon aise : j’avais déjà rencontré M. depuis longtemps et nous étions ce qu’il est convenu d’appeler un couple, une histoire.

 

Cette confiance, placée entre ses mains, je savais que je ne me trompais pas  en l’évoquant. L’amour étant le « plus », la cerise sur le gâteau…

Il m’arrive de penser à ce que j’écris ici et à la vision que je donne du BDSM à travers mes textes et donc fatalement à travers nous. Elle a quelque chose d’idyllique et je ne voudrais pas non plus donner à penser qu’il en est toujours ainsi et que tout est facile. Ecrire tous ces textes sans ne jamais faire de mise en garde m’apparaîtrait comme irresponsable de ma part.

 

Nos « pratiques » sont des pratiques qui revêtent un aspect dangereux parfois, nul ne pourrait le nier : c’est en ce sens que la  CONFIANCE est l’ ESSENTIEL .

 

Pour la plupart des gens, le BDSM sera un jeu érotique « à l’essai » comme beaucoup d’autres : ils le tenteront avec leur compagne ou compagnon du moment puis, sans doute, passeront à autre chose. Il n’y a donc aucun risque là.

 

Pour celles et ceux qui sont tombés dans le chaudron, tout petits, il sera en revanche bien plus difficile de laisser le hasard leur procurer un partenaire adéquat. Peut-être sera-ce plus facile pour un homme : il pourra toujours rencontrer la « femme de sa vie » et essayer de la convertir…

Pour une femme, c'est beaucoup moins évident.

 

Mes rencontres BDSM n’ont jamais rien eu de « spontané » : l’une s’est faite au départ d’une annonce dans un journal local, les autres sont passées par un « chat »…

Lorsque je parle de « rencontres » , j’évoque aussi bien les « virtuelles »  que les « réelles » non abouties.

Le problème est toujours venu de cette notion de confiance : pour « tenter » quelque chose avec quelqu’un dans notre « monde » il faut savoir d’avance à qui l’on s’adresse puisque peu ou prou, dans cette affaire, on finit toujours par se retrouver « attachée » par quelqu’un (au sens propre). Et dans ce cas, c’est TOUJOURS sa « peau » que l’ on « met en jeu », dans toutes les acceptions de ces termes. Il ne faut jamais l’oublier.

 

Cette passation de pouvoir comporte des risques évidents et je ne peux aller au-delà dans cette « Encyclopédie BDSM » sans les évoquer : quelque part, je me sentirais fautive.

 

Le fait d’avoir eu ces "multiples pseudos" sur ce « chat » me permet quasiment de dire que je pourrais aujourd’hui publier un témoignage  sociologique sur le monde BDSM. Et aussi que la confiance est loin d’être méritée par tous ;

 

Qui ai-je « rencontré » là-bas ?

-         des intellectuels brillants (cette fameuse élite BDSM), inaccessibles de par la distance ou les circonstances et dont je veux continuer à penser aujourd’hui encore qu’ils étaient très certainement des gens de confiance. Je discutais de tout et de rien avec eux, de la filmographie de Cassavetes aux photos de Man Ray… Je « minaudais », comme disait M.

-         des gens atteints de coprolalie qui venaient là pour parler grossièrement.

-         Des fantasmeurs non dangereux qui racontaient toujours la même chose quel qu’ait été le pseudo de moi qu’ils connectaient et qui se répétaient comme des perroquets : s’il parlaient de rencontre, c’était toujours pour une autre vie…

 

Mais aussi :

 

    -      Des gens mariés pour la plupart, et aussi des célibataires plus rarement qui venaient là, désemparés,            parce que menant une vie sexuelle misérable et espérant y trouver une femme facile acceptant tout, puisqu’au fond c’est cette définition erronée de la « soumise » qu ‘ils véhiculaient.

      -     De faux dominateurs qui étaient des tentatives de vrais ( ?) soumis.

-          Des « pratiquants «  dangereux parce que prêts à se lancer dès le premier abord dans des jeux définis « hard ».

 

J’ai vu certaines de ces personnes « de visu ». Il m’est même arrivé d’accorder trop vite ma « confiance » à l’un d’entre eux et de me retrouver battue comme plâtre sans qu’aient été respectées les lignes directrices de la relation D/s.

Pour les autres, ils ne méritaient pas même le détour, le café bu ensemble, tant c’était déprimant de découvrir qu’ au-delà du clavier, dans la « vraie vie », on est bien loin des rêves.

 

Vous voyez que l’on est en plein dans les « catégories » (sourire pour Stéphane et ses « créations » sur u-blog !) et que celles-ci sont variées tout en n’étant pas toujours très encourageantes … 

 

Et au-delà même de ces "catégories", cette confiance fut aussi trompée autrement par mon premier « ami » BDSM, qui, lui, me « trompait » carrément… D’où une souffrance en ce temps-là bien  plus forte que le jeu de la douleur.

 

Puis, j’ai rencontré M. et je veux penser que comme lui, il y en a tout de même quelques autres.

Loin de se jeter sur moi comme sur un « steack », il m’a « apprivoisée », de mois en mois, et nous sommes devenus ce que nous sommes.

 

Lorsque notre histoire a débuté, je savais que j’étais en « confiance ». Et , Grands Dieux, que cela compte pour une sexualité où la peur, l’inconnu sont omniprésents, où ils font même partie des facteurs du jeu.

 

Jouer à avoir peur, oui…

Courir des risques, avoir peur pour de bon, non…

 

C’est cela la confiance, c’est cela l’ESSENTIEL.

 

Et même si cette « Encyclopédie BDSM » n’est quelque part qu’une boutade et plutôt mon journal intime qu’autre chose, je me devais de l’écrire ici parce que l’on ne met jamais suffisamment les gens en garde. Parce que chez nous, comme partout d’ailleurs, rôdent aussi de grands méchants loups…Des prédateurs.